D. JUAN GREGORIO MIMA IN
« Suisses, . . Le commerce de recrues que font les pro- « priétaires suisses de ces régimens, particulièrement « les familles Reding, Betschart, Rûtiman, etc., de « société avec leurs embaucheurs, est aussi révoltant (( pour l'humanité que pour notre patrie'. )>
Véritablement, de toutes ces troupes étrangères, les Gardes Wallones seules, assez mal recrutées aussi, mais mieux instruites et encadrées, possédaient une réelle valeur. Après avoir pris une part des plus honorables à toutes les campagnes de la première moitié du siècle, elles ne déchurent pas trop pendant la seconde. En 1766, lors du motin dont elles avaient été un des prétextes, les Gardes Wallones sauvèrent le roi Charles III qui leur en sut gré, comme l'on pense, et les favorisa beaucoup parla suite. A Alger, en 1775, elles se comportèrent bien, et, plus tard, pendant les guerres de la Révolution, elles rendirent encore, quoique minées par la propagande de nos agents, de bons services à la monarchie espagnole*.
La direction et le commandement suprêmes de l'armée espagnole relevaient en 1768 du ministre de la guerre, D. Juan Gregorio Muniain, vieux militaire, passablement routinier, qui avait remplacé dans cette charge le Sicilien Squillace réduit à quitter le ministère et le pouvoir pour les causes qu'on sait. Sous ce ministre, fonctionnait un Conseil supérieur de guerre composé des officiers généraux de toutes les armes, le
1. Fischer, Voyage en Lspw^nc t. II, p. 151. Voir aussi Chantreau, Lettres écrites de Barcelonne, Paris, 1792, p. 68.
2. Colonel Guillaume, Histoire des Gardes Wallones au service d'Espagne. Bruxelles. 1858.
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comte de Priego, un Croy, comme colonel des Gardes Wallones, le comte de Gazola, Italien, commandant général de l'artillerie, le comte O'Reilly, inspecteur général de l'infanterie, etc. L'état-major était nombreux, à en juger d'après l'annuaire, trop nombreux vu les circonstances qui ne réclamaient pas tant de lieutenants-généraux, de maréchaux de camp et de brigadiers : à vrai dire, beaucoup de ces officiers n'exerçaient pas et n'avaient que rarement exercé de commandement effectif. Ici, l'élément étranger est encore plus fortement représenté que dans la troupe ; car, dans cet état-major, figurent non seulement des officiers supérieurs parvenus à ces grades par leurs services dans les régiments étrangers d'Espagne, mais aussi des officiers français que les arrangements du Pacte de famille autorisaient à servir dans l'une ou dans l'autre armée, comme par exemple Grillon. Après les Wallons, Flamands et Français, ce sont des Irlandais, des Italiens, puis des Suisses qu'on trouve le plus fréquemment cités dans les listes de VEtat militaire. Ces officiers étrangers, dont quelques-uns s'étaient fort espagnolisés par des alliances ou par un très long séjour dans le pays, vivaient sur un pied d'égalité parfaite avec les officiers nationaux ; il est rare de surprendre chez ceux-ci quelque marque de défiance ou de jalousie à l'égard de leurs camarades d'outre-monts ou d'outre-mer. Mal vus, en revanche, aussi bien par les militaires que par la population civile, étaient les Gardes du Corps, officiers et soldats, des compagnies flamande et italienne, surtout de la dernière. La naissance seule