‹ Études sur l'archéologieChapitre 1 sur 1 · ETUDES · texte numérisé non relu

ETUDES

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]L'Àl€itÉ<D]L€i(&IE

Dans son orgueil philosophique , le dernier siècle croyait avoir détruit à jamais les livres saintSyA. cette époque de frivolité et d'une prétendue science , c'é» tait un agréable passe-temps chez les grands d'une cour corrompue 9 comme aussi parmi les beaux«esprits ironiques flatteurs de ces grands, de persiffler sans cesse ces traditions antiques, qu'avaient su^étudier et respecter les Pascal, les Bossuet, les Leibnitz.

Qu'avait-on cependant découvert de nouveau pour rejeter ainsi avec mépris les livres augustes et vénérables par lesquels avaient été civilisés nos farouches aïeux?

Avait- on fouillé à cette époque dans les vastes débris d'HiUah (i), antique BaDylone^ débris retrouvés à peine de nos jours?

Avait-on , comme le désirait Bossuet , dont la foi éclairée et- profonde ne redoutait aucune recherchesavante , visité ces capitales orgueilleuses des ancien» Pharaons, et ces ruines colossales objets 6n ce mô^ ment de tant de savantes investigations?

S'était-on transporté à Palanqué , dans le pay» de Guatimala, en Ainérique, pays où naguère d'immenses restes de palais et de temples d'une construc^ tion évidemment asiatique se sont encore retrouvés,.

(i) BlUahf nom actuel de Babylbne , foiest appelée Idlaq, dans le Pentatenque Samaritun , de sorte que ce nom s'est conservé le o^émei depuis pliui dfl ;lffls wile ans n

comme pour attester que tout est sorti de cet antique continent , de cette Asie, nère du monde, où furent crées tous les arts avant le déluge, et où ils furent encora c|yn$e|yéà.ettfét«Wiâ|t àptèi ce .Mra|id^<:j]itj5iclyfitiâ?.. -^'.' '^^ ■-'■ 'Jl. "-■■ "/w ■'•''' >I. .".-.. t*."..

A défaut de ces inonumens primitifs de la civilisation humaine et qui semblent ne s'être conservés debout jusqu'à ce joury^iftfe'fiollllr'ii&liiibndre les doutes de nos prétendus philosophes , avait on , du moins , fouillé dans ces anciens livres orientaux que possédaient nos bibliothèques ? Avait-on tràdtiit exactement , cûBune -vont le faire fAM Bumôuf fils et MoJile » les livres sacrés de Zoroastre, et le Schah- Nameh , ce ppëme de Ferdoucjr^ qui seul nous conserve les antiques traditions royales de la Perse? Avait'-on étudié les Lois de Menou , ce nK>nument si vénéré des Indiens^ et qui, ayant été la base des ])eaux travaux du président Jones de Calcutta , vient d'être traduit si éloquemment par M. Loiseleur de i4}n0[champs^? Avsài'^ou enfin ouvert de né^iveau les livvas moraux de Confitcius , Aomi M. Stanislas Jihlien vient: de pid>Uei* la partve ki plus importante , ou examiné le Chou^King^ ce livre historique, écrit «n faicraglypbès chinois , et qu'il explique cfeaque année dans. son cours savant au Collège de France ?

Il faut bien avouer que non } ou si'^ aidé par àe «ia<f ans • nussionnaires , le docte M. Deguignes , auteur câèbre de V Histoire des Huns j publiait le Cheihikin^ et s'èo&Hiçait 4ans l'étude pénible des livres antiques de-ki Chine; il s'^y conânnait dans sa foi , Us jugeait comiÀe l'avait fait avec l'instinct da gënie le grand Leibniiz , y voyait nos traditioas occidentales , etdiédaignait, quant à leur prétendue antiquité, de répondre à ces pitoyables objections ^ entassées par Voltaire , dans -le premier volume de son Essai sur les mœurs,

J^jea^o^ |4^&6F^ve.p4K le93«»lib««li».d« la iqvqIqtiAii> ;««wnM|par<eeiiK cpÉt semblait ««»«&. noiti menacer , 'une gtfttéràlkn uém H A\ Êf ■ si» màkâmMU

une tbuté autre voie , que celle embrassée avec tant de mauvaise foi par les sophistes du 18^ siècle.

