‹ Études sur l'aménagement des forêts (volume 4)Chapitre 30 sur 112 · OBSERVATIONS SUR LES PRINCIPES CI-DESSUS DÉVELOPPÉS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS SUR LES PRINCIPES CI-DESSUS DÉVELOPPÉS

Les idées exposées dans les articles précédents, relativement au parcellaire, ne seront probablement

pas du goût de tout le monde : on les attaquera peut- - être dans le fond et dans la forme.

: Si on consulte les traditions, on y trouvera, en effet, des principes qui diffèrent essentiellement des miens, quoique cependant ils tendent au même but. … Au lieu de prendre, comme je le fais, pour élément fondamental du parcellaire, une portion de forêt homogène quant à l’âge, aux essences, aux conditions de végétation; au lieu de subordonner la formation des parcelles aux différences d’état des peuplements * qui constituent la forêt, on prend pour élément fon- - damental du parcellaire une portion de forêt circon- scrite par des limites naturelles, et on subordonne en conséquence la formation des parcelles à des circonstances indépendantes de l’état du peuplement. Il est vrai qu'on trie ensuite, dans chacune des grandes divisions circonscrites par des limites naturelles, les peuplements homogènes pour en faire des subdivisions ; mais ces subdivisions, condamnées d'avance à se fondre dans les divisions dont elles font partie, ne sont appelées à éxercer individuellement … aucune influence sur la formation du plan d’exploita- Tel est le point sur lequel ma manière de voir est surtout en désaccord avec certains errements. 1l ‘est capital, et je ne peux me __— de m'y arrêter.

Si on ne formait les subdivisions dont je viens de parler que pour faciliter l’opération du parcellaire, je ne protesterais pas. On suivrait en réalité la

marche que j'ai conseillée; mais quand on forme une division avec l’idée préconçue et arrêtée de faire subir la même destinée à la totalité des peuplements qu’elle contient, on met, pour me servir d’une comparaison triviale, la charrue avant les bœufs; et on s'expose évidemment à violer tous les principes de la culture et de l’exploitabilité, en rangeant sous la même loi, en assujettissant au même traitement, en régénérant à la même époque, des parties de forêt -qui pourront avoir des exigences bien opposées. Quel est l’objet principal de l'aménagement? — C’est de fixer l’époque et l’ordre des coupes annuelles ; or cet ordre et cette époque ne dépendent pas. uniquement de la position respective des divers peuplements dont une forêt se compose ; ils dépendent en outre, et quelquefois principalement, de l’âge des bois, de la longévité probable des essences, et, par conséquent, je ne saurais admettre qu'on ne tienne compte que de la première de ces circon- Stances. 5 Il y a là, au moins en théorie, une erreur; je dis en théorie, parce que dans la pratique on se préoccupe, tout en faisant le parcellaire, de la marche

des coupes, et qu’il y a dés cas où il est possible

de prévoir que les exigences des règles d’assiette feront exploiter à la même époque, à cause de leur situation respective, des peuplements très-dissemblables d’ailleurs par l’âge ou d’autres caractères. | Ce sont précisément ces exigences des règles

d’assielte et la certitude où l'on est souvent, et en montagne particulièrement, qu’elles prévaudront, lors du règlement des coupes, sur les autres molifs, qui ont conduit certains agents à regarder comme devant être soumise à la même loi, et devant former l'élément fondamental du parcellaire, une portion de forêts” circonscrite par des limites naturelles ; mais il est clair d’abord que de tels principes, en admettant qu'ils fussent toujours justifiés dans les pays de montagnes, ne sauraient l’être dans les plaines, et il est non moins clair ensuite que, si dans la pratique il est permis à des agents trèsexercés de tenir compte, dans leur manière de procéder au parcellaire, des exigences des règles d’assiette, il n’en est pas de même en théorie, où l'on doit classer les idées et les opérations par rang d'importance, les développer et les exposer successivement et sans confusion, dans un ordre tel qu’on puisse bien en suivre la filiation.

ARTICLE VI

DU NOMBRE ET DE LA FORME DES PIÈCES RELATIVES AU PARCELLAIRE ET A LA DESCRIPTION SPÉCIALE.

Dans mon opinion, il serait fâcheux que l’on imposät pour ces documents des modèles uniformes, sans avoir égard aux circonstances locales. Dans telle

forêt, susceptible d’être divisée en un petit nombre de parcelles bien homogènes, le rapport sur un seul plan de toutes ces parcelles sera suffisant; dans telle autre forêt, au contraire, où il aura été nécessaire de former un nombre considérable de parcelles, à cause de l’irrégularité du peuplement ou des condi-

tions de-la végétation, il conviendra qu’indépendam-

ment d’un plan d'ensemble on fournisse des plans de détail.

Pour la forêt de Cerisy (Manche) et pour celle de Perseigne (Sarthe), on avait reconnu la nécessité de ces plans de détail : et comme l’irrégularité du peuplement était très-grande, même dans chaque parcelle envisagée isolément, et que le cahier descriptif n'aurait pas suffi pour montrer cette irrégularité autant qu’il était désirable, on prit le soin de figurer sur les plans partiels eux-mêmes, au moyen de poin-

tillés et de quelques annotations sommaires, les

principales nuances du peuplement.

Il serait, je le pense, très-utile que cet exemple |

fût imité.

Voilà pour ce qui concerne la représentation graphique du parcellaire.

Quant au cahier descriptif, il convient de n’y pas ménager les détails, tout en laissant en relief l’état moyen qui sert en définitive à fixer la destination d’une parcelle. On ne saurait d’ailleurs prescrire pour cette description une formule plutôt qu’une autre, la manière de décrire une parcelle devant être inspirée par l’état des lieux. È

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… Je donne, à titre d'exemple, un plan partiel et une description de parcelle que j’emprunte à l’aménagement de la forêt domaniale de Cerisy.

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