I. Faute d'impression, il faut lire looooo
LES COMPTES DE DANTOFs 77
Danton descendit de la tribune au milieu d'un silence glacial.
La Convention fit siennes les propositions de Cambon et décréta « que les ministres qui ont fourni des ordonnances sur la caisse de l'extraordinaire pour dépenses secrètes justifieront de leur emploi au conseil exécutif provisoire ». Or, Danton venait de déclarer qu'il avait déjà rendu compte de ces dépenses secrètes. La Convention considérait donc sa déclaration comme non avenue et lui infligeait l'humiliation d'avoir à justifier de nouveau au conseil exécutif des fonds mis à sa disposition pour ces dépenses secrètes. Mais Danton n'était pas au bout de ses peines.
Le 18 octobre, le ministre de l'Intérieur Roland, pour obéir au décret de la Convention, demanda la parole : « Je présente à la Convention mon compte des finances du mois passé comme je le lui présente tous les mois. Je dépose sur le bureau le compte des dépenses que j'ai ordonnancées sur les deux millions qui ont été mis à la disposition des ministres, pour dépenses tant secrètes qu'extraordinaires. Comme je ne connais rien de secret et que je désire que mon administration soit mise au grand jour, je prie l'Assemblée de se faire lire ces comptes' ». Roland fut applaudi. Il avait mis une sorte d'affectation à distinguer sa manière de faire de celle de Danton. Lasource,