PENDANT LA PREMIÈRE PÉRIODE
Coupes principales. — Si la forêt à aménager pouvait être exploitée à blanc étoc; s’il était permis de compter sur la régénération naturelle, malgré l’abatage, en une fois, de tous les arbres existants sur une contenance donnée ; ou bien, si l’on trouvait économique de remplacer le repeuplement naturel par un repeuplement artificiel, et que celui-ci n’eùt besoin, pour réussir, d'aucun abri, le règlement des exploitations annuelles s’effectuerait en partageant chaque aflectalion en vingt parties, ayant des contcnances égales ou inversement proportionnelles à leur fertilité. On suivrait, pour la division de chaque affectation en coupes annuelles, les mêmes règles que pour l'aménagement d’un taillis.
Mais, je l’ai dit, la nécessité de n’exploiter qu’en plusieurs fois les arbres existants sur un point donné, afin d’en assurer la régénération naturelle, s’oppose à
l'adoption de cette manière toute simple de procéder ; et c’est 1ci que l'aménagement des futaies exige des opérations qui n'ont aucune analogie avec celles que comporte l’aménagement des taillis.
Jusqu'à présent, tous nos efforts ont tendu, dans notre étude sur l'aménagement, à baser les exploitations sur la contenance, à cause de la simplicité, de la rapidité et de la sûreté que cette méthode est de nature à imprimer à l'assiette des coupes. Nous sommes forcé maintenant de recourir à une autre basé, car nous essayerions vainement de concilier la possibilité par contenance avec les exigences du rap- port soutenu et de la régénération naturelle, On Pa tenté cependant, et 1l parait qu'on y a presque réussi ‘; mais, sans nul doute, cette expérience a eu lieu dans des conditions tout à fait exceptionnelles, et l’on ne saurait s’en prévaloir quand il s’agit de poser des règles d’une application générale. On con- Coit, par exemple, que dans une futaie de hêtres, reposant sur un sol substantiel, dans un climat tempéré, croissant enfin dans des conditions favorables à la fertilité des arbres de cette essence et à la germination des semences, on précise, sans s’exposer à de trop grands mécomptes, les époques auxquelles devront avoir lieu, sur un point donné, les coupes de régénération *. Le jeune plant de hêtre résiste long-