‹ Études sur l'architecture religieuse de l'AgenaisChapitre 16 sur 81 · ÉGLISE SUCGURSALE DE SAINT-ÉTIENNE DE FONTA · texte numérisé non relu

ÉGLISE SUCGURSALE DE SAINT-ÉTIENNE DE FONTA

rède (Moncaut.) — Cette église, dans son état ac-

tuel, se partage en deux grands compartiments à peu près carrés , l’un constituant la nef et l’autre le sanctuaire. En voici, du reste, les mesures :

longueur largeur hauteur

Sanctuaire. . . 8m50

Nef. .... 9m30 8m 50 llm60

La travée du sanctuaire est recouverte par une charpente en berceau. A une certaine hauteur, on remarque dans les angles, des consoles et des sommiers d’ogives. Je suppose, d’après le style des moulures, que ce sanctuaire a subi un remaniement au xive siècle et que sa charpente date de cette époque. Cette belle charpente résultant d’un assemblage de petites pièces rappelle celle de l’église de Maüvezin, citée par M. Viollet-le- Duc. Elle est, d’ailleurs, plus hardie, car elle n’a pas d’entraits ni de poinçons.

Une tourelle semi - circulaire est accolée au mur de clôture du côté nord, et sert à la fois de montée d’escalier et de clocher.

La nef est séparée du sanctuaire par des dosserets à double retraite, auxquels sont adossées des demi-colonnes. L’arc triomphal et la voûte en berceau de la nef, soutenue par deux doubleaux , sont en tiers-point. De chaque côté , trois arcades plein cintre , sur colonnes, divisent les murs. Les doubleaux, qui sont sur la ligne de ces colonnes, ne descendent pas jusqu’aux abaques. Ils ont pour sommiers des consoles formées de quatre assises étagées.

Les chapiteaux sont ornés d’un seul rang de feuilles longues et épaisses.

Il y a quatre fenêtres romanes étroites qui n’ont pas été retouchées.

La façade occidentale , dans laquelle s’ouvre le portail , a reçu plus de décorations que n’en ont la plupart des églises de l’Agenais. Elle offre ûn premier étage de trois arcades aveugles ( celle du milieu est plus élevée que les deux autres) sur pilastres. Au-dessus, s’ou-

DE l’AGENAIS.

vraient autrefois deux petites fenêtres. Le pignon n’a pas été surhaussé ; il correspond à peu près à la toiture qui repose sur les voûtes.

Les archivoltes de la porte sont composées d’un tore entre deux bandeaux. Les chapiteaux des deux colonnes élevées dans les jambages sont historiés et ornés de rinceaux sur leurs abaques.

Entre l’extrados du portail et l’arcature se trouve la représentation dû Christ triomphant. Cette figure est de peu de relief et analogue à celle qui existe dans la façade de l’église de Layrac. Le Christ est à demiassis , dans une gloire ovale à pointes brisées ; il bénit de la main droite et tient un xolumen de la gauche. Son visage n’est pas imberbe, ce qu’il convient de noter, car M. Didron prétend que le Christ triomphant est généralement représenté jeune, c’est-à-dire imberbe.

Toute la construction est en moyen appareil. Il y a quelques marques de tâcherons sur la façade. La nef est munie de contre -forts.

Cet Intéressant édifice paraît dater du xue siècle.

D’après une tradition locale, l’église de Fontarède aurait été construite avec les débris d’un temple. Je n’ai reconnu dans les murs aucun fragment d’architecture ancienne. Il faut cependant observer que des substructions qui paraissent antiques se reconnaissent encore dans le chemin qui longe l’église. Aux environs , les débris de tuiles à rebords sont communs. Enfin à cent mètres de l’église est un champ qui pourrait très-bien avoir emprunté son nom de Marfaou à un temple de Mars ( Martis fanum).

Non loin de là coule une des plus belles sources que possède le département. Fontarède (fons-frigida) en a tiré son nom.

Église paroissiale de Saint -Léon. — Longueur dans œuvre 16 m 90 ; largeur, 6 m 25 ; hauteur , 8 m 60.

Cette église n’était dans sa forme primitive qu’une grande cella rectangulaire, dont je viens de donner les mesures.

L’addition au xive sièclè de deux chapelles qui se correspondent, l’une à droite , l’autre à gauche constitue un transept dont la longueur est de 1*7 m 80.

Une voûte en berceau brisé que soutiennent de minces doubleaux divisés par des tores recouvre le chœur. Cette voûte pourrait , ainsi que le corps de l’église, dater seulement du xme siècle. Le tiers -point des courbes est très -accentué.

Il y a quelques années on a achevé de voûter la nef, ■ dans le même style. Cette restauration a fait, dit-on, disparaître les restes de curieuses peintures.

Les murs, en moyen appareil, ne sont pas soutenus par des contre - forts. Toutes les baies de fenêtres ont été remaniées.

En faisant des fouilles au - dessous du pavage de l’église , on a découvert des cercueils en pierre. Auprès de l’un d’eux , était déposé un magnifique chapiteau gallo - romain , en marbre blanc , sans volutes , orné de trois rangs de feuilles d’acanthe crochues.

D’après la tradition du pays , cette église aurait été fondée par les Templiers. Je n’ai trouvé aucun document à l’appui de cette assertion que peut rendre acceptable jusqu’à un certain point une observation purement archéologique sur laquelle je reviendrai. Les églises du département construites par les Templiers, sont généralement à chevet plat.

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