I. On désigne ordinairement sous le nom de
Climat chaud, celui des contrées où croisseut spontanément Tolivier, le figuier, le chêne-liège, le chêne yeuse.
Climat doux, celui des contrées où croissent en plein vent la vigne, l'amandier, le pêcher, toute espèce d'arbres fruitiers et de plantes potagères.
Climat tempéré, celui des contrées où les arbres fruitiers réussissent bien, et dont les forêts contiennent toutes les essences indigènes, sauf celles du climat chaud.
Climat rude, celui des contrées où la culture des arbres fruitiers et des plantes potagères délicates est difficile, et dont les forêts sont peu* plées principalement d'essences résineuses.
Climat très rude, celui des contrées où la culture du sarrasin, de Torgo et des pommes de terre est la seule possible, et dont les forêts contiennent comme essences dominantes, l'épicéa, le mélèie, le pin cembro, le hêtre, celui-ci mal venant.
de consistance et de végétation.suivant les sols et les climats, Tétendue occupée par les taillis, par les futaies. Donner, pour les principales essences, tous les renseignements qu'on pourra se procurer sur leur croissance, leur longévité, la facilité plus ou moins grande avec laquelle elles sont susceptibles de se régénérer, soit parles semences, soit par les souches, Tâge auquel elles sont présumées devoir atteindre l'époque de leur plus grand accroissement moyen.
22* Pépinières. — Indiquer leur emplacement, leur étendue, les essences qu'on y cultive, leur état d'entretien, les ressources qu'elles offrent pour le repeuplement.
23° Règne animal. — Dire quelles sont les espèces d'animaux qui peuplent la forêt et les cours d'eau ; si elles y sont abondantes et utiles.
ARTICLE III
CONSBRVATION ET ENTRETIEN
%V Insectes et animaux nuisibles. — Quels sont les insectes et les animaux qui attaquent les bois, le mal qu'ils font, les mesures à prendre pour les détruire ?
Le gibier, le lapin principalement, cause de très grands dommages dans certaines forêts ; il importe donc de ne pas oublier cet article quand on s'occupe des circonstances qui sont susceptibles d'entraver la végétation.
25* Incendies. — Faire connaître si les incendies
sont fréquents, quelles en sont les causes, comment on pourrait en empêcher le retour.
26'* Délits. — Dire le nombre, la nalure, les causes, les conséquences, Timportance des délits, le nombre et la profession des délinquants solvables ou insolvables.
27"* Circonstances qui entravent la surveillance. — Indiquer toutes les pratiques telles que l'enlèvement des feuilles, le pâturage, le pacage, le sarlage, le soutrage, etc., et toutes les servitudes telles que les concessions temporaires, les constructions à distance prohibée, les droits de passage, etc., auxquelles la forêt est assujettie, et les inconvénients qui en résultent.
28*" Surveillance. — Quel est le nombre des brigadiers et gardes, leur salaire ; quels sont le nombre et rétendue des triages ; quelle est les circonstances qui favorisent ou entravent la surveillance : servitudes, constructions à distance prohibée, etc., etc.?
29* Entretien des routes et chemins. — Quel est le nombre des cantonniers, leur salaire, le nombre de kilomètres que chacun d'eux est chargé d'entretenir : quelles sont les circonstances qui exercent une influence sur l'accomplissement de leur tâche?
ARTICLE IV
DéPENSBS
30* Prix des travaux dans la localité. — -» Faire
connaître le prix de la main-d'œuvrp, suivant la nature du travail, le prix de location d'une bête de charge, d'une voiture attelée.
31* Dépenses occasionnées par la siinmllance.
32* Dépenses occasionnées par rentretien des chemins forestiers.
33* Contribtitions pour la réparation des chemins vicinaux.
34* Dépenses occasionnées par F entretien des maisons forestières ^ des scieries et autres const^mctions.
35° Crédit affecté moyennement chaque année à t entretien des pépinières^ aux repeuplements artificiels j aux assainissements, aux exploitations par économie,
36° Idem, pour le curage des fossés de limite, la réparation des boimes, etc., etc.
37* Impositions^ dépenses diverses.
— Les renseignements que comportent les articles précédents se devinent, sans qu'on ait besoin de les signaler.
