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DU PLAN DEXPLOITATION. 291
aucune autre prescription particulière, à propos de cette marche. Tout ce qu'il est permisde faire, c'est, à litre de conseil, de leur désigner les parcelles qui, par suite de leur âge plus ou moins avancé, ou de leur état plus ou moins prononcé de dépérissement, devraient être exploitées avant les autres; c'est aussi de leur indiquer quelles sont les circonstances, climatologiques ou autres, qui demandent que l'on commence les exploitations par tel ou tel côté de Taffectation. Mais, je le répète, toute prescription rigoureuse à ce sujet, serait inopportune et dangereuse .
Pour ce qui concerne surtout les coupes de régénération, il est de principe, que les agents d'exécution doivent avoir la faculté, de porter la hache dans les parcelles où ils le jugeront le plus urgent, de prendre la possibilité sous forme de coupes d'ensemencement, secondaire ou définitive, dans les proportions qu'ils croiront les plus convenables; et l'on
Je ne suis pas tout à fait partisan de cette mesure, qui ne peut que compliquer le plan d'exploitation, et qui me paratten outre de naturo à compromettre la rëgul;<rité des exploitations et le rapport soutenu : la régularité des exploitations, puisqu'elle expose & ne pas épuiser une affectation dans la période correspondante ; le rapport soutenu, car si l'occasion d'employer la réserve ne se présentait pas, il faudrait bien pourtant l'exploiter, sous peine de prolonger la révolution an delà du terme reconnu le pKis convenable.
Je crois qu'il serait peut-être plus raisonnable, d'attendre qu'an déficit se produisit dans le matériel exploitable, pour y remédier par une réduction proportionnelle de la possibilité annuelle.
Cependant je ne voudrais pas qu'on inférât de ces paroles, que je considère le rapport soutenu comme un dogme auquel on doit tout sacrifier. Je pense au contraire qu'il y a bien des circonstances od il ne faut pas hésiter à y porter atteinte. Il serait désirable par exemple que l'on pût, dans les forêts de chêne, augmenter les coupes après une abondante glaiidée, sauf à les suspendre plus tard, et, & ce point de vue, une réserve serait motivée.
ne pourrait démontrer la convenance de leur imposer des obligations à cet égard, qu'en prouvant en même temps que la durée de la période n'a pas été fixée d'après les règles que j'ai exposées; qu'elle est plus longue, par exemple, qu'il ne faudrait, pour compléter la régénération naturelle de raffèctalion correspondante.
Bien des gens se figurent que lorsque l'aménagement est fait, l'exploitation d'une forêt n'exige plus des agents locaux, ni esprit d'observation, ni sagacité, ni intelligence. C'est là une grande erreur : pour se mouvoir dans le cadre très large que leur fixe l'aménagement, pour s'y mouvoir avec le succès désirable, ces agents ont, au contraire, à accomplir une tâche difficile qui demande beaucoup d'activité, d'attention, et une expérience consommée.
Les coupes d'amélioration ne réclament pas autant de liberté d'action que les coupes principales. Ces coupes peuvent, la plupart du temps, être avancées ou reculées de quelques années, sans inconvénients graves ; il y a donc des cas où il serait sans doute avantageux d'en fixer l'assiette sur le terrain, soit en se servant pour cela des limites des parcelles existantes, soit en partageant, par portions égales et régulières, chaque affectation.
Avant de m'occuper du plan d'exploitation dans les. futaies qui ne comportent pas un aménagement normal, qu'il me soit permis de rendre hommage aux forestiers qui ont, les premiers en France, posé les bases de la méthode dont je viens de développer le mécanisme et les précieux avantages : L'aménagement par case, c'est-à-dire fondé sur Impossibilité par volume, calculée pour toute la révolution, était seul pratiqué et désespérait l'administration par des embarras de toute sorte, lorsque MM. Lorentz et Parade , s'inspirant des doctrines de l'illustre Cotta, ont exposé , dans leur Cours de Culture, les principes qui devaient amener la simplicité et l'ordre dans la gestion de notre sol forestier.
L'aménagement avait suivi, du reste, la marche habituelle de toutes les conceptions humaines : confuses au début, elles passent presque toujours par une phase de complication; puis arrivent des esprits fermes et rigoureux, simplificateurs, qui les dégagent de toutes les superfétations, de tous les rouages inutiles et leur donnent la valeur pratique. C'est ce qu'ont fait, pour l'aménagement, MM. Lorentz et Parade, et la science leur est redevable, sous ce rapport, comme sous beaucoup d'autres, d'un progrès qui est destiné à exercer l'influence la plus heureuse sur l'avenir de nos forêts.