A l'exemple de la docte Allemagne, dont une femme célèbre , madame de Staël , nous a révélé la science profonde et le génie élevé , une nombreuse légion d'orientalistes , formés sous les auspices du savant et vénérable M. de Sacr, marcbe à la conquête de ces vérités que pressentaient les savans du grand siècle.

Les uns s'occupent des langues, et bientôt on pourra éti^lir leur origine unique et asiatique , et remonter ainsi à celle que parla le premier homme , et Noé^ son dixième descendant.

Les autres s'attachent aux alphabets; et déjà, on a essayé de montrer que bien qu'en apparence fort différens chez les divers peuples de 1 antiquité , ils remontent tous aux mêmes séries d'hiéroglyphes babyloniens ou chaldéens , séries qui furent transportées eu Qiiue^ et qui y ont été conservées jusqu'à nosjoursdans les dictionnaires de ce peuple de lettrés avec une étofinante exactitude (1).

Plusieurs, nous l'avons dit , s'occupent des monu* mens historiques ; et bientôt on pourra prouver que toutes les histoires les plus ancienne^, celles qui peintes et tracées en hiéroglyphes sur les débris de murs et de papyrus égyptiens , comme celles qui ont été emportées en Chine à l'époque de la destruction de Tempire de Sardanapale , ont la même origine , et sont en Karmpnie parfaite , pour les dates comme pour les faits , avec la partie historique de la Bible.

U y a eu apssi des Orientalistes qui ont exaniiné les noms des constellations orientales, et les ont comparés entre eijix etavçc ceux des constellations grecque^ qui sont usités encore de no:» jours, et leur surprise n'a pas été peu considérable quand ils ont vu le^ nié*mes étoiles telles que celle de Sjrrius , par exemple ,

(i) yoytz M0|re J^Mj^ «ur jL*pfigi|ie unique » «t hiéroglyphiquo des cliîf&e» txA^^ lettresdt trafics Peuples. Pari* iftaô.

porter le même nomàu Loup^ du Chien ou Au. Chakal chez tous les peuples : ils en ont donc conclu aussi une commune origine pour tous cesjpeuples, et leurs travaux vérifiés par le savant M. Ùelambre, auteur de V Histoire de V Astronomie ancienne^ et cités dans les mémoires de V Académie des Sciences^ ont en même temps établi que cette belle science de V Astronomie était d'une invention moderne et d'une date en accord parfait a vec celle que la Bible assigne à ^existence deTliomme sur la terre (i).

Enfin il est venu des savans , tels que le docteur Young , de la société royale de Londres , connu par ses belles découvertes en physique, qui, s'enfonçant dans l'étude des antiques et mystérieux hiéroglyphes de TEgypte , hiéroglyphes que nos conquêtes seules ont fait bien connaître au monde savant , y ont toutà-coup porté une lumière inattendue.

€e fut, en suivant les traces de ce docte étranger (qui voulut bien par M. Arago^ notre ancien con-^ disciple à l'Ecole polytechnique , nous adresser son

f premier écrit sur ces matières), que M. Champollion e jeune , ancien élève de M. Je Saçjr^ et qui depuis long-temps s'occupait de llËgypte , mais était arrêté dans ses découvertes , parce qu'il supposait les monumens de ce pays beaucoup trop anciens « put enfin entrer d'une manière sûre dans cette belle carrière, où depuis, il a marché à si grands pas.

Un officier du génie militaire (car il semble que les corps honorables sortis de l'Ecole polytechnique, sont appelés aux découvertes de toute nature), fut le premier qui procura au monde savant le monument précieux, actuellement conservé à Londres au Bri* tish muséumy monument à l'aide duquel on put enfin espérer d'entendre un jour les symboles sacrés de l'Egypte.

' (i) Nouyelles considérations sur le Planisphère de Dtndera. Précédées d*Dn appercu snr l'antiquité da Zodiaque et sur l'origine commune aes Sphères de tous les Peuples. Paris, i Sas.

Cet ingénieur, nommé Bouchard , présidait en 1 799^ aux fortifications ordonnées , à Kosette , en Egypte, par le vainqueur des Pyramides; il vit les ouvriers retirer des fouilles une pierre, malheureusement déjà brisée dans sa partie supérieure, mais qui contenait encore des portions assez considérables de trois inscriptions écrites horlsontalement et placées les unes au-dessus des autres^ de manière à se correspondre : l'une de ces inscriptions était en grec, l'autre en hiéroglyphes égyptiens figurant les symboles entiers ; la troisième en liiéroglyphes abrégés. Cet officier pensa que peut-être les trois inscriptions qui frappaient ses regards, contenaient sous des formes différentes le même texte : et dans cette heureuse idée^ il ne se trompait pas.

