‹ Études Robespierristes (volume 2)Chapitre 16 sur 101 · I. Les lignes qui suivent ont été ajoutées en · texte numérisé non relu

I. Les lignes qui suivent ont été ajoutées en

disait-il rien non plus de Julien de Toulouse, le bras droit de Chabot ?

On peut se demander aussi comment il se fait que Fabre, au moment précis où il dénonçait Chabot comme un être vénal et comme un agent de l'ennemi, signait cependant, sans le lire, un projet de décret qu'un homme aussi suspect lui présentait ?

On est obligé de se demander pourquoi Chabot, qui ne devait pas ignorer que Fabre l'avait dénoncé, prenait tant de soin, six semaines plu& tard, de mettre son dénonciateur hors de cause dans sa fameuse déclaration des 24 etaô brumaire. Il chargeait Delaunay et Julien de Toulouse, ses anciens amis, et il faisait l'éloge de la probité de Fabre!

On sera peut-étVe sur la voie d'une explication si on se souvient que Chabot, qui marchait jusque là avec les Hébertistes, était journellement attaqué aux Jacobins par les amis de Fabre et de Danton, notamment par Dufourny qui s'acharnait sur son mariage et sur ses liaisons avec les banquiers étrangers.

Chabot espère se sauver en livrant ses amis les Hébertistes. Il espère que les Dantonistes, qui sont en ce moment les maîtres dans les Comités, car ils ont réussi à tromper Robespierre et Saint- Just, lui sauront gré de sa trahison, profitable à leur cause. Il leur fournit des armes contre les Hébertistes, leurs ennemis. Il compte sur leur

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reconnaissance. Il voile par suite leur complicité dans la malpropre aflaire des Indes.

Bien mieux, Chabot, qui a plus d'un tour dans son sac, doit se dire dans son for intérieur, qu'en se bornant à évoquer, en termes vagues, l'affaire des Indes, il tiendra les Dantonistes qui n'oseront pas l'abandonner, par crainte de ses révélations. Ce qu'il cherche manifestement, c'est de leur fournir des armes contre les Hébertistes, tout en faisant planer sur eux la lourde et sourde menace du scandale financier. Ce calcul fut assez juste puisque les Dantonistes, Danton lui-même, prirent la défense de Chabot à plusieurs reprises.

Mais Chabot n'avait pas prévu que l'affaire financière finirait par ôtre éclaircie et qu'elle prendrait le pas sur l'affaire politique. Il n'avait pas prévu que Delaunay mangerait le morceau en dévoilant toutes les responsabilités de chacun de ses complices dans la falsification du décret.

Fabre, qui tremblait d ôtre découvert, s'efforça vainement de tout rejeter sur Chabot dans le secret d'une instruction qu'il dirigeait, pendant que Danton défendait Chabot à la tribune de la Convention. L'intrigue était trop compliquée pour qu'elle pût être menée à bien, c'est-k-dire à un non-lieu. Robespierre finit par y voir clair. Chabot et Fabre se perdirent tous les deux et ils entraînèrent à leur suite les Hébertistes et les Dantonistes confondus dans la même conspiration.

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