ARTICLE V
EXPLOITATIOn BT PRODUIT
38* Exposé de F aménagement en vigueur.
39* Débit des bois. — Faire connaître à quel usage on emploie les principales essences, et surtout les ressources qu'elles pourraient présenter pour les constructions navales.
Etablir autant que possible, pour chacune de ces
essences, étant donnée sa grosseur à 1",30 au-dessus du sol, le rapport existant :
Entre le volume conique ou cylindrique et le volume réel de la tige.
Entre le volume conique ou cylindrique de la tige et le volume réel total,
Entre le volume réel de la tige et le volume de la lîge propre à l'œuvre,
Entre le volume réel total et le volume propre à l'œuvre,
Entre le volume réel total et le volume propre au cliaufTage.
Entre le volume réel total et le volume propre au charbon.
Entre le volume réel total et le nombre des bourrées.
Entre le mètre cube de bois brut et l'unité des marchandises fabriquées en forêt ; on saura de cette manière combien il faut de bois pour fabriquer une grosse de sabots, un cent de merrain, nn stère de chauffage, etc.,
Entre le mètre cube de bois brut et le volume de la quantité de marchandises qu'on peut en tirer.
40* Prix détaillé des bois. — Faire connaître le prix sur pied du mètre cube de bois, suivant la destination à laquelle il est propre : œuvre, chauffage ou charbon ; les variations que ce prix a subies depuis un certain nombre d'années ; la plus-value donnée au bois par la façon dont il est l'objet en forêt, ou, en d'autres termes, la différence entre le prix du mètre cube en grume et sur pied, et le prix de la quantité
de marchandises qu'il esl susceptible de fournir.
4r Produits en nature des bois. — Faire connaître le volume exploité chaque année, dans les futaies, dans les taillis, en coupes principales, en coupes intermédiaires, par contenance et par volume.
Établir la part de ce volume propre à Tœuvre, au chauffage et au charbon.
42° Produits en argent des bois. — Faire connaître la valeur en argent des produits en bois ci-dessus spécifiés.
43"* Produits en argent accessoires. — Faire connaître ce qu'on retire des mines et carrières, de la chasse, de la^ pèche, de la glandée, de la fatnée, des pépinières, des amendes pour délits, des indemnités pour bris de réserve et tous autres menus produits.
44° Produits immatériels ou indirects. — Les produits qu'on appelle immatériels sont les produits impalpables, impondérables, invisibles même, non transportables, par conséquent, du moins suivant les convenances de l'homme, et non susceptibles d'être évalués d'une manière positive, soit en nature, soit en argent.
Une forêt fournit du bois : c'est un objet matériel que l'on peut façonner, mesurer, peser, transporter, vendre à Pierre ou à Paul, en gros ou en détail, et que l'on peut aussi retenir pour soi-même.
Cette forêt est un obstacle à l'invasion du territoire ; ou bien elle protège les propriétés voisines contre les intempéries du climat, les torrents, les avalanches ; elle régularise le régime d'un fleuve qui y prend sa source, et ce, au grand avantage des riverains de ce
fleuve; elle est uUle à des établissements industriels dignes d'intérêt et elle procure du travail aux populations environnantes. Ce sont là des produits que le propriétaire de ladite forêt ne peut ni porter au marché pour les vendre, ni retenir pour luimême. Aussitôt nés, les produits de ce genre tombent dans le domaine public, sans qu'il soit au pouvoir de personne de Tempêcher.
Ces produits sont en général sans valeur pour le propriétaire, quand ce propriétaire est un particulier; mais quand ce propriétaire est l'État, ils ont, au contraire la plus haute importance. Les 25 à 30 millions que les forêts nationales rapportent chaque année au Trésor sont assurément fort peu de chose à côté des ressources qu'elles offrent à l'industrie, des avantages qu'elles présentent pour la défense du territoire, la conservât ion du climat et du sol, le régime des eaux.
Il convient donc de faire connaître, dans la statistique d'une forêt, l'influence que cette forêt pourrait exercer à ces difl*érents points de vue.
Le nombre, la profession et le salaire des ouvriers employés à l'exploitation, au débit, à la vidange, aux améliorations diverses, fixeront en outre les idées sur les moyens de travail offerts par la forêt aux habitants de la localité.
ARTICLE VI