H fit donc conserver cette stèle précieuse , qui est formée d'une sorte de basalte noir fort dur ; on en tira des empreintes, sur lesquelles le savant Âkerblad^ M. le baron de Sacy, l'académicien Ameilhon, purent bientôt exercer leur profonde critique , et reconnaître déjà les noms démotiques , des Ptolémée , et des Bérénice ; et ce fut sur ce même monument, enlevé par les Anglais^ lors de la capitulation d'A^lexandrie , et enfin arrivé à Londres , que M. le docteur Young , fit également son beau travail ^ inséré (avant toute publication de M. Champollion ] , dans le Supplément à V Encyclopédie d^Edimbovrg.

M. le docteur Young avait le premier^ montré comment ces noms propres de Ptolémée et de Bérénice étaient écrits en hiéroglyphes phonétiques, c'està-dire n'apportant dans ces noms que leur son et non pas leur idée ou leur signification. M. Lacour , lie Bordeaux , dans ses Fragmens hiéroglyphiques trop peu comius , avait indiqué avec bonheur la valeur du lion pour exprimer la lettre X, et de la coupe pour le C ou K, Guidé par ces essais, M. Champollion lut ces mêmes nom» de Ptolémée ei de Bérénice d'une manière plus complète que M. le docteur Young 3 et un obélisque de Philœ , dans la

Haaia oJSgf pte , dont l'inscrtptioô' biérôgl^pbicjue était iradiûte en jpartie en greci daos une inscriptKm gravée 9Ur son piédestal*^ lui donna le nona ie Cléa^ paire avec un alphabet assez étendu pour lirje unasse» grand nombre de nosn* de rois grecs, et d'empe- Ireurs romains de toutes Im époques, et pour reconnaître leurs titres de César et êHautocraforr écrits également en biéroglypbe;s pbonétiques.

Ces dèeou Yertes furent l'obj e t de sa lettre à M. Dacier, imprimée eu 1829, et dont les résultats , ^dmis par tous les bons esprits , pureni enân fi^re penser que l'on avait une première clef des lûéroglypbes, ou au moins de ceux dont le son servait à exprimer les lettres de nos alphabets vulgaires dans les noms (ntopres d'hommes et de pays.

Mais on ne possédait pas encore 9 toutes Les lettres de l'alphabet alarmer avecleshiéroglyphes, et ce fut alors que M. 8aint«-Martin et M. ChampoUion eurent l'beureuse idée, d'appliquer les découvertes de fii. Grolefsnd^ directeur de racadémie de Hanovre 9 sur Fécrituce alphabétique en forme de dous, des belle» «uines de Persépolis près da Sebiras, à un vale d'alrbâtre/fnrt curieux , conservé dans le cidiinet du roi à Paris, et déjà publié par le savant comte d^ Gaylus dans son recueil d'antiquités égyptiennes.

Ce vase y iabriqué en Egypte , sans doute è l'époque de la domination des Perses., offre aussi trois inscriptions, comme la stèle de Kosette; mais deux dé ces inscr^tion&sont en écritures persépolitaine et méde , c'est-^^dire en lettres à forme de clous , et une seule en hiéroglyphes égyptiens complets.

Ony lut par la méthode in^'^énieuse de M. Grotefend , telle que l'avait analysée M. le baron de Sacy ( dans l'ancien Magasin encjrclopédîgue de M. Millin), le nom de Xerxès, roi de V Iran ou. de V empire dePerse, jfkom prononr.é à la manière orientale ; et, comparant lettre par lettre , ces mots aux hiéroglyphes égyptiens qui leur correspondaient, sur le même vase , on y lut, aussi en égyptien y la phrase

Xerxè^f rçi 4e Perse , nom écrit ici Kh schéarscha (cim^iae^en persan antique ) , et l'on obtint ainsi la v«ileur des deux lettres AA et sch en hiéroglyphiques égyptiens.^ lettres qui , avec quelques autres décoiiyerles depuis, vinrent compléter le tableau des hiéroglyphes phonétiques, ou lus seulement pour le son I et abstraction faite de l'idée qu'ils figuraient , nous le «"épétons.

