‹ Etudes révolutionnaires, première-[deuxième] sérieChapitre 34 sur 79 · Depuis que cette lecture a été faite, nous avons eu le · texte numérisé non relu

Depuis que cette lecture a été faite, nous avons eu le

Pour moi,, je vous ai montré, en vous les lisant l'une après l'autre, et en les discutant, ce que valent toutes les versions d'une légendahaineuse et sotte, de Fourcroy jusqu'à Cuvier en passant par Désaudray, Quenard, Desessarts et VArt de vérifier les dates; ie leur ai opposé le silence de ceux qui furent le mieux renseignés ; il me reste à donner encore une dernière preuve négative, qui me paraît, celle-là, absolument péremptoire.

Au printemps de l'an III, moins d'un an après la mort de Lavoisier, eut lieu le procès de Fouquier-Tinville et d'un certain nombre d'anciens juges et jurés du tribunal révolutionnaire, procès où une multitude de témoins vinrent apporter à la charge des accusés une quantité d'im- 'putations vraies ou fausses. Si l'histoire du sursis demandé par Lavoisier et refusé par le tribunal eût été authentique, n'aurait-elle pas été rappelée dans une occasion comme celle-là? Or, à l'audience du 2 floréal an III, où on parla du procès des fermiers généraux, Dobsen, ancien juge au tribunal révolutionnaire, — celui-là même qui avait sauvé la vie à Delahante et à ses deux collègues en provoquant le décret du 19 floréal an II, — cité comme témoin, raconta ce qu'il savait de ce procès, parla de ses démarches en faveur des trois adjoints, rappela diffé-

regret d'apprendre la mort de M. Grimaux, décédé le 2 mai 1900, dans sa soixante-cinquième année. C'est une grande perte, et pour la chimie, dont il était l'un des maîtres les plus éminents, et pour nos études historiques. (Note de la Révolution française.)

rents détails : il ne dit pas un mot de la prétendue demande de sursise A l'occasion de cette déposition de Dobsen, le rédacteur du compterendu du procès de Fouquier a consacré un paragraphe spécial à la mort de Lavoisier ^ : il est également resté muet à l'égard du sursis demandé et refusé. A l'audience du 5 floréal an III, il fut de nouveau question du procès des fermiers généraux; on parla de la rédaction de l'acte d'accusation, de l'irrégularité du jugement, sur la minute duquel la déclaration du jury avait été laissée en blanc ^ : et dans cette audience encore, personne ne mentionna ce fait monstrueux qu'il eût été si à propos de dénoncer et de faire constater judiciairement. Il me paraît inutile d'insister davantage.

Mais nous avons maintenant à nous demander de qui pouvaient tenir l'anecdote ceux qui les premiers, le même jour, dans un hommage solennel à la mémoire de Lavoisier, lui donnèrent une publicité retentissante, Fourcroy et Désaudray. Car ils ne l'inventèrent assurément pas, et la façon dont en parla Fourcroy semble indiquer, comme l'a fait remarquer M. Grimaux,

1. Histoire pay^lementaire de Bûchez et Roux, t. XXXV, p. 124.

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