I. Séance du i5 juin
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confiés ». C'était un sentiment alors général. Jean-Jacques Rousseau avait montré dans le Contrat social qu'un peuple qui délègue ses pouvoir» à des représentants se donne en réalité des maîtres ^ Montesquieu avait dit avec plus de force et de concision : « Quand le trésor public devient le patrimoine des particuliers, la république est une dépouille et sa force n'est plus que le pouvoir de quelques'^citoyens et la licence de tous* ».
L'idée qu'il fallait se prémunir contre la dictature irresponsable des représentants qui laissait tant de ressources à la corruption, cette idée était si profondément sentie qu'elle reparut à toutes les grandes crises qui prirent ainsi l'aspect de crises de moralité. Au plus fort de la lutte des Girondins et des Montagnards, le i4 mai 1798, Buzot, l'ami de M"" Roland, dénonça les démagogues qui se servaient de la popularité pour parvenir à la fortune : a Avec des phrases que nous connaissons très bien depuis quatre ans, dit-il, il est très possible de tromper le peuple, de parler même de Sans-Culotterie et de piller le Trésor public en amassant une grosse fortune. 11 est tel homme qui aujourd'hui tient bonne table, qui a voiture et qui, avant le 10 août, avant la Révolution, n'avait rien, absolument rien. » Buzot conclut en proposant que tous