Alors M. ChampoUion put lire, non seulement tous les noms des empereurs romains et des rois grecs qui ont fait bâtir ou réparer la plupart des temples actuels de l'Egypte , mais, s'aioant encore d'une autre stèle égyptienne ( i ), conservée à Turin >et publiée au^i par M. Grotefend dans les Mines de V Orient , stèle qui offire un alphabet démotique égyptien complet, c'est-*à-dire un alphabet dont les hîérogl}^phes fkmt abrégés ou trooqiiés* et réduits à la forme de lettres cursives , il put augmenter beaucoup son alphabet en hiéroglyphes entiers, et lire les noms des plus anciens Pharaons , sur les ruines d'édifices où ces noms existaient encore, et où (nous dit Tacite) étaient dculptés en bas-reliefs , non seulement ces Pharaons et leur cour, mais aussi l'histoire de leurs conquêtes, et des tributs apportés par les peuples vaincus, ce que nous voyons en effets dans de curieux débris qu'offre le musée Charles X , k Paris, et qui y ont été amenés de Thèbes en Eâypte.

Âlorsi par la liste de ces tributs, on put, comme l'avait fait M. le docteur Young, établir avec certitude les hiéroglyphes complets et abrégés des noJns de nombre et des chiffres, et arriver ainsi à l'appréciation des dates , toutes rapportées ( comme on le fait dans la Bible) aux années du règne de tel ou tel Pharaon,

Alorsaussisur les zodiaques, que déjà par des calculs mathématiques et fondés sur TaUronomlej eomme

(i) Voy. t. m, pi. 67, et t. IV, p. a45, Mines de l'Orient,

nous ravoDS dit, nous avions reconnus être du temps des Romains, ce qu'avaient vérifié, après nous, MM. Cuvier, Delambre et Ampère, rapporteurs choisis par l'Académie des sciences, M. Champolion put lire les noms de Claude, de Commode et d'autres empereurs romains^ avec le titre autocrator; et, confirmant ainsi nos résultats mathématiques et astronomiques, abaisser jusqu'après notre ère ces fameux monumens, auxquels on donnait quatre mille ans et six mille ans d'antiquité avant Jésus-Christ^ et qui seuls , osait-on dire, devaient convaincre d'imposture les livres de Moïse ! ! ! Accord remarquable entre l'astronomie et l'archéologie , et venant admirablement confirmer ce goût exquis , ce sentiment vrai des arts , qui , long-temps avant nous , à la seule vue du planisphère de Dendera et des autres zodiaques , avaient fait déclarer à l'illustre M. Visconti, que, d'après leur dessin seulement, ils ne pouvaient avoir été exécutés que par les Grecs ou les Romains.

Alors enfin, sur les dessins magnifiques de Thèbes, compris dans le grand ouvrage sur rEgjrptey et exécutés sur les lieux avec un rare mérite par MM. JoUois et DeviUiers, ingénieurs du corps royal du génie dont nous faisons partie , M. Ghampollion le jeune, put lire les noms de Sésostris^ouRamessès, et ceux de divers Pharaons , cités dans la Bible , notamment celui du puissant et habile roi Sésac y en le lisant Scheschonk, comme il est écrit dans l'antique Manéthon, et se servant ainsi de ce symbole du Schj découvert par le vase d'albâtre de Xercès, vase dont nous avons parlé précédemment : de sorte que ce nom hiéroglyphique était déjà connu, seulement par les dessins de Thèbes, et avant que M. Ghampollion ne visitât ses ruines immenses, comme il le* fit peu après.

Ici nous devons nous arrêter dans ce coup d'oeil rapide que nous avons jeté sur les travaux antérieurs à i85o ; nous allons voir maintenant les importantes découvertes qui devaient en résulter et venir à l'appui de nos livres saints.

Ce roi Sésac, dont le nom hiéroglyphique avait été découvert à Paris , et non sans difficulté, comme on l'a vu ; ce Pharaon que cite la Bible, et dont Dieu se servit pour châtier F impiété de Roboam , ce Prince puissant dans lequel Newton et Bossuet étaient portés à reconnaitre le grand Sésostris, monarque beaucoup plus ancien ; ce Sésac , enfin , dont si souvent et si inutilement se sont occupés les meilleurs chronologistes, devait en effet, par le voyage que fit en Egypte , à cette époque , M. Champollion, fournir une des vérifications les plus authentiques et les plus inespérées des livres saints.

