‹ Études sur l'aménagement des forêtsChapitre 50 sur 71 · A3IEU0RATI0NS IIELATIVES AU SOI · texte numérisé non relu

A3IEU0RATI0NS IIELATIVES AU SOI

Dans l'agriculture proprement dite, on améliore le sol par divers moyens et, principalement, par les amendements et les engrais artificiels. En sylviculture, les amendements et les engrais doivent être le

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résultat de la culture elle-même; c'est l'humus qui les constitue. Les expériences, 1res peu nombreuses d'ailleurs, qui ont été exécutées, pour démontrer les avantages de Tintroduclion dans les forêts, de substances minérales particulières, ne paraissent concluantes ni au point de vue cultural ni au point de vue économique. On a essayé aussi de constater le bon effet des irrigations sur les bois, et on a obtenu de magnifiques résultats comme rapidité d'accroissement; mais on ne connaît pas Tinfluence de ces irrigations sur la qualité des arbres; et on n'a pas non plus établi la balance entre le profit et les frais de ce moyenarlificiel d'amélioration qui, dans tous les cas, ne saurait être praticable que très exceptionnellement*.

Je pense donc qu'en ce qui concerne le sol, l'amélioration la plus recommandable est en définitive l'assainissement. Tout le monde sait que dans les terrains trop humides, les arbres sont d'une qualité très inférieure; que les graines pourrissent et, qu'en conséquence, le repeuplement naturel ne se fait pas ; mais il faut éviter de confondre l'assainisFement avec le dessèchement; car autant le premier est utile, autant le second est nuisible.

Dans les propositions qu'ils auront h présenter à ce sujet, les agents aménagistes indiqueront les cantons et les parcelles, où des fossés d'assainissement

1. Il faudrait les multiplier. M. Chevandier a publié à ce sujet, sur reffet des irrigations et d'autres points importants d'économie forestière, des mémoires intéressants, que mes lecteurs connaissent sans doute .

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seraient nécessaires, les dimensions et la direction qu'il conviendrait de donner à ces fossés, et, enfin, les dépenses approximatives qu'entraînerait leur exécution.

ARTICLE III

AMÉLIOnATIONS RELATIVES AU PEUPLEMENT

Les agents chargés de l'aménagement sortent de leurs attributions, lorsqu'ils s'avisent de donner des instructions sur la manière de procéder aux semis et aux plantations. Leur lâche se borne à indiquer les parcelles et les époques, où les repeuplements artificiels doivent être effectués, et les frais auxquels ils donneront lieu.

Il semblerait naturel, au premier abord, de prescrire le repeuplement immédiat de tout vide existant dans la forêt. Toutefois, une semblable prescription pourrait entraîner de graves inconvénients, d'abord à cause des dépenses qu'elle occasionnerait, et, ensuite, à cause des conditions défavorables dans lesquelles serait fait le repeuplement des vides, compris dans les affectations intermédiaires.

C'est donc seulement dans les affectations des périodes extrêmes, qu'il est toujours opportun d'effectuer immédiatement le reboisement des vides. Pour la première affectation, cette opportunité est évidente. Pour la dernière, elle n'est pas moins sensible, puisque celte affectation ne contient que de jeunes peuplements, avec lesquels ceux qu'on aura créés, ne tarderont pas à s'harmoniser.

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Quant aux affectations des périodes intermédiaires, le reboisement des vides qu'elles renferment, est loin d'être aussi urgent, et souvent même il peut être impraticable immédiatement, à cause du couvert des arbres voisins. Cependant, s'il y existait de grands espaces dénudés, il conviendrait de chercher à les utiliser, en y implantant des essences susceptibles d'être exploitées, h l'époque où l'affectation dont elles feraient partie, arriverait en tour d'exploitation.

Les aménagistes pèseront ces considérations et feront connaître en conséquence, par rang d'urgence, la situation, l'étendue et les frais probables des repeuplements artificiels h faire, dans le cours de la première période.

Mais s'il est nécessaire de créer des peuplements artificiels dans une forêt, il est également nécessaire d'y créer des pépinières, h moins que les années de semence n'y soient fréquentes et les semis faciles, ce qui est exceptionnel pour les bois durs.

Les aménagistes auront donc à désigner les endroits où ces pépinières devront être établies, la contenance qu'on leur donnera et les frais qu'elles occasionneront.

ARTICLE IV

AMÉLIORATIONS IKLATIVES AUX VOIES DE VIDAPiGR

La facilité qu'ont les hommes de mettre à portée de leur main, les choses qui leur sont nécessaires,

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utiles OU agréables , est le principal fondement de leurs richesses.

