‹ Etudes robespierristesChapitre 48 sur 87 · Arch. nat.. W 8i · texte numérisé non relu

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papiers. L'opération fut décidée le 17 septembre'. Elle eut lieu le lendemain 18, dès 8 heures du matin, et elle fut confiée à David et à Panis, qui se firent accompagner de plusieurs Jacobins de marque, de Dufourny, directeur des poudres et salpêtres, président du département de Paris, Jacques Moënne, secrétaire du Comité de Salut public, Raisson, secrétaire général du département de Paris, J.-B. Sambat, artiste peintre et juré au tribunal révolutionnaire, Annibal Ferrières, négociant, et Didier Jourdeuil, l'un des massacreurs de Septembre, alors adjoint de Bouchotte au ministère de la Guerre.

Julien habitait alors rue Neuve-Saint-Georges, n° 19, dans l'hôtel de la citoyenne Le Franc de Pompignan, nièce du célèbre évêque Christophe de Beaumont et belle-fille de l'ennemi des philosophes, l'appartement occupé par Mme de Beaufort, sa tendre amie. Quoique marié, il menait l'existence d'un célibataire. Il avait laissé à Toulouse sa femme légitime Suzanne Lichère, âgée de 33 ans, et son fils Amédée âgé de i3 ans. Son domicile légal était toujours rue Helvétius, n" 9. C'était là qu'il avait son secrétaire, Vassilière*, mais il vivait déjà depuis plusieurs mois avec Mme de Beaufort. Il était absent quand les

I. Areh. nat., F'' 6718. L'arrêté est signé : Boucher St-Sauveur, Vadier, Guffroy, M. Bayle, Joseph Le Bon, Rûhl, Lavicomterie, Amar.

a. Arch. nat. F" i'^ÔJ.

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commissaires se présentèrent pour perquisitionner. Une femme de chambre de Mme de Beaufort remit la clef de l'appartement de la part du nommé Michel, son domestique, car Julien avait un valet de chambre. Les papiers trouvés sur sa table, dans son secrétaire et dans sa chambre à coucher, furent enfermés dans une malle en cuir sur laquelle les scellés furent apposés. D'autres papiers furent enfermés dans une petite bibliothèque à rideaux. Les scellés furent apposés sur les portes de l'appartement et des fusiliers montèrent la garde.

Julien dans les transes alla se consoler auprès de Chabot que Delaunay d'Angers avait déjà prévenu. Chabot, Basire, Delaunay s'attendaient à avoir le même sort que Julien. Chabot passa la nuit, de son propre aveu, à attendre les commissaires du Comité de Sûreté générale* : « Julien vint à une heure après minuit m'annoncer son aventure en m'assurant qu'il n'y avait rien contre lui ». Julien voulait se cacher chez Chabot. Chabot, qui ne se souciait pas d'un hôte aussi compromettant, l'engagea « à rentrer dans sa maison s'il était innocent et à sortir de chez lui s'il était coupable ». Julien objecta qu'on pouvait l'arrêter. « Tant mieux, répliqua Chabot, la Convention te vengera si tu es innocent. — Il se rendit chez lui où il trouva des gardes qui ne le perdi-

I . D'après la déclaration faite par Chabot au Comité de sûreté générale, le 36 brumaire an II, ainsi que ce qui suit.

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rent pas de vue. » Le lendemain, Julien alla trouver Delaunay d'Angers et avec ce dernier revint chez Chabot vers dix heures. « Je lui dis, dit Chabot, qu'il devait attaquer juridiquement ceux qui avaient donné l'ordre de le garder à vue et qu'un homme innocent ne devait jamais plier devant ses ennemis, ni les épargner. Je compris, ajoute bravement Chabot, qu'il n'était pas pur par la résistance qu'il fit à mes propositions de pousser cette affaire. »

Julien avouera plus tard, en l'an III,- qu'il s'était rendu effectivement chez Chabot et qu'il n'était pas très rassuré en y allant. « C'est la guerre, lui dit-il, du nouveau Comité contre l'ancien. » Chabot l'aurait réconforté et engagé à retourner chez lui. Le lendemain. Chabot lui aurait « conseillé de porter plainte devant un juge de paix, de faire mille autres extravagances » qui, dit-il, « ont toujours répugné à mon cœur et qui m'eussent perdu »'.

Les scellés furent levés, le 20 septembre, par Voulland et Moyse Bayle. Julien leur déclara, dès leur arrivée, qu'ils trouveraient sous la table de marbre de son secrétaire un paquet de valeurs qu'il avait reçu « en dépôt de confiance ». Le paquet renfermait des billets de la Caisse d'assurances sur la vie pour une somme de cent mille

I. Julien de Toulouse : Suite de ma réponse aux dinonciateurs, Bib. nat., Le^^/ï^Si.

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neuf cents livres', plus six ou sept raille livres d'assignats républicains de 4oo livres chacun. Sur l'enveloppe ficelée était écrit : Dépôt de confiance et d! amitié. Pour expliquer la présence d'une telle fortune entre ses mains, Julien raconta aux commissaires que le paquet lui avait été remis par la citoyenne Gauthier, femme divorcée du cidevant comte de Beaufort, chez laquelle il logeait. Il avait connu cette citoyenne à Toulouse et il lui avait servi de conseil lors de son divorce.

Voulland etMoyse Bayle enregistrèrent la déclaration qui leur était faite et remirent les papiers et le paquet trouvés chez Julien à leurs collèguesLe Bon et Le Bas qui furent chargés de les examiner. Le Bon et Le Bas terminèrent leur besogne le 25 septembre et rendirent à Julien son paquet de valeurs sans l'ouvrir. Ils se contentèrent de son assurance que « le nom de la personne à qui le dépôt devait être remis était inscrit sur son livre de raison w^. Mais, quelques jours plus tard, Amar et Yadier, plus défiants, firent de nouveau appeler Julien au Comité et lui demandèrent s'il avait remis à son propriétaire , c'est-à-dire à la comtesse de Beaufort, le dépôt trouvé chez lui. Julien avait prévu la question et préparé sa réponse. Il exhiba le reçu suivant : « Je reconnais avoir reçu

1. C'était également en actions de la Caisse d'assurances sur la vie, dont Ciavières avait présidé le Conseil d'administration, que d'Espagaac avait fourni son cautionnement.

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