Envoyé par les ordres de Charles X , et sous la protection du respectable duc de Deudeauville , sur cette terre qu'avaient autrefois visitée avec respect les Platon et les Pythagore , devant même prolonger son voyage jusqu'à Ipsamboul, en Nubie, où existe un vaste temple creusé dans le roc par l'antique et véritable Sésostris ou Ramessès-le-Grand ; et cherchant sur les murs de Thèbes aux cent portes , ce nom de Sésac , reconnu à Paris sur de simples dessins , M. Champollion ne tarda pas à trouver, non-seulement son Cartouche , ou nom encadré , nom royal , écrit en plusieurs endroits dans les colonnes d'hiéroglyphes des façades de l'antique palais de Karnac ; mais aussi sur ces mêmes façades il aperçut un vaste bas-relief, offrant ce Pharaon vainqueur dessiné sons une forme colossale , et tenant enchaînés par des cordes ou de nombreux liens, les divers rois soumis par lui dans ses expéditions lointaines ; tous figurés à mi-corps , et ayant les bras liés derrière le dos , tandis . que de vastes boucliers ou écussons crénelés sont placés audevant d'eux ( comme on le voit dans la gravure ici jointe] et retracent, écrits en hiéroglyphes phonétiques (c'est-à-dire se lisant comme les lettresde nos alphabets) les noms des pays où régnaient ces rois, ainsi que les titres de leurs dignités diverses.

Or un de ces rois vaincus par Sésac , roi que la Bi-

b!e cous donne couiine dominant à la fois sur les» i.ubiin$,les Sucbims , et les Cuscbims, c'est-à-dire sur les Lybiens , les Troglodytes et les Etbiopiens j. offrait une figure remarquablement juive et x>elle, bien qu'avec un regard orgueilleux et dur, on pour» rait même dire ironique et méprisant, et sur sonvaste bouclier était écrit très distinctement, en grands hiéroglyphes , le nom leoudab-Melek, nom surmontant rbiéroglyphe de pajs montueuXj ici véritable symbole figurant les monts si nombreux de la Judée^

Ce Malek , ou roi de Judah , ici tenu enchaîné par Sésac , ne pouvait donc être que le haulain et impie Roboam , fils du puissant Salomon , ce roi né d'une Ammonite Naama , et dont la dureté, IV* vidité furent la cause de la séparation des dix tribus d'Israël , lorsque Jéroboam , réfugié en Egypte, près de Sésac, fut revenu en Judée après la mort de Salomon , et appuyé , excité sans doute par le Pha<> raon égyptien , eût déclaré sa révolte , et eut ainsi commencé à affaiblir le royaume des fils courageux de Jacob.

Une telle découverte était certes inespérée » et il fallait toute la préoccupation actuelle des esprits, exclusivement tournés vers une politique stérile et fatiguante , pour que ce monument précieux, publié récemment dans le Recueil de lettres écrites dE^ ^pte^ par JVf. Ghampollion le jeune (i), et impri* mées d'abord dans le Moniteur ,^ et dont les Annales de Philosophie chrétienne , ont aussi traité avec mérite il y a peu de mois (p)<, ne fit pas plus de bruit dans l'Europe savante : car nous ne pouvons croire comme certains le supposent, qu'il existe un plan formel d'attaquer la religion par un silence aftecté sur tout ce qui peut lui être favorable , en même temps qu'on ferait un grand bruit de ce qu'on suppose lui être contraire , la questian des zodiaques

(i) Pajîtf, Didot , i88).

(3) Août i833.

«lle'^méme, devant sons peu , nous dit-*on , être reprise avec de meilleurs argumens.

Nous nous réservons pour lors, tes moyens de répondre de nouTeau à ces attaques. Mais pour en revenir an monument qui nous occupe spécialement ici, que ('on consnlte le dessin joint à ces lignes , écrites à la hâte et beaucoup trop peu développées, ndus le sa* vons , on y verra les traits de Roooam , comme la Bible elle-même noQs le fignre. Ces traits sont beatct et nobles; car il est le petit fils de David, c'est-à-dire de ce roi prophète que les livres saints pi'ésetitent comme si remarquable par sa beauté : son oâi)^ aa^sr bien que ses lèvres indiquent, nous l'avons dit, Torgueil et la dureté qu'il dut aux prospérités inouies du r^ne de Salomon son père, et peut être aussi qu'il reçut de sa mère ammonéenne d'origine.

