I. Archives de TAube, non classé
Or, nous voyons que, Toffice remboursé, Danton continue, avec la passion d'un paysan, à arrondir ses propriétés par des achats répétés qui se continuent presque jusqu'à sa mort. Ces nouvelles acquisitions se montent à 43 65o livres*. Dans le même temps, Danton a remboursé son beau-père, car au moment de sa mort, celui-ci ne réclame rien sur sa succession. Donc, postérieurement au remboursement de sa charge, Danton a déboursé 80 000 francs environ (4o 000 de nouvelles acquisitions, 4oooo dus à son beau-père).
On voit d'ici la conséquence. Si, comme le veulent ses apologistes, Danton a payé ses premières acquisitions avec le produit du remboursement de sa charge qui s'est monté à 69000 francs, avec quelles sommes a-t-il payé les secondes et a-t-il remboursé son beau-père ? Le remboursement de l'office ne peut suffire à tout expliquer. Entre les 126000 livres d'acquisitions et les 69000 livres de la charge, il reste un écart à combler.
Danton était devenu un des gros propriétaires fonciers de l'Aube. Ses^ domaines ne couvraient pas moins d'une centaine d'hectares *. Ils avaient coûté I25i5!2 livres,' sans compter les frais
I . Voir le tableau publié en appendice de mon article « l'inventaire après décès des biens de Danton dans l'Aube » , Annales révolutionnaires t mars-avril 191a, pp. 248-249.
a, La ferme de Nuisement faisait à elle seule 73 hectares environ. Il y avait en outre à Arcis 7 hectares 86 ares a3 cent. ; autour de la maison de la rue des Ponts , 8 hect. 98 ares de pré et saussaie, 3 hect. 69 de bois, etc.
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d'actes. Danton possédait encore par moitié avec sa sœur Anne Madeleine, femme Menuel, la maison paternelle où il était né, rue du Mesnil, à Arcis. Cette moitié de maison avec ses dépendances était évaluée dans son contrat de mariage à I2 000 livres. La valeur totale de ses immeubles se montait donc à plus de 187000 livres.
Nous n'avons pas tenu compte non seulement des frais d'actes, mais des sommes que Danton a consacrées aux réparations*. Nous n'ayons pas tenu compte non plus d'une donation, en date du i5 avril 1791, par laquelle Danton assure à sa mère 600 livres de rentes annuelles et viagères payables de six mois en six mois ^. Remarquons encore qu'en logeant dans sa maison de la rue des Ponts, son béau-père, sa mère, son beau-frère et sa sœur, Danton s'interdisait d'en tirer un revenu quelconque. Il ne faudrait pas croire que le loyer gratuite de la maison qu'il concédait à ses proches tenait lieu à Danton du paiement de la rente viagère qu'il faisait à sa mère, car, par une nouvelle donation, en date du 6 août 1792, il lui donnait l'usufruit de telles pièces qu'elle voudrait choisir dans cette maison et de trois denrées de terrain à prendre dans le voisinage '.
I. Voir les mémoires conservés aux archives de TAube, Q. loi,
a. Acte passé devant M® Odin notaire à Troyes, dans Robinet, p. 3o4»