Professeur de solfège et de clarinette
4. Félix n'est pas nommé dans l'ouvrage de M. Constant Pierre.
les musiciens réunis, et non par les musiciens seuls ; et on arrêta, de plus, que ce serait aux Tuileries qu'aurait lieu l'exécution de cet hymne, et non pas au Champ de Mars, où il se serait trouvé faire douhle emploi avec les trois strophes de Ghénier sur l'air de la Marseillaise, qui étaient, elles aussi, une invocation à la Divinité. Voici des extraits d'un compte-rendu de la fête publié par les citoyens Bontemps et Barry, membres de la section de Guillaume Tell * :
Toutes les sections étant arrivées, et une nrmltitude immense de citoyens de la ville et des environs remplissant le jardin [des Tuileries], la Convention nationale est descendue, entourée d'un corps nombreux de musique, parle balcon du pavillon de l'Unité, sur l'amphithéâtre. Les musiciens se sont placés sur toute l'étendue de la rampe à droite, "et les musiciennes, vêtues de blanc, parées de couronnes de fleurs et de rubans tricolores, sur la rampe à gauche. Les représentants et l'orchestre sont demeurés sur la plate-forme, et cette disposition formait un tableau superbe.
Après une grande symphonie, le président [Robespierre] a prononcé un discours dans lequel il a exposé les mobiles de cette fête solennelle, et il a invité le peuple à honorer l'Auteur de la nature. Alors les musiciennes ont chanté à l'unisson l'hymne Père de Vunivers, tandis que les musiciens avec le peuple entier répétaient en chœur les couplets.
Le président est ensuite descendu, suivi d'une députation de représentants et de commissaires des sections, pour aller mettre le feu à un colosse informe
1. Précis de la fête célébrée à Paris le 20 prairial, l'an 2c de la République française une et indivisible, rédigé par les citoyens Bontemps et Barry.
l'hymne a l'étre-suprême 225
couvert d'un voile noir, représentant le monstre de l'Athéisme, et du milieu de la flamme, au bruit des pétards, a paru la statue de la Sagesse assise et paraissant dicter ses préceptes aux mortels.
Aussitôt le jardin national a retenti de cris d'allégresse, et le président, étant remonté sur l'amphithéâtre, a prononcé un second discours.
On est parti ensuite pojr le Champ de la Réunion i, dans le plus bel ordre.
Ce récit fait par des témoins oculaires est le seul qui mentionne un détail à propos duquel bien des versions contradictoires ont été mises en circulation : il nous dit, en termes explicites, quel est l'hymne à l'Etre-suprême qui fut chanté aux Tuileries, et nous apprend que c'est celui qui commence par les mots Père de V univers. Il note que « \q^ musiciennes ont chanté à Tunisson », et que « les musiciens avec le peuple entier répétaient en chœur les couplets » ; et ce mode d'exécution est précisément celui qui est indiqué pour l'hymne à six-huit, dans la quatrième livraison de la Musique à l'usage des fêtes nationales (voir plus loin, p. 233) : la première stance devait être chantée par les dessus seulement, tandis que la seconde stance devait être entonnée en chœur à l'unisson, et ainsi de suite alternativement. Nous avons un autre témoignage contemporain qui confirme celui de Bontemps etBarry relativement à l'hymne chanté aux Tuileries : la Décade philosophique, dans son