Il avait 4' ans, quand il commença à régner sût te seul royaume de Juda , nous dit la Pible , et ce fut cinq ans après que Sésac , vint piller les richesses dn temple magnifique élevé par Salomon. Raboam était donc alors arrivé à Tàge de 4^ ans , et sa figure esquissée avec soin , à Thèbes , par un habile élève de nos grands peintres , nous le montre en effet arrivé à cet âge de quarante-^ix ans , c'est-à-dire dans toute la force viri le .

Ce fut alors aussi , nous dit la Bible, que ce Pharaon Sésac, einporta en Egypte ces grands boucliers d*or , ordonnés par Salomon , et sur lesquels , sans doute étaient gravés ses titres, et peutêtre même son portrait , puisqu*alors il était âêrena Eresque idolâtre: comme lui livré à l'impiété, Rooam avait donc dû avoir aussi ses boucliers fastueux, et rren n'empêche de croire que ces monuments d'orgueil ornèrent alors à Thèbes, le triomphe solennel du conquérant égyptien ; et qu'y avah-it de phis naturel/ que de les retracer, tie les sculpter sur ces bas-reliefs qui ont bravé les siècfes , et qui nous montrent encore la pomf^ de toute sa cour , et ses principaux exploits ?

On sait que les triompha teurSi romains (se conformant sans doute aux usages antiques établis en Asie et en Egypte), faisaient porter dans Hurs pompes, au milieu des flots pressés du peuple de U Thèbes italienne y les portraits des rois ou des généraux vaincus par eux , quand ces princes ou ces rois captifs ne marchaient pas en personne, enchaînés au char da consul ou du César victorieux. L'histoire nous ap-

Îirend qu'en Egypte même (long-temps avant Sésac), e grand Sésostris ou Ramessës avait ainsi fait traîner son char triomphal par les rois puissans qu'il avait dompta.

Notre hypothèse nous paraît donc 'très plausible , et quant aux portraits que nous supposons enlevés alors par le roi Sësac , nous citerons Tite-Live , qui, bien qu'à une époque plus moderne , nous montre les Carthaginois , colonie phénicienne, sortie des confins de la Judée , faisant aussi graver leurs portraits sur leurs boucliers d'or ou d'argent, et nous apprend qu'on appendit ainsi au Capitoie le portrait sur un bouclier tTargcnt^ d'Asdrubal^ frère du grand Annibal , bouclier qui pesait, nous dit-il, jusqu'à i3o livres, et qui n'avait jamais pu être qu'une pure décoration de temple ou de palais.

Il nous paraît donc incontestable que si l' orgueilleux Robpam ne fut pas emmené lui-même en Egypte (ce que la Bible en effet ne nous dit pas), son portrait fait par ses ordres, et ses boucliers d'or et crénelés, comme on, le voit ici, y furent transportés, afin d'être appendus en pompe avec ceux des autres rois alors domptés , au char du Pharaon son vainqueur.

Retracés ensuite avec précision sur le bas-relief qui à Thèbes, nons montre encore après trois mille ans ce grand événement biblique , ils nous, font juger ainsi , non seulement de la figure et des traits du roi de Juda, mais aussi de ceux du Pharaon Sésac son vainqueur, et de ceux des autres rois avec lesquels Roboam est figuré comme enchaîné.

Mais une dernière remarque très importante est à

faire encore ki. Roboatn, petit-fils de David, et ancêtre comme lui du Messie, a dans ce portrait des traits d'une analogie incontestable avec les antiques peintures du Christ^ peintures grecques qui se voient surtout en Italie i ces peintures sacrées et antiques n'offraient donc rien a idéal, mais un portrait authentique et véritable^ nous donnant ainsi une idée de la figure de David le roi prophète, et des traits divins de son fils, de ce juste, ae ce -messie promis à Abraham et à Jacob, A attendu même par Adam, notre coupable et malheureux père.

Nous suspendons ici nos réflexions sur nn sujet si important et si nouveau ; nous laissons ceux qui liront cc'peu de lignes méditer à loisir sur cette médaille de la Bible^ retrouvée à Thèbes d'une manière si inattendue, au moment peut-être où^ pour répondre aux désirs avides des négocians européens , la main spoliatrice des Turcs et des Arabes va renverser ces héroïques et antiques murailles de Kamac , ou du moins les transformer en magasins de sucre ou de coton!!

