‹ Études sur diverses questions d'horlogerieChapitre 59 sur 64 · DANS LES ÉCHAPPEMENTS DES CHRONOMÈTRES · texte numérisé non relu

DANS LES ÉCHAPPEMENTS DES CHRONOMÈTRES

En attendant que la comparaison des deux systèmes de détente soit traitée ailleurs avec les développements dont elle a besoin, comme le rapport fait à la Société d’encouragement, transcrit page 267, indique que je donne la préférence à la détente sur pivots, comparée à celle à ressort dans l’échappement des chronomètres , il est bon de répéter ici les motifs donnés, en peu de mots, dans la description de mes montres marines, qui se trouve dans le Bulletin de la Société d’encouragement, année 1846. Cette question a, du reste, beaucoup d’analogie avec celle de la suppression de la tige d’ancre en pendule, traitée page 67.

« Deux systèmes de détentes partagent les artistes : l’un est nommé détente sur pivots, et l’autre détente à ressort. M. Henri Robert préfère la détente sur pivots, parce qu’elle coûte moins de force au balancier pour dégager la roue; ainsi, toutes choses égales d’ailleurs, le balancier est plus libre et l’étendue des arcs de vibration est plus grande.

« Les horlogers qui emploient la détente à ressort ont souvent objecté, contre celle sur pivots, que les frottements des deux pivots de plus, et l’action de l'huile à ces pivots devant être variables, changeaient la résistance quelle oppose au balancier et, par conséquent, devaient faire varier la pièce.

« Unelongueexpérienceadémontré queladétente sur pivots n’a pas cet inconvénient. Deux faits suffisent pour le prouver :

204 DÉTENTE srn PIVOTS.

1° l’huile mise aux pivots de la détente se conserve mieux qu’en tout autre point de la machine; à la longue la marche de la pièce est déjà notablement affectée par l’épaississement de l’huile aux différents mobiles, lorsque cet épaississement est à peine sensible aux pivots de détente et ne produit encore aucune résistance ; 2° les pivots de détente n’éprouvent jamais les altérations auxquelles sont sujets tous les autres pivots du rouage, aussi les horlogers habiles n’y mettent pas de trous en pierres. C’est sans doute parce que ces pivots travaillent dans des conditions toutes différentes de celles dans lesquelles se trouvent les autres pivots du rouage que cette différence a lieu dans les résultats. Ces faits n’ont pas été remarqués par ceux qui n’emploient pas cette détente. Ainsi, d’une part, le défaut qu’on reproche à la détente sur pivots d’être sujette à l’épaississement de l’huile n’existe pas, et, de l’autre, elle jouit du grand avantage de laisser au balancier plus de liberté que ne le ferait la détente à ressort. »

Il y a une très- grande différence entre les pivots d’un mobile faisant partie du rouage recevant la force motrice d’un des organes de la machine pour la transmettre à un autre, et les pivots d’une pièce qui est en dehors du rouage n’ayant aucune force à communiquer, servant seulement au contact d’un mobile, n’éprouvant ni une grande pression ni une grande vitesse angulaire , cette pièce n’ayant presque pas de masse par elle-même.

C’est en raison de cette différence que, par le travail de la machine, les huiles s’altèrent au rouage incomparablement plus qu’à la détente où elles n’ont pas d’effet sensible. Quand les partisans de la détente à ressort voudront examiner ce fait, ils ne feront plus d’objection contre la présence des deux pivots. Toutefois nous conviendrons que cette objection était toute naturelle, et que l’étude pratique des faits signalés ici pouvait seule laréfuter,

« Entre autres expériences pour déterminer le mérite respectif des deux systèmes, M. Henri Robert les a adaptés alternativement à des chronomètres disposés exprès, toutes choses tant d’ailleurs les mêmes, et il a reconnu que l’amplitude des

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