Placard imprimé (Arch. Nat. T
n'entendait pas plaisanterie en matière d'égards et de conduite. A une lettre que le prince Constantin avait adressée à son tuteur en lui envoyant sa proclamation, la tante de Starhemberg prit soin de répondre elle-même et de bonne encre. La petite bossue éclate, tant elle est exaspérée :
Bruxelles, le 15 juin 1783.
« Votre lettre à mon frère Guillaume est un chef d 'œuvre d'extravagance, ainsy qu'elle est unique en ingratitude, et il n'y a pas le mot pour rire dans votre epitre pour les indifferens qui la liront ; je vous garantis qu'elle le sera, j'emporterai à Vienne la copie de ce tissu de platitudes. Vous parlés, je ne puis dire d'or, puissant monarque dont la folie me paroit complette, mais vous parlés de manière à faire hausser les épaules : j'en suis fâchée pour vous, en vérité. Gouvernés donc bien vos « fidelles sujets », mais continués surtout à l'être par ceux qui se moquent de vous, qui vous pilleront, et dont peut être une autorité plus réelle que la votre voudra bien vous délivrer. C'est à quoi je vais travailler, mon cher neveu ; je n'ai d'intérêt en cecy que celui que je prends encore au nom que j'ai porté. Ceux qui s'emparent de vous devroient réfléchir, avant de vous rendre coupable d'une démarche aussi téméraire, qu'elle est fausse et inconséquente vis a vis de Monsieur votre oncle. Quant au refus que l'on vous fait faire relativement au régiment obtenu en France, c'est encore un trait lumineux que votre postérité admirera. Comme vous me faites pitié ! Mais rappelés vous, Monsieur, que vous avés infiniment à reparer vis à vis de Madame votre mère et mon frère votre tuteur. Pour moi, qui ne m'exposerai pas au courroux d'un aussi superbe potentat, je ne vous demande rien, pas même la permission de passer jamais par vos petites possessions. Dans quelque tems « les fidelles sujets » me diront des nouvelles du Roy et du Royaume.