Yolney voulait que le Peutateuque même fut moderne , et rédigé seulement après fa captivité de Babylone , et voici des monumens bien antérieurs à cette captivité qui viennent confirmer admirablement ces livres sacrés ! Nous attendons avec impatience d'autres monumens égyptiens, copiés avec soin pendant son long séjour en Egypte , par le savant M. Wilkinson , notre honorable correspondant, dont onia annoncé le retour en Europe.

Dans les nouveaux dessins rapportés d'Egypte, par M. Ghampollion , aussi bien que danslesdessinssi admi^ râbles, exécutésàBabylonepar notre estimable ami sir Robert ker Porter, nous espérons trouver de nouvelles preuves de la Bible, en nous servant surtout des livres écrits aussi en hiéroglyphes , que nous a conservés la Chine , et qui nous ouvrent des voies inconnues jusqu'ici, à tous les autres archéologues.

A Taide de ces livres, qu'on ne peut bien ap-

précier que dans ridi^mç même du pays, nou»

montrerons bientôt que la chronologie égyptienne , la seule authentique et réelle , est celle que nous a conservée Eratosthène, el noofpas celle de Manétbo») que suivent k tort MM. GfaampolUon et leurs adhé* rens, et nous ferons voir que ces liste» d'Eratostbèfle sont en harmonie parfaite avec nos Evres saints ; el se retrouvent mot à mot dans les prétendues liste» qu'on regarde à tort comme celles de souverains du Céleste empire.

Nous connaissons les essais de M« Deguignes 1*

Î>ère, et si nous ne partageons pas ses idées dan» totis espoints, nous sommes du moins convaincus pnr de longues recherches, que la prétendue histoire de kl Chine antique n'est autre que celle de l'Assyrie et de l'Egypte avant l'époque des Olympiade», et qu'elle contient même les principaux faits dté» dan» la Bible depuis Adam.

Ce n'est pas le Heu d'exposer ici , ces recherchestoutes nouvelles,^ et dans lesquelles Boo»aveM été si peu aidé et si peu encouragé , il nous suffit en cemo^ ment d'avoir tait apprécier la. belle découverte de M. Champol lion le jeune.

Nous attendons avec une impatience très vive , la. communication des autres dessins faits en Egypte aux frais du Roi , et sous le» yeux de ce savant > cws* sins payés depuis, une seconde foi», et qui double* ment achetés , devraient être depuis longtenl» naon**très > si ce n'est au public encove , du nmirt à ton» les savants , qui comme nous , s'occaipent de l'E^ gypte , et ont oesoin de connaitre tovt sesmonumâns antiques.

Nous espérons qu'ils ne seront par» plu» longteme, Tobjet d'une sorte de monopole , et v^ratlant la mort funeste de l'auteur de cette belle coUection, noos ne pouvons en finissant que répéter cette partie de son éloge, lu à racndéiiiie de» inaer^tions par M. iei baron de Sacy, éloge où parlami de l'expédition em Egypte, ordonnée par S* M. Ciiârles X, ce asv^nt

célèbre et modeste, élevé avec tant de justice à la pairie, bous dit :

« Il est donc vrai que sous ce règne^ dont il sem- <c ble qu'on ne puisse parler que pour déverser sur « lui le mépris et d'amères censures, on eut aussi des u idées nobles et des sentimens généreux; TEgypteet « la Grèce lui attireront un jour aux yeux de la pos- « térité , des droits à l'estime de l'humanité... osons «c le dire... si ce règne a commis de grandes fautes , « il a contribué aussi à la gloire et à l'illustration de « la France , en favorisant les progrès des lettres et « des arts , et en brisant les fers qui avilissaient de- « puis tant de siècles les descendans de Thémistode « et de Périclès , et quelles âmes généreuses pour- « raient lui refuser du moins le faible hommage du « respect dû au malheur^ puisqu'il a fini par une « épouvantable catastrophe , et qu'il a cessé d'être » avant l'époque que la nature lui avait assignée. »

Fans, janvier X 834.

Ch-' DE PARAVEY,

Membre du corps royal du Génie ^ des Ponts et chaussées, de la Société royale Asiatique de France , de celle du musée de Bohême , etc. , etc.

( Extrait de 1' Univers Religieux , rue du Pot-de- Fer-Saint-Sulpice , n® 12.)

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