IMMÉDIATEMENT
S'il y a rarement de grands inconvénients à laisser des bois dépasser l’âge normal de leur exploitabilité; si la limite d'âge supérieure jusqu’à laquelle on peut les pousser est difficile à préciser, on perd au contraire beaucoup à les exploiter avant leur maturité, et l’âge minimum qu'on peut adopter pour leur régénération, est celui auquel ils produisent des semences fertiles. |
Il est évident par exemple que si, dans une forêt de bois feuillus, les peuplements les plus âgés n’avaient que 40 ans, il faudrait avant de les exploiter en coupes de régénération, attendre au moins 40 ans, et se borner pendant ces 40 ans, à les éclaircir. Ce laps de temps est ce que j'appelle une révolulution préparatoire, parce que ce mot préparaloire indique bien la nature et le but des coupes à faire, avant que l’on puisse entamer la régénération. Le réglement‘de ces coupes sera d’ailleurs facile à présenter : on divisera la révolution préparatoire en autant de parties qu'il faudra renouveler de fois la coupe préparatoire, c'est-à-dire l’éclaircie, sur un même point : en deux par exemple, si la rotation des
coupes de l'espèce est fixée à 20 ans, et toutes les parcelles à éc'aircir pendant chaque rotation, seront sroupées en une série ou partagées en deux, suivant les circonstances. Je dis les parcelles à éclaircir, car il se pourrait qu'il y en eût à exploiter en taillis.
À l'expiration de la révolution préparatoire, la forêt sera dans des conditions analogues à celles que nous avons supposées dans l’article précédent.
Le modèle que j'ai donné, page 393, pour les coupes par contenance à faire pendant la première période dans une forêt qui aurait toutes ses classes d'âge, servira à dresser le tableau général des exploitations pendant la révolution préparatoire. Quant au tableau spécial, il n'est pas nécessaire, à moins que la révolution préparatoire ne comprenne plus de deux périodes, et dans ce cas on prendra le même cadre, modifié conformément à la note inscrite au bas du modèle précité.
Si on a bien compris les exemples qui précèdent, on ne devra éprouver aucun embarras pour la formation du plan d'exploitation des forêts irrégulières, quels que soient les caractères particuliers qu’elles présentent. Les cadres que j'ai proposés, se prêtent, je crois, et nous allons d'ailleurs en faire l’essai, à toutes les combinaisons auxquelles la conversion ou la transformation en futaies régulières peut donner lieu.
Ces cadres me paraissent surtout recommandables, parce qu'il dispensent d’énoncer les règles de culture propres à assurer le succès de l'aménagement. Maintenant, qu’on y ajoute, si l’on veut, à propos de ces règles, quelques notes complémentaires explicatives,— je ne m y oppose pas; abondance de bien ne saurait nuire; mais on peut s’en passer, si l’on a affaire à des agents intelligents, instruits et observateurs. Dans le cas contraire, soyez sûrs que vos aménagements, de quelque façon que vous les exposiez, ne seront jamais exécutés.