Lire : « deux stances
4. C'est-à-dire que deux stances de Desorgues forment une strophe par rapport à la musique.
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ries, pour célébrer, le premier, la victoire de Fleurus, le second, la prise de Mons, d'Ostende, de Bruges et de Tournay K et à celui du concert du 26 messidor, donné pour fêter l'anniversaire du 14 juillet ^
1. C'est dans le concert du 16 messidor que fut exécuté pour la première fois, à Paris (il avait été probablement exécuté auparavant en Belgique, àl'armée de Sambre-et-Meuse), le Chant du Départ de Ghénier et Méhul.
2. M. Constant Pierre, ainsi que je l'ai déjà dit, a découvert que cette composition, ou « grand chœur », comprenait en réalité non pas deux morceaux seulement, mais bien quatre. Le premier est le Larghetto religieux en mi bémol majeur, qui devait se chanter sur les deux premières stan-ces de l'hymne de Caénier (première strophe). Le second est un chœur en ut mineur, de même allure que le premier, ayant pour paroles les troisième et quatrième stances de Chénier (deuxième strophe). Ensuite le premier morceau se répétait, sur les cinquième et sixième stances (troisième strophe). Les huit stances suivantes de l'hymne, de la septième à la quatorzième inclusivement, étaient restées inutilisées par le musicien. Le troisième morceau, en ut mineur comme le second, devait, se chanter sur les quinzième et seizième stances (quatrième strophe). Enfin le quatrième, le « Mouvement animé de marche », en mi bémol majeur comme le premier, devait se chanter, deux fois de suite, sur les quatre dernières stances (cinquième et sixième strophes). Grâce à des parties vocales et instrumentales manuscrites retrouvées à la bibliothèque du Conservatoire, M. Pierre a pu reconstituer intégralement la musique du deuxième morceau, qu'il a publiée en une feuille autographiée ; il a reconstitué aussi, mais seulement de façon incomplète, la musique du troisième morceau. (Constant Pierre, Les Hymnes et Chansons de la Révolution, 1904, pages 308-310).
Lorsque Gossec publia le « grand chœur » dans la quatrième livraison de la Musique à l'usage des fêtes nationales, il supprima le deuxième et le troisième morceaux ; toutefois il avait hésité un moment sur la suppression du deuxième : car, dans les parties vocales ci-dessus mentionnées (bibliothèque du Conservatoire), on trouve des exemplaires de la musique de ce second morceau à laquelle avaient été adaptées, comme paroles, les cinquième et sixième stances de l'hymne de Desorgues, preuve évidente
Répétons-le maintenant encore une fois, comme conclusion dernière à tout ce que j'ai dit de la participation de l'Institut national de musique à la fête : l'hymne à l'Etre-suprème composé par Gossec sur les paroles de Chénier n'a pas été chanté le 20 prairial,, ni sur les vers de Chénier, ni sur ceux de Desorgues; l'hymne exécuté ce jour-là est celui que Gossec écrivit au dernier moment sur les paroles apportées par Desorg"ues, et qui consistait en une mélodie simple, pouvant être chantée à l'unisson par le peuple. Si je suis entré dans tant de détails à ce sujet, en appuyant mes dires de tant de documents, c'est que ce fait incontestahle a été nié dans plusieurs histoires de la Révolution : des écrivains insuffisamment informés ont si bien embrouillé une question à Torigine fort simple, qu'il était devenu très difficile d'y voir clair.
Pour terminer, je vais examiner rapidement les récits que les principaux historiens et quelques écrivains spéciaux ont faits de la solennité du 20 prairial, et plus particulièrement de l'exécution de l'hymne à l'Etre-suprême ^
que ce second morceau avait été chanté, aussi bien que le premier et le quatrième, aux concerts des 11, 16 et ::6 messidor où fut exécuté l'hymne « à grand chœur ». {Noie écrite en 1908.)
