‹ Études sur l'aménagement des forêts (volume 5)Chapitre 40 sur 61 · FORMATION DES AFFECTATIONS · texte numérisé non relu

FORMATION DES AFFECTATIONS

Utilité de la formation immédiate des affectations normales*

Quand la révolution est définitive, le plan peut être provisoire , en ce sens que , pendant la première révolution, les parcelles appartenant à une affectation quelconque, ne devront pas toutes être régénérées durant la période correspondante.

Ces exceptions à la règle, qui ne s'étendent ordinairement qu'à des portions peu importantes de raffectalion, ne doivent exercer aucune influence sur la formation du tableau des affectations.

Ce tableau établi, d'abord d'après l'âge respectif des parcelles, remanié ensuite conformément aux exigences des règles d'assiette, est arrêté enfin comme si chaque classe d'âge était complète, ou, si Ton aime mieux, comme s'il y avait harmonie parfaite entre l'état du

peuplement de chaque affectation et le rang de la période correspondante.

En effet, lorsqu'on aménage une forêt, il est fort utile que la situation que Ton a en vue de réaliser, au moyen de cette opération, soit exactement déterminée ; or elle ne saurait l'être que par le tableau des affectations.

Ce tableau est un cadre dans lequel il: faut faire rentrer le plus promptement possible, et par les procédés que la culture enseigne, les parcelles d'une forêt; c'est un casier dont chaque compartiment est destiné à contenir des bois d'un âge déterminé, une classe d'âge particulière ; il est donc nécessaire que la place et la contenance de chacun de ces compartiments soient connues d'avance, afin que les agents forestiers puissent façonner le peupleihent de manière qu'il s'y adapte.

J'ai eu souvent occasion de vérifier des procès-verbaux d'aménagement, dans lesquels on avait cru devoir insérer des prescriptions longuement développées sur le traitement à appliquer aux différentes parcelles , suivant qu'elles se trouvaient dans telle ou telle condition.

Le tableau normal des affectations rend ces prescriptions à peu près inutiles. Le fait seul du classement d'une parcelle dans une affectation indique suffisamment les fonctions qu'elle a à remplir, et par suite le traitement qui lui convient.

La formation immédiate du tableau normal des affec^

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talions a un autre avantage : elle évite pour l'avenir des remaniements et des travaux de réforme pénibles, embarrassants et coûteux.

« Cette formation, dans Thypothèse où nous nous sommes placés, sera donc faite d'après des considérations analogues à celles que }'ai développées dans la section précédente.

C'est pour le règlement provisoire des coupes que nous trouverons l'occasion d'indiquer des prescriptions toutes particulières et exceptionnelles.

Au reste, ce règlement provisoire est de nature à faciliter singulièrement, comme je vais le montrer, la formation des affectations.

Des facilités que donne, pour la formation des affectations, Tadoption d'ooe marche provisinre pour ks coupes.

On ne doit se résignera adopter un règlement provisoire pour les exploitations — cela se comprend — qu'en cas d'absolue nécessité, et, par conséquent, tontes les fois que les règles d'assiette ou les exigences impérieuses du rapport soutenu ne s'y opposent pas, on évite de classer dans une affectation, des parcelles qu'on ne pourrait pas régénérer dans la période correspondante. Mais il est très-rare que dans des forêts dont le traitement n'a jamais été subordonné à des vues d'ensemble.

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à un plan quelconque, on ne trouve pas des bouquets ou parcelles de vieux bois disséminés au milieu de jeunes perchis, et vice versa , et qu'on ne soit pas dès lors amené à comprendre dans la même affectation, des peuplements qui ne sauraient être régénérés dans la même période.

Il arrive donc presque toujours qu'on est obligé de mettre dans la dernière affectation, avec des vides ou de jeunes fourrés, des parcelles de bois exploitables, ou bien dans la première, avec des bois mûrs, des vides et de jeunes repeuplements. Je ne saurais indiquer toutes les anomalies auxquelles on pourrait être forcé de se conformer. J'en donnerai seulement quelques exemples.

