I. Areh. nat., F
a46 ÉTUDES ROBESPIERRISTES
Sous le Directoire, Julien se retrouva du côté des Jacobins. Il applaudit à la tentative des théophilantropes pour réorganiser la religion civique de Tan II. II entra dans le comité de la nouvelle secte. Quand le Directoire se brouilla, avec les Jacobins, après les élections de l'an YI, Julien se rangea dans l'opposition de gauche. Le Directoire le redoute et le fait surveiller. Des rapports de police le dénoncent, en frimaire an VII, comme un ennemi juré du gouvernement. Ils le peignent comme livré aux affaires louches. Il aurait eu des fonds déposés chez le banquier Perregaux. Il aurait acheté des propriétés en Suisse, dans le canton de Saint-Gall, et spéculé sur les terrains. Au cours d'un voyage qu'il aurait fait à Nîmes, son pays, dans le courant du printemps de l'an VI (1798), il aurait organisé une entreprise de voitures de Limoges à Bordeaux sous un nom supposé et, comme par hasard, au dire du policier, ces voitures étaient pillées régulièrement par des bandits, toutes les fois qu'elles transportaient un envoi d'argent. Le ministre de la police ordonna une enquête sur ces derniers faits. Le commissaire du Directoire du département du Gard répondit, le 27 frimaire an VII, qu'il n'avait pas pu découvrir si Julien de Toulouse était intéressé dans l'entreprise des voitures publiques, mais que cette entreprise n'avait pas été traitée à Nîmes. Le ministre fit surveiller la femme de Julien que le policier représentait comme tenant
UN DÉPUTÉ D'AFFAIBES 247
des « propos anarchiques ». La filature ne donna aucun résultat*.
Une lettre particulière avait accusé Julien d'être en relations avec les pires terroristes de Nîmes. Aux élections de germinal an VII, il se fit nom-/ mer électeur à Paris. L'assemblée primaire de là division du Luxembourg le choisit pour son président*. Le Directoire s'alarma de nouveau et, si on en croit Barras*, Merlin de Douai proposa de le mettre en arrestation « comme professant des principes contraires au Directoire ». Mais La Révellière, qui protégeait les théophilanthropes, s'y opposa. Julien resta en liberté. Il ne fut pas réélu député, comme il l'espérait sans doute. Mais, dans la crise violente que subit la République au moment delà deuxième coalition, il crut les beaux jours de 98 revenus. Il se fit inscrire au club du Manège où se réunissaient les derniers Jacobins. Le club le nomma, avec quatre autres membres, le 25 thermidor an VII, de la commission qui fut chargée de présenter au Corps législatif une pétition pour réclamer la proclamation de la patrie en danger. Julien paraissait encore si redoutable que les vainqueurs de brumaire le firent mettre en arrestation. Il fut relâché presque immédiatement.
Cette fois, il renonça définitivement à la poli-