1. Je supprime ce qui concerne Toulongeon, Charles Nodier, — qui a fait de la fête, dit le conventionnel Baudot, <f une description romantique et même romanesque », — Mignet, Thiers, Tissot, Bûchez et Roux, Louis Blanc et Ernest Hamel (j'ai déjà parlé de ces trois derniers) ; je ne repro-
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,.. Grégoire mérite moins encore que Charles Nodier d'être rangé au nombre des historiens. Cependant, comme quelques auteurs ont fait état d'un passage de la seconde édition de son Histoire des sectes religieuses, passage où Ton ne saurait sérieusement voir un témoignage ayant une valeur quelconque, nous allons reproduire les quelques lignes consacrées là, par l'ancien évé(jue de Blois,, à la fête du 20 prairial :
On enflerait un volume de toutes les odes faites à l'Etre-suprême, par Saint-Ange, Laurence, Ladmiral, Benoit Lamotte, etc.; par Ximenez, qui se disait le doyen des poètes, et qui, après avoir chanté TEtre-suprême, chantait encore les actrices ; par Sj^lvain Maréchal, auteur de plusieurs ouvrages contre Dieu, et qui, sans doute par peur, crut devoir à son tour préconiser l'Etre-suprême. Ghénier parut aussi sur les rangs ; dans sa pièce, on trouve D/ea et V Hercule français ^ \ mais pour la fête du 10 {sic) prairial fut i^référée l'hymne de Desorgues, Père de l'univers, suprême intelligence, dont (il faut l'avouer) la musicjue est belle. Elle fut exécutée au Champ de Mars (szc) par les vestales de l'Opéra, qui avaient figuré à la fête de la Raison à Notre-Dame, que l'on retrouve dans le même temple à la fête du Concordat, et qui habituellement ont figuré dans les églises de Paris pour exécuter des oratorio, des pièces de Haydyn (sic), de Mozart, auxquelles affluait le beau monde, avec des billets taxés comme à la comédie 2.
duis que les passages concernant révèque Grégoire, le musicien Zimmermann, Lamartine, Michelet, et le littérateur P. Hédouin.
i. Dans ravant-dernière stance, où, parlant du peuple, Ghénier l'appelle « l'Hercule français » et lui souhaite de « terrasser ses rivaux, debout sur les débris des tyrans et des crimes ».
2. Histoire des sectes religieuses.,, ■> par M. Grégoire, ancien
L'inexactitude proverbiale de Grégoire, son incapacité à reproduire et à raconter correctement les choses, se complique encore, ici, d'affaiblissement sénile de la mémoire: l'auteur avait soixante-dix-huit ans, et écrivait trente-quatre ans après l'événement. Aussi faut-il se garder d'accorder le moindre crédit à cette assertion que l'hymne de Desorgues aurait été exécuté au Champ de Mars. Grégoire a écrit le Champ de Mars au lieu d'écrire « les Tuileries », comme il a écrit le iO prairial au lieu du « 20 », sans y prendre garde et sans y attacher aucune importance...
En 1841, le musicien Zimmermann publia dans la France musicale, numéro du 21 novembre, un article intitulé Bernard Sarrette, fondateur du Conservatoire. Sarrette était encore vivant, et Zimmermann tenait de lui les renseignements qui lui servirent à écrire son article, où des indications évidemment exactes sont mêlées à des erreurs. J'en reproduis le passage principal:
G'eït au moment où M. Sarrette donnait les preuves les plus réitérées de son zèle pour l'établissement qu'il avait créé, que, sur une dénonciation faite par un subalterne, il fut, sans examen, jeté en prison. Un élève de l'école avait fait entendre sur le cor l'air proscrit :
évêque de Blois. Nouvelle édition, corrigée et considérablement augmentée; Paris, Baudouin père, 1828; 4 volumes in-8». Tome I«'', p. 109. La première édition, publiée en 1814, en 2 volumes, ne contient pas les chapitres sur les fêtes révolutionnaires.
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0 Richard! ô mon roi! Il n'en fallait pas davantage. Le chef paya pour l'élève, et peu s'en fallut que M. Sarrette ne fût proscrit à son tour i.
Cependant, le jour de la fête de l'Etre-suprême approchait ; M. Sarrette devenait indispensable. Le programme du dictateur [Robespierre] exigeait la présence du directeur de l'Institut de musique; M. Sarrette obtint de sortir de Sainte-Pélagie ^, mais pendant quinze jours il fut escorté d'un gendarme, qui, après l'avoir suivi tout le jour, se couchait encore, lui troisième, dans la chambre conjugale.
M. Sarrette, le 15 prairial 1793 3, reçut du Comité de salut public une missive signée Barère, Carnot et Robert Lindet, par laquelle on lui communiquait l'envoi d'une hymne qui devait être mise en musique pour la fête solennelle du 20 prairial. Gossec se met aussitôt à l'œuvre, et le lendemain le directeur de l'Institut [Sarrette] se présente au sein de la Commission nationale i. Il rencontre Robespierre. Celui-ci s'indigne qu'un Girondin, un fédéraliste tel que Chénier ait été chargé de l'hymne nationale 5. Barère, qui était présent et se
i. L'arrestation de Sarrette (5 germinal an II) avait été motivée par une dénonciation qui le représentait non comme un royaliste, mais comme un partisan des hébertistes que le Comité de salut public venait de frapper.
2. Sarrette fut mis en liberté provisoire, sous la surveillance d'un gendarme, dés le 6 floréal, pour s'occuper non des préparatifs de la fête de l'Etre-suprême, qui ne fut décrétée que le 18 floréal, mais de l'organisation d'an corps de musique destiné à l'armée du Nord (arrêté du Comité de salut public du 3 floréal).