‹ Études sur l'aménagement des forêts (volume 3)Chapitre 47 sur 92 · DU RAPPORT ANNUEL SOUTENU · texte numérisé non relu

DU RAPPORT ANNUEL SOUTENU

GonditioDS Décessaires pour que le rapport annuel soutenu

puisse être réalisé.

Pour que Ton puisse retirer d'une forêt un rapport anftuel et soutenu, il faut, de toute nécessité, deux choses :

1° Que les âges des différentes parcelles dont cette forêt se compose, soient gradués de manière qu'il y ait possibilité de livrer chaque année à l'exploitation, une portion du peuplement, sans s'imposer de trop grands sacrifices sur l'accroissement;

2^ Que chacune de ces portions soit susceptible

de fournir, à l'époque fixée pour son exploitation, le

. même produit et occupe, en conséquence, une étendue

inversement proportionnelle à sa puissance productive

comparée à un terme commun.

Établissons d'abord dans quels cas et à quelles conditions le rapport annuel est possible : nous chercherons ensuite les moyens de rendre soutenu ce rapport annuel.

Pour l'intelligence des principes relatifs, soit à l'âge d'exploitabilité, soit à Tassiette des coupes,- il

n'était pas indispensable de supposer, comme nous Favons' fait dans les chapitres précédents, que la gradation des âges était parfaitement régulière et ne présentait pas de lacune. Ces principes trouvent en effet leur raison d'être, dès que l'on admet qu'il existe dans une forêt des massifs dont les âges diffèrent et qui demandent, par conséquent, à ne pas être exploités h la même époque.

La réalisation du rapport annuel exige, au contraire, qu'il y ait dans les âges une gradation, sinon parfaitement régulière et complète, telle, du moins, que ses défectuosités s'arrêtent à de certaines limites.

Quelles sont ces limites ? , , ■

Nous continuerons à nous maintenir dans l'hypothèse que rage d'exploitabilité de la majorité des parcelles est de 20 ans.

Nousj classons ces parcelles dans les diverses colonnes du plan d'exploitation, et nous ne trouvons rien à porter dans les dix premières colonnes, ce qui montre que la forêt ne renferme pas de bois âgés de plus de 10 ans. -

Si Ton voulait, dans cet état de choses, réaliser immédiatement le rapport annuel, il faudrait se résigner à exploiter des bois de iO ans, et à perdre, en conséquence, le bénéfice de l'accroissement des iO dernières années. Ce sacrifice serait considérable, et il est d'autant moiqs ^.dmissible que l'on consente à le faire, que des bois de 10 ans n'ont, d'ordinaire, qu'une très-faible valeur vénale. On attendra, pour

SeO AMÉNAGEMENT DES FORÊTS*

commencer les exploitations^ que l*on ait des peuplements plus âgés.

Donc, une première condition pour qu'une forêt soit immédiatement productive d'un rapport annuel, c'est qu'elle renferme des bois exploitables ou assez près de l'être, pour que l'on puisse en eflFectuer l'exploitation, sans subir une trop grande perte d'accroissement.

Au lieu de ne renfermer que des bois au-dessous de 10 ans, la forêt n'en renferme que de 15 à 20 ans.

Il est clair que si l'on ne voulait consentir à aucune perte sur l'accroissement, l'aménagement ne serait pas plus possible dans ce cas que dans le précédent, puisque après 5 ans, il n'y aurait plus de bois à exploiter ; la forêt se trouverait transformée en un jeune taillis de 1 à 5 ans; les coupes devraient être forcément interrompues.

Admettons que l'on tienne beaucoup à établir immédiatement le rapport annuel. Pour cela, il sera nécessaire de n'exploiter qu'en 20 ans le peuplement existant, et, dès lors, de laisser sur pied pendant encore 20 ans, des bois qui en ont déjà 15. Ces bois auraient, à l'époque de leur abatage, 35 ans, soit 15 ans de trop. Il est probable qu'un âge aussi • reculé ne saurait convenir ni à l'intérêt bien entendu du propriétaire, ni aux exigences de la reproduction.

