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LA DESTRUCTION DES TOMBEAUX DES ROIS

tobre seulement (20® jour du 1^'' mois de Tan 2®) ; la Commission répondit aussitôt par une lettre signée de son président, L.-A. Mercier, et de son secrétaire,, Tabbé Mulot, ex-membre de la Législative, en faisant observer que la cause du retard venait de ce qu' « il avait été nécessaire, pour épargner les finances de l'Etat, de faire dresser un aperçu des dépenses indispensables pour la conservation des objets d'art que ces tombeaux renferment ». et en assurant la Convention de son zèle K Les opérations, néanmoins, durèrent jusqu'au 29 nivôse an II (18 janvier 1794), et même ce fut seulement en 1799 que Lenoir se rendit à l'église Saint-Germain-des-Prés, assisté de Poirier et de Leblond, « pour y faire ouvrir le tombeau de Childebert et le faire transporter de là au Musée des monuments français ^ ».

La fonte des cercueils de plomb ne fut nullement prescrite par le décret sur la destruction des tombeaux des rois, comme le croit M. Georges Gain, racontant l'exhumation du corps du dernier des Stuarts. La recherche du plomb des cercueils fut une mesure générale, du môme ordre que la fonte des cloches, et qui fut rendue indispensable par les nécessités de la guerre : elle s'étendit à tous les tombeaux où l'on croyait

1. Archives nationales, Fl", carton 1326. Voir les Procèsverbaux du Comité d'instruction publique de la Convention, t. II, p. 610.

2. -M. Georges Gain trouvera tout le détail de ces choses au chapitre XIII du livre bien connu d'Eugène Despois, Le Vandalisme révolutionnaire.

pouvoir trouver le précieux métal destiné à fournir des balles aux défenseurs de la Révolution, y compris le tombeau de Buffon à Montbard, celui de Racine à Paris, et bien d'autres.

Quant aux décrets rendus en octobre, je n'en vois qu'un qui ait du rapport avec le sujet : c'est celui du 24 octobre 1793 (3® jour du deuxième mois), complétant et expliquant trois décrets antérieurs, du l®*" août, du 14 septembre, et du 18® jour du premier mois, qui avaient ordonné l'enlèvement de tous les emblèmes de la royauté et de la féodalité. Ce décret, rendu sur le rapport d'un membre du Comité d'instruction publique, le montag"nard Romme, sera difficilement incriminé de tendances iconoclastes; il dit:

« Il est défendu d'enlever, de détruire, mutiler ni altérer en aucune manière, sous prétexte de faire disparaître les signes de féodalité ou de royauté, dans les bibliothèques, les collections, cabinets, musées publics ou particuliers, non plus que chez les artistes, ouvriers, libraires ou marchands, les livres imprimés ou manuscrits, les g-ravures et dessins, les tableaux, bas-reliefs, statues, médailles, vases, antiquités, cartes géographiques, plans, reliefs, modèles, machines, instruments et autres objets qui intéressent les arts, l'histoire et l'instruction. »

Si M. Georges Gain était le premier venu, je n'aurais pas pris la peine de relever son étrange appréciation d'actes de la Convention qu'il paraît imparfaitement connaître. Mais c'est un

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