INTRODUCTION. XXV
ments, sur ce point, est importante à noter.
Le consommateur ne demande qu'une chose :
c'est que l'exploitation de toutes les forêts qui fournissent à ses besoins, soit combinée de telle sorte que, chaque année, elle lui offre les mêmes ressources. Il ne se soucie pas le moins du monde du règlement auquel chacune de ces forêts, considérée séparément, pourrait être assujettie. Si Ton suppose qu'elles soient au nombre de 50, qu'elles appartiennent à des propriétaires différents, et qu'elles soient exploitables à 30 ans, le consommateur admettra volontiers qu'aucune d'elles ne soit aménagée, si d'ailleurs il y a, dans leurs âges, une gradation qui empêche que l'exploitation de l'une ne coïncide ave c celle de l'autre. Le rapport soutenu n'en existera pas moins, pour l'ensemble de ces forêts, et c'est là tout ce que le consommateur réclame.
Le producteur n'envisage pas ainsi les choses; ce qu'il veut, c'est que le rapport soutenu soit établi dans la forêt dont il est propriétaire ; ce
XXVI INTROIKJCTIOW.
que font ses voisins ne le touche que très-indirectement.
Le consommateur désire des produits soutenus> non-seulement en matière^, mais en marchandises de telle ou telle espèce.
Le producteur ne recherche, en général^ que le rendement en argent, quand ce producteur est dans la catégorie des particuliers. S'il s'agissait d'un État, d'une communauté quelconque, il en serait autrement, parce que leurs intérêts s'identifient plus complètement que ceux des particuliers avçc les intérêts du consommateur.
Ces différences sont essentielles et soulèvent des questions sur lesquelles il y aurait certainement encore beaucoup à direj mais les développements dans lesquels je pourrais entrer à ce sujet, seraient sans utilité aujoùr^ d'hui. Je me bornerai à ajouter aux principes qui découlent des considérations précédentes, que si l'établissement du rapport soutenu est une condition que les propriétaires de bois
INTEODOCTIOn. XXYII
doivent, ordioairement, chercher à réaliser, il y a cependant, pour les particuliers, des cas où il ne leur conyient pas de le faire. La petite étendue d'un bois peut être une raison pour qu'on ne l'exploite pas en plusieurs coupes successives, parce que ces coupes occasionneraient des frais généraux, plus considérables que ceux qu'entraînerait l'exploitation en une seule fois, et ne seraient pas suffisamment compensés par les avantages de l'annualité.
En outre, les propriétaires sont quelquefois conduits, par des motifs d'économie domestique, à considérer un bois conmie une caisse d'épargne^ dans laquelle ils désirent accumuler, pour une certaine époque, pour le mariage d'une fille, pour l'établissement d'un garçon, etc., etc., des valeurs plus ou moins importantes. C'est encore une raison pour que ce bois ne soit pas aménagé.
On propriétaire peut, enfin, être sollicité par une hausse extraordinaire du prix des bois,