Donc, une deuirfème condition pour qu'une forêt soit productive d'un rapport annuel, c'est qu'outre des bois exploitables ou sur le point de l'être, elle en

pu PLAN D*EXPLOITATION. 201

contienne d'assez jeunes pour que Ton puisse, sans de trop grands inconvénients, les laisser sur pied jusqu'à la fin de la révoluticm.

La forêt renferme des bois de 2 ans, de 20 ans, et de quelques autres âges intermédiaires; mais les bois de â à 12 ans manquent complètement. Pour assurer la continuité des * produits, il faudrait remplir ces lacunes et remplacer les bois de â à 12 ans, absents, par une partie de ceux de 2 ans et une partie de ceux de 13, et exploiter les uns 5 ans avant Tâge d'exploitabilité, les autres 5 ans après. Lorsque les vides à remplir sont trop grands , ils s'opposent à l'obtention immédiate du rapport annuel.

Donc, une troisième condition pour qu'une forêt soit productive d'un rapport annuel non interrompu, c'est que la différence d'âge entre les peuplements dont les exploitations doivent se suivre, soit telle qu'en la partageante en deux, on ait un nombre d'années qui ne dépasse pas le maximum de l'écart que l'on est disposé à tolérer, entre l'âge d'exploitabilité et l'âge correspondant à l'époque de l'exploitation.

Telles sont les conditions auxquelles le rapport annuel pst subordonné, lorsque la révolution définitive est immédiatement applicable.

Si l'on était forcé d'adopter une révolution principale transitoire, il faudrait, en outre, que cette révolution fût assez longue pour que les parties de la forêt qui auraient été régénérées à son début, pussent être de nouveau exploitées à son expiration.

En résumé, le défaut de gradation dans les âges d*une forêt, peut être tel qu'il empêche absolument l'annualité du rapport; il peut être tel que cette annualité ne soit possible qu'au moyen d'une révolution transitoire. 11 peut enfin ne pas être assez grand pour s'opposer à ce qu'elle se concilie avec la révolution définitive.

Nous avons vu que l'application des règles d'assiette avait souvent pour résultat de faire modifier le tableau d'exploitation, ce qui entraînait la nécessité d'avancer Ou de retarder Fabatage des peuplements dont le classement .était changé . La réalisation du rapport annuel expose aux mêmes inconvénients.

Nous avons vu que, dans le classement suivant les règles d'assiette, pour diminuer, autant que possible, la perte d'accroissement occasionnée pai' la non-exploitation à l'âge d'exploitabilité, on pouvait être réduit à adopter un* état d'assiette, c'est-à-dire un plan provisoire d'exploitation. C'est un expédient auquel on a recours quelquefois pour réaliser le rapport annuel, quand la* révolution est définitive, et qu'il faut nécessairement employer, quand elle est transitoire.

Il résulte de ce qui précède :

Que lorsque le tableau d^exploitation^ dressé tout d'abord d'après l'âge d'exploitabilité, a été ensuite successivement modifié : une première fois, pour qu'il- se concilie avec les règles d'assiette; et, une seconde fois, pour qu'il présente une succession, non interrompue, de coupes annuelles, on peut avoir

à assurer le rapport soutenu dans les circonstances suivantes :

i"" Révolution principale définitive; marche des coupes, normale*.

S^'llévolution principale définitive ; marche des coupes, provisoire.

â"" Révolution principale transitoire; marche des coupes, provisoire.

Du rapport soutenu dans Thypothèse d'une révolution principale définitive et d'une marche des coupes, normale.

Le classement des parcelles dans le tableau d'exploitation est terminé. Chacune des colonnes de ce tableau présente au total, une égale contenance; le rapport annuel est assuré; le rapport soutenu ne le serait que si les conditions de végétation étaient les mêmes pour toutes les coupes-, or, elles sont, au contraire, très-variables. Comment s'y prendra-t-on pour y remédier?

On a imaginé, à cet effet, plusieurs moyens que je vais passer en revue; je dirai ensuite dans quelle . mesure leur emploi me paraît admissible.

i. Des moyens de remédier à V inégalité des conditions de la végétation.

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