‹ Etudes révolutionnaires, première-[deuxième] sérieChapitre 17 sur 79 · Journal d'une bourgeoise pendant la Révolution, p · texte numérisé non relu

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« Robespierre et ses partisans ne voyaient pas dans l'Ecole de Mars un sérieux instrument de leurs desseins. Le dictateur n'avait confiance que dans les sections, dans les canonniers et les gendarmes de Hanriot. » Je serais curieux de savoir quels étaient au juste, selon M. Chuquet, ces « desseins » de Robespierre et de ses partisans, et comment il a pu les connaître : car, pour moi, j'avoue n'avoir jamais rencontré de document digne de foi qui pût me renseigner à cet égard.

Mais, tout en croyant à la réalité d'un complot tramé par le « dictateur », M. Chuquet ne place pas les élèves ni les officiers de l'Ecole de Mars au nombre des complices; il démontre aisément que Robespierre n'avait pu songer à s'appuyer sur les élèves de l'Ecole de Mars, « des adolescents qui ne savaient pas encore à cette époque manier le fusil et qui n'avaient même pas de quoi charger leurs pièces ». D'ailleurs, une partie seulement de ces jeunes gens devaient assister à la fôte; les autres, qui n'avaient pas encore reçu leur costume, ne pouvaient être admis à y prendre part, et le représentant Peyssard, dans un ordre du jour, les avait exhortés à supporter cette contrariété sans murmurer. Le chapitre intitulé Le 9 thermidor est, sur ce point spécial, tout à fait concluant.

Je voudrais cependant relever, dans ce chapitre, un ou deux détails sur lesquels l'auteur s'est trompé, et me plaindre d'un manque de

précision à propos d'une question où la précision était bien désirable, celle de savoir quand et comment fut prise la décision de faire participer à la fête les élèves de Mars. M. Chuquet dit, en termes vagues : « Un article du projet d'éducation présenté par Lakanal à la Convention portait que les élèves des écoles assisteraient aux fêtes nationales du canton et de la commune; et Robespierre, déclarant dans son rapport du 7 mai ^ que « le plus magnifique de « tous les spectacles, c'est celui d'un grand peu- « pie assemblé », réservait une place aux jeunes gens dans ces solennités. L'Ecole de Mars devait donc figurer à la fête du 28 juillet ou du 10 thermidor, où les honneurs du Panthéon seraient décernés à Bara ^ et à Viala. Dans le pro-

1. 18 floréal. — M. Chuquet a l'habitude de remplacer partout les dates du calendrier républicain par les dates grégoriennes. Ce système, qui peut se justifier lorsqu'il s'agit des dates de batailles, pour lesquelles les historiens étrangers emploient le calendrier traditionnel, a de sérieux inconvénients lorsqu'on l'applique à l'histoire intérieure, parlementaire et administrative ; il oblige à retraduire en style républicain chacune des dates données par le livre, pour pouvoir retrouver, dans les documents originaux, le décret ou l'arrêté cité. En outre, pour certaines dates devenues classiques, la traduction grégorienne semble un travestissement : il faut un certain etïort pour reconnaître le rapport du 18 floréal dans le « rapport du 7 mai » ; et si un auteur parlait de la loi du 10 juin 1194 et de la journée du 5 octobre 1795, ce n'est qu'après une opération assez compliquée que j'arriverais à comprendre qu'il s'agit de la loi du 22 prairial et de la journée du 13 vendémiaire.

2. Pourquoi M. Chuquet appelle-t-il Bara « le petit tambour » (p. 15)? La lettre de l'adjudant général Desmarres, du 18 frimaire, lue à la Convention le 22 frimaire an II, parle de Bara en ces termes : a Cet enfant m'a accompagné depuis l'année dernière, monté et équipé en hussard ; toute

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gramme tracé par David et remanié par Payan, les urnes qui renfermaient les cendres des deux « martyrs » étaient portées en avant de la Convention, » etc.

On pourrait croire, à la lecture de ces lignes, que le projet d'éducaiion présenté par Lakanal (le 26 juin 1793) était encore à Tordre du jour, ou du moins que les idées qu'il renfermait étaient celles de la Convention. Or, ce projet avait été écarté le 3 juillet 1793; l'assemblée avait discuté, de])uis, deux autres projets, et adopté le 29 frimaire celui de Bouquier: il est donc singulier de voir mentionner ici un projet auquel s'était attachée une défaveur spéciale à cause de son principal auteur (Sieyès), et qui ne pouvait avoir aucune espèce d'influence sur les résolutions du Comité de salut public et de la Convention en l'an IL M. Chuquet rappelle ensuite le discours de Robespierre du 18 floréal, puis, sans transition, il ajoute : « L'Ecole de Mars devait donc figurer à la fête du 28 juillet », comme si la présence de l'Ecole à cette fête eût dû avoir lieu en vertu du discours de Robespierre et du projet de décret, depuis longtemps oublié, jadis présenté par Lakanal.

11 y avait autre chose à dire, il y avait des décrets positifs et des dates à citer. La fête de Bara et de Yiala, d'abord fixée au 30 prairial,

l'armée a va avec étonnement un enfant de treize ans affronter tous les dangers, cLiarger toujours à la tête de la cavalerie ».

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