‹ Études sur l'Espagne (volume 2)Chapitre 20 sur 190 · Affaires Etrangères; Espagne, vol. 573, fol · texte numérisé non relu

Affaires Etrangères; Espagne, vol. 573, fol

Les soldats et les chefs étant ce que nous venons de voir, que doit-on penser de l'esprit militaire de l'armée et de la nation espagnole? Sans doute, la nation aime la troupe, la gloriole, le plumet: «la troupe avant tout », dit une saynète : La tropa es lo primero entodns partes.^ A ses heures même, elle est guerrière; elle l'a bien prouvé à la fin du siècle et plus tard. Mais d'esprit militaire, pas l'ombre ; ni la classe moyenne ni le peuple ne savent ce que c'est. La partie la plus saine du peuple, le paysan, a horreur du service, parce que la quinta, qui vient l'arracher à sa terre, le distribue au hasard dans des régiments où il coudoie contrebandiers, vagabonds, souvent de pires coquins, que le gouvernement, périodiquement, ramasse sur les routes ou dans les rues et enrôle de force. L'homme de la classe moyenne, exempté du service, n'a pas à s'occuper des choses de l'armée ; il n'en connaît du reste que les inconvénients : depuis les billets de logement jusqu'aux jolis cadets sigisbées de sa femme. Quant aux gens de naissance, on les a dégoûtés d'offrir leur épée au roi, en rendant ingrate, intolérable la carrière d'officier par le mauvais choix et la mauvaise condition des garnisons, par le favoritisme éhonté qui préside à tout et rend incertain l'avancement le plus légitime. Seuls quelques Grands ont intérêt à servir, parce que leur situation personnelle peut leur assurer une plus brillante fortune. Mais ceux-là même manquent d'entrain; ils ne sont pas soutenus, ils sentent trop que le souverain

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