‹ Études scientifiques [microforme]Chapitre 10 sur 40 · ARGENT · texte numérisé non relu

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les résultats furent soumis à un contrôle sévère À mais, comme on le verra, les discussions qui s’élevèrent sur la priorité et l'importance des découvertes firent bien voir que les commandants ne s'étaient guère pardonné une rencontre où ils voyaient moins l'effet du hasard que d’une jalouse rivalité.

C’est seulement pendant les mois qui nous amènent l'hiver que les marins peuvent aller visiter la zone antarctique, et chaque année, à cette époque, denombreux baleiniers, presque tous américains, vont en explorer les abords. Les températures de l'hémisphère austral sont en effet, si on pouvait le dire, les anti- | podes de celles de l'hémisphère opposé, et dans les | colonies ce l'Australie les Anglais célèbrent à l’épo- 4 que des fleurs et du soleil les fêtes de Noël, qui dans leurs souvenirs sont associées au froid humide et aux brumes les plus épaisses de la patrie éloignée. C'est pendant que les navigateurs engagés dans les 4 solitudes du nord hivernent dans leurs navires en- | veloppés de neige, que Dumont-d'Urville et Wilkes, | profitant des meilleurs mois de l’année, se dirigeaient vers le sud.

Les deux corvettes françaises, la Zélée et l’Astrolabe, quittèrent les eaux du détroit de Magellan le 9 janvier 1838. Dumont-d'Urville se proposait de suivre

1 les traces de Weddell, et crut un instant qu’en dé-

passant la première barrière des glaces, il arriverait ! comme lui dans une mer ouverte ; mais les blocs errants devenaient au contraire de plus en plus nombreux, et il finit par arriver devant une haute falaise

dont le front continu, taillé à pic, formait un rempart complétement infranchissable : çà et là, queique canal étroit s’ouvrait sur cette longue et uniforme ligne, mais une petite embarcation aurait à peine pu s'engager dans ces gorges de glaces. Il fallut se résigner à longer la banquise, dans le canal qui reste presque toujours libre à sa base, jusqu'aux Orkneys, dont les pics sombres et menaçants s'élèvent au-dessus de vastes glaciers, dont les ruines colossales sont échouées tout autour des côtes.

Reprenant sa route vers le sud, Dumont-d’Urville parvint, avec de grands eflorts, à se frayer un chemin à travers une nouvelle banquise; mais il se trouva bientôt prisonnier dans les glaces, et pendant trois jours sa position fut extrêmement périlleuse. Quand les vents coufflent du nord, ils ramènent toutes les glaces vers les terres antarctiques, d’où elles s'étaient détachées, et changent bientôt la surface de la mer en un champ solide et continu, formé de blocs ressoudés, de toute grandeur et de toute nature ; au contraire, quand les vents soufflent du sud, ces vastes mosaïques se divisent, les fragments se détachent et reprennent le chemin du nord. C’est ainsi que Dumont d’Urville se trouva heureusement dégagé et put continuer sa route.

Ces péripéties impriment une grande incertitude à la navigation dans ces parages; elles tiennent à la distribution particulière des glaces dans la zone antarctique. Les blocs, détachés des énormes champs de glaces qui entourent les terres ou reposent quelque-

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ÉTUDES SCIENTIFIQUES, 83 fois seulement sur des bas-fonds, forment toujours des zones parallèles au front des fafaises, dont les faces étincelantes portent encore la trace des dernières ruptures; ces immenses ceintures de débris ont souvent séparées, et l’on peut juger approxima-

» tivement, par la grandeur, la forme, les contor des | blocs qui les composent, de la distance dl st i séparé des banquises. Ces fragments, qui

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de mer en use et en arrondit les arètes, les mine et les dégrade; leur couleur devient de plus en plus transparente et bleuâtre. Toutes ces variétés, dont # nous pouvons à peine nous faire une idée, devien- | nent des indications très-précieuses pour le naviga- « teur. Les paysages polaires n’ont d’ailleurs pas d’autres traits : l'œil, déshabitué des couleurs riantes et À vives, n’a plus à étudier que les nuances infinies de la mer, des glaces, et d’un ciel toujours gris; cette nature froide et voilée ne s’anime que rarement, quand les rayons d’un soleil oblique parviennent à percer les brumes éternelles, dont le manteau épais recouvre les plaines de glace et d’eau.

C’est au sud des îles Orkneys que Dumont-d’Urville découvrit environ cinquante lieues de côtes auxquelles

| il donna le nom de terre Louis-Philippe et terre Join-

ville, et un grand nombre d’ilots qui forment une chaine qui leur est parallèle, et font partie de l’archipel des Nouvelles-Shetlands. Les terres de Louis- Philippe et de Joinville sont recouvertes par d’im-

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8h ÉTUDES SCIENTIFIQUES.

menses glaciers qui descendent de cimes élevées à six ou huit cents mètres au-dessus de la mer, et sont sur le nrolongement de la terre de la Trinité et de celle de Graham. Ross, qui a visité depuis les mêmes

régions, découvrit dans la partie méridionale de à À terre de Louis-Philippe des pitons extrêmement éle- h

vés, entre autres le mont Penny et le mont Haddington, qui atteint la hauteur de 2150 mètres; il les

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seulement une grande île. On ignore encore aujour- li Éçai d'hui si cet archipel, le plus grand de toute la zone M antarclique, est isolé ou forme la portion avancée }

d’un continent dont peut-être la terre de la Trinité et [4 ; la côte allongée qui porte le nom de terre de Graham M

feraient déjà partie.

Ici s'arrête la première campagne de Dumont- |4

d’Urville. Son équipage était malade et extrèmement F4 fatigué, et il fallut reprendre le chemin du nord. M L'année suivante, les corvettes françaises quittèrent M

Hobart-Town dès le commencement de janvier. Du- | mont-d'Urville chercha à pénétrer cette fois dans la M zone antarctique par un point diamétralement op- |

posé au premier. Il se retrouva bientôt au milieu des

glaces, mais sous la latitude même du cercle antarcti- 0 dans

que il découvrit la terre. De hautes montagnes de

glaces étaient accumulées, comme des défenses na- |

turelles, devant la longue falaise d’une terre élevée à 4 ou 600 mètres. Les ofliciers purent s’avancer sur un canot, à travers l’effrayant labyrinthe de glaces, jusqu'à un petit îlot placé en face de la côte. Ils tou-

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