Mais pour mettre les choses à la portée de sa main, il faut ou aller à elles, ou les faire venir à soi. Le premier cas se présente dans Tenfance des sociétés. L'homme va planter sa tente sur les points qui lui offrent le plus de ressources. Ces ressources épuisées, il va se fixer sur un autre point. Tant qu'il est condamné à cette vie errante, il progresse peu; les Arabes nomades en fournissent la preuve. Mais dès qu'au moyen des voies de transport, il est parvenu à déplacer les choses, son développement marche rapidement, et le beau idéal serait réalisé si, par des procédés quelconques, il pouvait réunir, à volonté, autour de son habitation, tous les matériaux propres à satisfaire ses besoins et ses goûts. Malheureusement, ilest bien éloigné de ce beau idéal, surtout pour ce qui concerne le bois. Non seulement nous avons encore en France des forêts que l'on ne peut pas exploiter ; mais dans celles que l'on exploite, l'absence ou l'imperfection des voies de vidange oblige de carboniser ou de façonner sur place une grande partie des produits, afin de réduire autant que possible leur volume el leur poids *. Or, la carbonisation n'est pas la meilleure manière d'utiliser le combustible ligneux, et le façonnage en forêt fait courir au fabricant le risque de ne pas donner au bois,

1 La plnâ grande partie des bois de construction que nous recevons de l'étranger, et nous en recevons chaque année pour plus de 200 millions de francs, se consomment dans le Doubs, le Jura, le Haut et le Bas-Hhin, cVst-à-dire dans les départements los plus boisés. (Note^ de la 2« édition.)

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la forme qui conviendrait le mieux au consommateur.

Sur les chemins vicinaux ou d'exploitation, les frais de traction par voiture peuvent être évalués, en moyenne, à 7 fr. 30 c. par mètre cube de bois, pour une distance de 20 kilomètres. lien résulte que si le mètre cube est estimé dans la coupe 30 fr. pour le bois de service et 10 fr. pour le bois de chaulTage (à raison de 2 stères de 5 fr. chacun par mètre cube), le montant des frais dont il s'agit est h la valeur du mètre cube de bois de service, dans la proportion de 23 pour 100, et h celle du mètre cube de bois de chauffage, dans la proportion de 75 pour 100, de sorte que quand le lieu de consommation est à 30 kilomètres de la forêt, il n'y a plus aucun profit à y transporter le bois de chauffage.

On estime que les frais de transport entrent en moyenne pour moitié dans le prix du bois rendu au centre de consommation, et comme on a calculé, d'autre part, que ce prix, s'élevail, par année, à la somme d'environ 300 millions , il en résulte que le transport des bois, dans notre pays, occasionne une dépense annuelle de 250 millions. On voit par là combien la société est intéressée à l'amélioration des moyens d'exportation des produits forestiers. Quand on a élevé une statue à Jean Rouvet, l'inventeur du floUage sur laCure (Yonne, 1549), on a reconnu el récompensé un des plus grands services qu'un citoyen pût rendre à son pays.

En définitive, les voies de transport font évidemment défaut aux bois, et pourtant ils en ont un plus

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grand besoin que les autres produits, parce que les forêts ne sont pas susceptibles de se grouper, comme les cultures arables, autour des habitations. El s'il est vrai, qu'à raison du morcellement des héritages, une grande partie des productions de la terre soit consommée par les cultivateurs eux-mêmes, il n'en est pas de même pour les bois, dont la moindre pari au contraire i*este au propriétaire ou au régisseur.

De toutes les voies qui peuvent servir au transport des bois, celle qu'il conviendrait surtout d'améliorer, c'est le cours d'eau. Un cheval traîne péniblement 1.000 kilogrammes sur une bonne roule. D'après M. Michel Chevalier , un homme en peut tirer 150.000 sur un canal. Cet exemple suffit, pour prouver l'immense utilité qu'aurait l'appropriation de nos cours d'eau au transport des bois, et pour justifier les regretsquc doit inspirer notre négligence à cet égard.

La France ne possède que H. 000 kilomètres, à peu près, de cours d'eau navigables, et sur les canaux, le transport des bois est entravé par l'étroitesse des écluses, le manque de profondeur, l'insuffisance de l'alimentation, d'où résultent des chômages prolongés. Quant aux cours d'eau flottables, qui, pour la vidange, sont d'une si grande ressource, c'est h peine si on en compte 3.000 kilomèlres. Cette situation est assurément bien misérable, et, avouonsle, inexcusable , dans un pays qui, sous le rapport hydrographique, a été si admirablement doté.

Le perfectionnement des moyens de vidange, sur lequel j'aurai d'ailleurs l'occasion de revenir, est

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donc une des améliorations auxquelles les agenls^ chargés de faire Faménagement d'une forêt, doivent accorder le plusd'attenlion.

Après avoir exposé Tinsufiisance de ces moyens, ils indiqueront toutes les mesures qu'il y aurait à prendre pour y remédier.

Ces mesures consisteront, pour les routes et chemins : 1° dans la rectification ou la réparation des voies existantes ; T dans la création de voies nouvelles, s'il y a lieu.