Il est évident que lorsqu'on veut faire suivre à des parcelles la même destinée, il faut chercher celles dont les âges se rapprochent le plus ; mais toutes les fois qu'on est obligé de renoncer à soumettre, pendant la première révolution, au même traitement, des parcelles comprises ou à comprendre dans la même affectation, il faut au contraire réunir celles dont les âges présentent l'écart le plus considérable ; parce que c'est le moyen d'avancer le plus possible l'époque de l'établissement de l'état normal.

Ainsi, les jeunes fourrés qui appartiennent naturellement à la dernière affectation, peuvent être compris dans la première ; il en sera de même des vides, car, si on les régénère immédiatement, qu'ils soient dans Tune ou dans l'autre, ils s'harmonieront avec les peu-

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plements environnants, et ne nécessiteront plus d'exception pour leur régénération ultérieure.

Les bois mûrs, c'est-à-dire les bois exploitables, qui appartiennent à la première aiîectation, seront bien placés dans la dernière, au milieu des fourrés et des vides ; parce qu'en les exploitant dans la première période, ils seront remplacés par déjeunes semis qui ne feront pas disparate au milieu des massifs qui les entoureront.

On voit combien le tableau provisoire des exploitalions est propre à faciliter la formation des affectations de la manière la plus convenable, pour la constitution ultérieure aussi parfaite que possible des classes d'âge. Est-on embarrassé pour former la première affectation , attendu que les massifs exploitables se trouvent divisés en deux parties, l'une située au commencement de la série, l'autre à la fin? Il n'y a pas d'inconvénient à classer l'une de ces parties dans la première affectation, l'autre dans la dernière ; seulement, celle-ci devra être régénérée exceptionnellement, dans le cours de la première période . Les parcelles qui la formeront , après avoir été ainsi régénérées, le seront encore à la fin de la première révolution. Mais de même qu'une parcelle est susceptible d'être exploitée deux fois, de même il y en a qui peuvent ne pas l'être du to^t, et, par exemple, celles composées de tout jeunes bois, qu'on aurait dû comprendre dans la première et même dans la deuxième affectation.

En définitive, on doit toujours avoir en vue l'état des

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affeclalions après la preipière révolution, et adopter les combinaisons les plus propres à le rapprocher de la régularité désirable.

Mais ce ne sont pas là les seules facilités que présente le tableau provisoire des coupes, pour régler les affectations dans une forêt irrégulière; en voici une autre que je signale, parce que Toccasion d'en profiter est fréquente : il s'agit d'une parcelle de jeunes bois qui appartiendrait, non-seulement par son âge, mais aussi par sa position, à la quatrième affectation ; malheureusement l'état abrouli du peuplement ou son origine (des rejets de souches) ne permettent pas de conduire cette parcelle jusqu'à l'époque où l'affectation arrivera en tour de régénération. Eh bien 1 on surmonte cette difficulté, cet embarras, en décidant que cette parcelle sera coupée en taillis, à chaque période, jusqu'au moment où les bois qui l'entourent, devant être régénérés, elle sera remplacée par des repeuplements artificiels. Il pourrait en être ainsi de toute une affectation (1).

Enfin, lorsqu'il y a impossibilité de placer des vides dans l'une des affectations extrêmes, il est bon de stipuler que leur repeuplement, s'il peut être fait immédiatement, ce qui est désirable, sera effectué avec des

(l) Voir le remarquable article que contient le tome III des Annales forestières, sur un nouveau mode de conversion des taillis en futaies, mode qui a été appliqué dans la forét de Cerisy (Calvados), et qui Test également, je crois, dans la conservation de Paris.

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essences qui, ayant moins de longévité que la masse de la forêt, puissent atteindre leur âge d'exploitabilité à l'époque où l'affectation dont elles feront partie, arrivera en tour de régénération.

Telles sont les règles que l'on doit observer pour établir le tableau des affectations dans les forêts qui ne peuvent pas être soumises immédiatement à un plan normal. Il me reste maintenant à indiquer, pour le tableau des exploitations, le cadre qui paraît le mieux se prêter à la consignation des prescriptions que ce tableau comporte.

ARTICLE II

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