ÉGLISE PAROISSIALE DE SAINT - BARTHÉLEMY DE
Lisse. — La voûte du chœur est en berceau plein cintre. A gauche , s’étend une triple arcature de rezde - chaussée dont un chapiteau , d’une composition archaïque , représente des Pesants. Une petite niche destinée sans doute à renfermer une lampe surmonte le chapiteau ; le tout est à portée de la chaire qui , conformément à la tradition , a été mainter nue dans le chœur. A droite est creusée une vaste niche entre deux colonnettes d’une bonne sculpture. Cet accessoire date du xue siècle, à en juger par le
style. L’arc triomphal, à cintre brisé, et la nef, lambrissée, paraissent dater de la meme époque ou même du xme siècle.
Le sanctuaire , certainement plus ancien , est flanqué de contre -forts et percé d’étroites fenêtres.
L’église est renfermée dans l’enceinte bordée de fossés d’un château -fort auquel des additions du xvi® siècle ont enlevé son caractère.
Le clocher -arcades de l’église de Lisse s’élève audessus de l'arc triomphal.
ÉGLISE PAROISSIALE DE SAINT-PlERRE DE BüZET.
(PL xi.) — Aucune des églises qui se rattachent à ce groupe si nombreux ne peut passer pour complète. Soit que les architectes n’aient pas toujours eu l’intention de voûter les nefs , soit que la plupart de ces petits édifices aient éprouvé des ruines partielles , il n’en est pas qui soient entièrement voûtés. Seule, l’église de Saint-Pierre fait exception. Son vaisseau est intact, n’ayant souffert ni du temps, ni de la main des hommes. Cependant quelques fenêtres ont été légèrement remaniées. On a surhaussé la façade occidentale par un pignon -arcades moderne et la toiture paraît avoir été refaite à une époque déjà ancienne. Elle est isolée de la voûte. C’est tout, et voilà les seuls détails qui accusent des retouches.
A l’intérieur, les belles voûtes en berceau plein cintre, les décorations variées du sanctuaire; à l’extérieur, un appareil soigné , de robustes contre - forts , le portail d’un style austère : tout nous reporte à la fin du xie siècle ou au commencement du xne.
Le plan que je donne de ce monument me dispense des longues descriptions. On y verra que la nef est divisée par des doubleaux en quatre travées. Les arcs correspondent à de simples dosserets dont ils reproduisent la coupe et les dimensions.
Les voûtes ont partout environ 10 mètres de hauteur.
DE L’AGENAIS
Huit arcades sur colonnes décorent le rez-de-chaussée du chœur, dont cinq fenêtres ouvertes entre deux cordons de billettes constituent le premier étage. Les cordons s’étendent jusque sur les dosserets de l’arc triomphal, que flanquent des demi- colonnes.
Le détail architectonique le plus remarquable consiste dans le mode d’établissement d’un clocher audessus de la travée inférieure de la nef. L’architecte n’a pas osé bander un arc de support d’un mur de clôture à l’autre. Il a construit un point d’appui intermédiaire , un gros pilier rond qui porte trois arcs perpendiculaires aux murs.
Cette conception , toute exceptionnelle pour l’époque romane, pouvait amener facilement à construire des églises à deux nefs telles qu’il en existe un certain nombre, comme on en voit dans le département, et qui datent de la période gothique.
Ce ne fut pas une haute tour qu’on éleva sur l’extrados de ces arcades, mais plutôt une petite salle qui fut fortifiée ; elle est munie d’échauguettes et d’archères en croix. Cette pièce dépasse de fort peu l’amortissement des murs de la nef. On avait, peine à en faire un clocher. C’est pourquoi l’on a dû plus tard surhausser le pignon de la façade occidentale pour y abriter les cloches sous deux arcades. Cette façade, sans baies, est flanquée de trois contre -forts ; mesure de consolidation , rarement usitée dans l’Agenais, mais parfaitement justifiée dans la circonstance. Il fallait contre -bouter l’arc perpendiculaire à ce plan.
Une tourelle , renfermant un escalier à vis , est ménagée à l’intérieur de l’église qui, dans cet état, était une véritable forteresse.
Le pilier circulaire n’a pour hase qu’un large socle arrondi creusé d’un tore, et pour chapiteau qu’une couronne de trois rangs de billettes *.
J’ai remarqué dans un certain nombre d’églises romanes de di-
Le portail, placé au sud, n’offre dans ses jambages et dans ses archivoltes plein cintre qu’une série de bandeaux en retraite. Un curieux monogramme est sculpté presque sans relief sur la clef supérieure.
Les pierres de la construction, de dimension moyenne, sont chargées de signes d’appareil. J’ai compté quatorze marques de tacherons différentes ; ce sont comme toujours des croix, des traits, des volutes, des lettres, etc.
Le style des arcades du sanctuaire est assez remarquable. Les fûts de colonnes offrent de belles proportions; les bases, très - régulières , sont composées de deux tores séparés par une gorge et de quelques moulures accessoires. Des tores divisent les archivoltes qui sont en plein cintre.
Les chapiteaux profondément fouillés ont généralement un seul rang de grosses feuilles. Des palmettes ornent les tailloirs des dosserets de l’arc triomphal. Des lions et des colombes décorent les corbeilles de ces hautes colonnes.
Les fenêtres qui n’ont pas été retouchées sont hautes et étroites. Il en est qui s’amortissent par une coupe rectangulaire.
J’ai observé trop souvent cette forme dans les petites églises romanes pour l’attribuer toujours à des restaurations. Ces fenêtres ouvertes sous des linteaux sont assurément anciennes pour la plupart. L’étroitesse des baies justifie assez cette forme. L’effet produit par un
verses provinces que , lorsque les piliers circulaires ont un fort diamètre on n’a pas cherché à leur donner des chapiteaux proportionnés. On s’est contenté de les couronner d’un simple bandeau sculpté, de peu de saillie. Il en est ordinairement de même des dosserets rectangulaires qui sont surmontés d’étroits bandeaux et non de hautes impostes comme les pilastres de style classique.
Dans le gothique primitif au contraire les chapiteaux sont à peu près à l’échelle des grosses colonnes.
DE L’AGEN AIS
cintre de 0m10 à 0m15 de diamètre ouvert dans une seule pierre n’est pas meilleur que celui que peut rendre une ouverture rectangulaire. A quoi bon se donner la peine d’appareiller des claveaux au-dessus des montants obliques établis à l’intérieur par un large ébrasement, lorsqu’on ne doit aboutir qu’à une étroite rainure de tous points comparable à une archère ?
L’ancienne église paroissiale de Laussou, aujourd’hui presque abandonnée est solidement bâtie en moyen appareil et flanquée de contre -forts. Elle offre un chœur décoré de neuf arcades plein cintre sur colonnes. Cette arcature encadre les trois fenêtres du sanctuaire. La plupart des chapiteaux sont simplement épannelés. Les gorges creusées entre les deux tores des bases ont pour ornements des frettes crénelées et des dents de scie. Je suppose que cet édifice date de la fin du xie siècle. La porte est dans le style du xve.
Église paroissiale de Saint-Barthélemy de Dévillac. — A peu près dans les mêmes conditions que la précédente. Seulement le chœur, séparé par un doubleau du cul-de-four de l’abside, a conservé sa voûte en berceau brisé. L’arc triomphal repose sur des consoles, le doubleau sur des colonnes dont les chapiteaux sont grossièrement équarris.