Dans Fun comme dans Fautre cas, il faudra rédiger un avant-projet des travaux à faire ; fixer la direction et les principaux points de passage des voies nouvelles; indiquer la largeur et la pente qu'il conviendra de leur donner ; justifier leur utilité et, pour cela, montrer qu'elles seront susceptibles de satisfaire à toutes les exigences de la vidange; établir leur degré d'urgence, d'après la marche des exploitations ; dresser enfin un devis approximatif de la dépense que les travaux nécessiteront.

En ajoutant Fintérêt du capital employé à Fexécution de ces travaux, aux frais annuels que leur entretien réclamera, et en retranchant cette somme, de celle représentant l'économie que les travaux permettront de réaliser sur le coût de transport*, on aura la mesure exacte des avantages que l'Etat en retirera.

Je dis FÉtat, car s'il s'agissait d'un autre propriétaire, le bénéfice que les chemins pourraient lui rapporter, ne se calculerait pas de la même façon. Ce qu'un particulier poursuit en effet exclusive-

menl, quand il ouvre un chemin pour la vidange de ses coupes, c'est Taugmentalion du prix de ses bois sur place. Il spécule donc sur celle considération, qu'à raison de la diminution des frais d'extraction, les adjudicataires lui donneront un prix plus élevé de sa chose; mais la diminution des frais de transport, qui est le résultat nécessaire de la création d'un chemin, ne tourne pas toujours seulement au bénéfice du propriétaire ; il y en a une part plus ou moins grande dont profite le consommateur, quand elle a pour effet de rendre le bois moins cher ; or, cette part, qui ne constitue pas un avantage pour le particulier, en constitue au contraire un pour l'État ; car son intérêt ne se sépare pas de celui du consommateur.

Si l'on a le choix entre plusieurs voies, et qu'on veuille comparer leurs avantages respectifs, on se rappellera que le prix de l'usage d'une voie dépend de trois éléments : 1° les frais de construction de la voie ; V les frais d'entretien ; 3** les frais de traction ou le prix de la force motrice.

L'effort pour tirer 1.000 kilog. sur une bonne route est huit à dix fois plus fort , que celui qui est nécessaire pour les tirer sur un chemin de fer ; mais la construction d'une bonne roule coûte à peine 20.000 fr. par kilomètre, tandis qu'un chemin de fer coûte des centaines de mille francs pour la même distance.

I>ES x\MKL10KAÏ10iNS. 465

ARTICLE V

AMÉUUKATIO.NS HKLATIVKS A LA SURVK1LLA.%CK ET A |/kMTKBTIE>

Surveillance. — Le service des forêls relatif u la surveillance peut laisser beaucoup à désirer, soit à cause de Tinsuffisance du personnel, soit par suite de la mauvaise organisation des triages. Dans cerlîiines localités, ils sont peut-être trop élendus: dans d'autres, ils ne le sont pas assez.

L'élude de Torganisation des (riages rentre en conséquence dans les attributions des aménagistes. Ils proposeront aussi, s'il y a lieu, une augmentation du personnel; ils désigneront remplacement le plus convenable pour les maisons forestières qu'il pourrait être nécessaire de construire, et ils feront connaîiro le chiffre approximatif de la dépense.

Entretien. — Il ne suffit pas de construire des routes, il faut les entretenir, sous peine de perdre rapidement lous les fruits d'une dépense considérable.

Suivant qu'un chemin empierré est en bon ou en mauvais état, la résistance qu'il offre à une charrette, peut varier du simple au quadruple et même plus.

Le meilleur moyen , le plus efficace et le moins coûteux, de tenir les chemins en bon état, c'est de réparer immédiatement les moindres dégradations qui s'y produisent. Pour cela, il faut des cantonniers. On en indiquera le nombre et on fera connaître aussi les frais qu'ils occasionneront.

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46e AMÉNAGEMENT DES FORÊTS.

Les roules et chemins ne sont pas les seules choses, qui demandent à être entrelenues avec soin. Les fossés, les pépinières et les plantations réclament de leur côté des travaux, pour ainsi dire incessants, pour lesquels, il esl souvent nécessaire de recourir à des employés auxiliaires. Dans tous les cas, ces travaux entraînent, chaque année, des frais plus ou moins grands. Les aménagistes en apprécieront le montant.

ARTICLE VI

ÉTAT COIXECTIF DES A)lÉLiORATIO>S

Après avoir fait, de chaque amélioration, Tobjet d'une étude particulière, il convient de former, de toutes les améliorations, un état collectif qui permette de les embrasser dans leur ensemblcet de voir, d'un coup d'œil, le chiffre total des dépenses qu'elles occasionneront, soit dans la première période, soil dans les autres. Outre cet état collectif, on en dressera un autre, tout spécial, pour les repeuplements artificiels à faire dans chaque parcelle, car de tous les travaux, ce sont sans contredit les plus importants.

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