RÈGLEMENT GÉNÉRAL DES EXPLOITATIONS PAR PÉRIODE
Quand la révolution principale peut être définitive, et le plan d'exploitation normal, le règlement des exploitations par période est peu compliqué. On ne change rien à la première partie du tableau des affectations, et Ton substitue dans la seconde partie, les mots parcelles à régénérer dans la première, la deuxième, la troisième période, etc., aux njots c/twsemenl des parcelles dans l'affectation de la première, la deuxième, la troisième période, etc.; tous les bois compris dans la colonne affectée à la première période devront être régénérés, la révolution étant de 100 ans, et la période de 20, dans les 20 premières années ; tous ceux compris dans la colonne affectée à la deuxième période, dans les 20 années suivantes^ etc.
Mais les coupes de régénération, autrement dites coupes principales, ne sont pas les seules qu'il y ait à faire dans une futaie, et si, dans les taillis, les nettoiements et les éclaircies sont des opérations exceptionnelles et, dans tous les cas, peu productives, il
n'en est pas de même dans les futaies. Ici, les exploitations de Tespèce ont une grande utilité , sous le rapport cultural , et sont en outre très-recommandables par les avantages matériels qu'elles procurent immédiatement. C'est une première raison pour qu'on les fasse figurer sur le tableau des exploitations. En outre, une éclaircie, pour être bien faite, ne demande pas seulement que les agents d'exécution se conforment aux exigences actuelles, et à ce qu'on appelle les circonstances intérieures du peuplement; elle demande surtout qu'ils aient connaissance et qu'ils se préoccupent du rang que ce peuplement est appelé à prendre dans l'échelle des âges. Comme il est très-rare de rencontrer des massifs homogènes ; comme, les sujets de différents âges s'y trouvent ordinairement entremêlés, il importe beaucoup, pour qu'une éclaircie atteigne^ le but qu'on doit se proposer, que les agents d'exécution sachent quel est l'âge qu'il convient de faire prédominer dans un peuplement, et qu'ils connaissent en conséquence pendant combien de temps ce peuplement aura à rester sur pied, avant d'arriver- en tour de régénération. Mais pour cela, il est nécessaire de faire figurer les nettoiements et les éclaircies sur le tableau des exploitations; il est nécessaire que ce tableau indique, sinon l'année précise, du moins la période de la révolution dans laquelle une parcelle devra être netrtoyée ou éclaircie.
Cette indication n'est d'ailleurs nullement embarrassante :
Les périodes embrassent presque toujours un laps de temps plus considérable que celui qui, d'après les règles de la culture, doit s'écouler entre deux éclairciès successives; et il en résulte qu'il y a lieu de porter chaque parcelle dans toutes les périodes, soit pour être nettoyée, soit pour être éclaircie, à l'exception pourtant de la période dans laquelle elle aura été portée, pour être exploitée en coupe de régénération * .
Ainsi , la parcelle B , qui figure sur le tableau comnae devant être régénérée dans la première période, devra y figurer en outre comme devant être nettoyée ou éclaircie dans les autres périodes. Seulement, pour éviter qu'on ne confonde, sur le tableau des exploitations, les coupes d'amélioration avec les coupes principales, on a soin d'affecter a:îx unes et ' aux autres, pour chaque période, une colonne spéciale , et le tableau des exploitations , par période, devient alors conforme au modèle ci-contre.
4. Celle exceplion ne s'applique pas toujours aux coupes de nettoiement qui peuvent être nécessaires pour une parcelle dans la période même où elle a été régénérée. (Note de la %' édition.)
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Comme nous avons supposé que l'état de la forêt permettait de fixer dès à présent et d'une manière définitive l'ordre des exploitations, en totalisant les contenarfces portées dans les colonnes du tableau, on devra trouver pour chaque période une étendue au moins égale à la contenance totale de la forêt.
ARTICLE UI
RÈGLEMENT SPÉCIAL DES EXPLOITATIONS ANNUELLES PENDANT LA PREMIÈRE PÉRIODE.
Coupes principales. — Si la forêt à aménager pouvait être exploitée à blanc étoc; s'il était permis de compter sur la régénération naturelle, malgré l'abatage, en une fois, de tous les arbres existants sur une contenance donnée; ou bien, si l'on trouvait économique ^e remplacer le repeuplement naturel par un repeuplement artificiel, et qua celui-ci n'eut besoin, pouri'éussir, d'aucun abri, le règlement des exploitations annuelles s'efiectuerait en partageant chaque afl*ectalion en vingt partie?, ayant des contenances égales ou inversement proportionnelles à leur fertilité. On suivrait, pour la division jie chaque afiectation en coupes annuelles, les mêmes règles que pour l'aménagement d'un taillis.
Mais,' je l'ai dit, la nécessité de n'exploiter qu'en plusieurs fois les arbres existants sur un point donné, afin d'en assurer la régénération naturelle, s'oppose à
Tadoption de cette manière toute simple de procéder ; et c'est ici que l'aménagement des futaies exige des opérations qui n'ont aucune analogie avec celles que comporte l'aménagement des taillis.
Jusqu'à présent, tous nos efforts ont tendu, dans notre étude sur l'aménagement, à baser les exploitations sur la contenance, à cause de la simplicité, de la rapidité et- de la sûreté que cette méthode est de nature à imprimer à l'assiette des coupes. Nous sommes forcé maintenant de recourir à une autre base, car nous essayerions vainement de concilier la possibilité par contenance avec les exigences du rapport soutenu et de la régénération naturelle. On l'a tenté cependant, et il paraît qu'on y a presque réussi * ; mais, sans nul doute, cette expérience a eu lieu dans des conditions tout à fait exceptionnelles, et l'on ne saurait s'en prévaloir quand il s'agit de poser des règles d'une application générale. On conçoit, par exemple, que dans une futaie de hêtres, reposant sur un sol substantiel, dans un climat tempéré, croissant enfin dans des conditions favorables à la fertilité des arbres de cette essence et à la germination des semences, on précise, sans s'exposer à de trop grands mécomptes, les époques auxquelles devront avoir lieu, sur un point donné, les coupes de régénération*. Le jeuue plant de hêtre résiste long-