ÉGLISE PAROISSIALE DE SAINTE-COLOMBE EN BRUILHOIS
longueur largeur
Abside 6 mètres 5 ra 60
Nef 22 » 8
Bas-côté 22 » 5 80
L’analyse de cet édifice est rendue difficile par ses nombreux remaniements. L’abside est romane. Une grande partie du vaisseau est du xve siècle. Il y a de plus des constructions partielles qui datent de la Renaissance et que révèlent les caractères du style et les raccords de l’appareil extérieur, plutôt que la forme des voûtes.
L’église se compose d’une abside surhaussée, d’une grande nef et d’un bas - côté septentrional.
L’abside est voûtée en demi- coupole ovoïde. Une petite travée en berceau brisé la sépare de la nef. Un fort doubleau constitue l’arc triomphal. Le sanctuaire ainsi limité n’a d’autre décoration que les colonnettes d’une petite fenêtre ouverte au centre. Une baie plus large a été percée depuis dans le mur méridional du chœur. Les chapiteaux des demi-colonnes engagées sur les dosserets de l’arc triomphal portent les feuilles épaisses et les volutes du style roman.
La grande nef étagée , accompagnée dans toute sa longueur par le bas - côté au chevet plat, se divise en quatre travées. La travée supérieure est voûtée en berceau brisé et date de la première époque. Les seconde et troisième travées ont reçu des voûtes en étoile ; la dernière est recouverte en simple croisée d’ogives.
Ce sont aussi des croisées d’ogives qui constituent les voûtes du bas -côté (4 travées). Les archivoltes de séparation pénètrent les piliers par leurs moulures , à 2m 50 au-dessus de l’aire du pavé.
Tous les arcs sont divisés en arêtes émoussées brusquement fondues dans les supports.
Les trois piliers sont massifs ; ils ont des mesures et des formes différentes :.le premier ( 2 m sur 0 m 90 de dia-
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mètre) et le second ( 2 m 20 sur 2 m 70) sont irréguliers ; le troisième ( lm 80 de diamètre ) est formé de quatre dosserets pentagones adossés.
Les dosserets engagés dans le mur méridional ne sont pas établis avec une exacte symétrie.
Une rosace dans la façade, quatre fenêtres dans le bascôté , trois au midi dans la grande nef (lre, 3e et 4e travées) offrent quelques dessins mêlés de courbes et de contrecourbes.
Le portail dont les pieds - droits sont revêtus de moulures en méplat s’ouvre dans la grande nef à l’occident. Cette façade n’a d’autre ornement qu’une petite niche creusée à une certaine hauteur , surmontée d’un arc en accolade. Un massif quadrangulaire formant la base d’une tour s’étend en arrière de cette façade. Il est ceint par une corniche irrégulière tantôt isolée , tantôt s’appuyant en porte-à-faux sur une large échine. La tour octogone , percée de fenêtres sur chaque face, est rachetée sur cette plateforme. Ce clocher est surmonté d’une flèche en pierre à huit pans. Au nord, une tourelle flanquante l’accompagne. Cet édicule, qui renferme l’escalier , et qui s’appuy e sur le bas - côté , est une copie en réduction delà tour principale.
L’ornementation , à l’intérieur de l’église , est des plus singulières par ses motifs , par ses dispositions. La sculpture s’applique à des bandes étroites qui couronnent les piliers , ainsi qu’aux dosserets auxquels elle donne des impostes historiées , et aux consoles qui sont établies un peu au-dessous de la retombée des arcs de voûte. Du reste nulle symétrie ni pour la place , ni pour la hauteur. Point d’ordre , point de correspondance d’une travée à l’autre. Les bandeaux saillants ne sont pas en réalité des supports , car les moulures des arcs ou des arcades pénètrent au-dessus de leur niveau.
Le symbolisme des figures grossières et grimaçantes qui s’étalent sur ces quelques parties livrées aux sculpteurs est satirique plutôt que religieux, Toutes ces com-
positions ne sont pas de la même époque. Sur le dosseret de la seconde travée , deux volutes encadrant des roses , quelques petites têtes et des feuilles finement découpées semblent une œuvre du xvi° siècle. Ailleurs ce sont d’affreux mascarons et des scènes telles qu’un lièvre entre deux chiens , une figure humaine encadrée par des ailes de chauve - souris , le buste d’une femme aux deux bras relevés pour soutenir les tresses d’une chevelure ondoyante, un tronc d’arhre couché horizontalement deux personnages soutenant l’écu de France aux trois fleurs de lys , etc.
Il n’y a pas dans le département de grands édifices datant de la dernière époque gothique, ce qui donne un peu d’intérêt à l’église de Sainte -Colombe , église inachevée puisqu’elle n’a qu’une seule nef latérale , église qui n’a pas été conçue toute entière sur un plan du xve siècle, puisqu’elle s’ajoute à une abside romane; puisqu’elle abaisse ses voûtes au niveau du vieil arc triomphal.
On doit tenir compte de ce défaut d’unité qui pouvait entraver l’architecte ; mais tout en faisant la part de cette difficulté capitale, on doit reconnaître qu’il était possible de donner plus d’allègement aux piliers , plus de hauteur aux fenêtres , plus de régularité dans l’ornementation. On aurait pu même laisser l’abside romane surbaissée , élever la nef, en la divisant en deux étages.
Les procédés de construction des voûtes , le style des moulures , ont été empruntés aux modes de la dernière période gothique. C’est tout. La structure de l’édifice rappelle encore les plans des églises à trois nefs de l'époque romane. Ainsi quatre siècles n’avaient fait introduire que des modifications de détails dans ce plan qui paraît avoir été en si grande faveur dans la région du sud-ouest. Le percement des baies se rapproche du plein cintre par ses arcs en tiers-point surbaissé. La tendance du gothique , qui n’avait pas eu d’originalité dans cette province , ramenait pour ainsi dire au point
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de départ. A cette époque où les écoles septentrionales touchaient à la décadence malgré des recherches stériles, l’école agenaise vieillissait comme elle avait vécu, sans avoir tenté de grands efforts , sans avoir connu de rajeunissement.