Ferrer del Rio, Historia de Carlos III, t. III, p
2. Il présenta ses lettres de rappel à Charles III au mois de février 1772 et eut sa première audience à Postdam, le 27.
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son compte m'ont été dites aussi par la princesse Legnoschi *, récemment arrivée de Berlin et à laquelle il m'a fort recommandé ; en eiTct, cette dame me comble de prévenances. L'autre soir, j'ai soupe chez elle, dans sa maison de campagne de Schœnbrunn ».
En somme, Fernan Nunez est enchanté du séjour de Vienne ; l'aristocratie du lieu aussi bien que le corps diplomatique se disputent le gentilhomme espagnol et rivalisent de politesse. Il dîne chez le ministre de (Iriies et chez le comte Mahony, ambassadeur d'Espagne - ; il compte passer trois jours en Hongrie, chez le prince Esterhazy, qui donne des fêtes superbes « où se rend la moitié de Vienne )> ; il est invité chez le ministre Kaunitz et a rencontré l'un de ses fils, el chlco Kahonitz^ qui a été en Espagne et avec qui il a parlé de Salm^. La lettre se
1. Il s'agit de la princesse Charlotte Lichnowsky, née comtesse Althann.
2. D. Dcmetrio Mahony, comte de Mahony, était un militaire irlandais né en France ; il dut sa fortune en Espagne à son compatriote le ministre D. Ricardo Wall. On le représente comme « un homme d'esprit et d'un commerce sûr, peu versé dans les allaires, mais fort habile dans les petites intrigues ». Il tenait à Vienne table ouverte, « abondante et délicate, qui lui fournit les moyens d'être bien instruit de ce qui se passe ». {Tableau et Portraits de la cour de Vienne, vers 1770, dans ï Archiv fur œstcrreichische Geschichte, t. LXII, pp. 220 et 233.) Nommé lieutenant général le 3 avril 1763, il mourut à Vienne, le 26 décembre 1777.
3. Dominique de Kaunitz Rietberg, troisième fils du grand Kaunitz. Il vint à Madrid au mois de mai 1764 pour apporter à Charles III la nouvelle de l'élection de Joseph II à la dignité de roi des Romains (Gazeta du 8 mai 1764).
termine par ce portrait du prince Louis de Rohan, ambassadeur de France à Vienne, que ses extravagances et ses débordements allaient faire rappeler au mois d'août de cette année :
« Nous avons ici, pour ambassadeur de France, le prince de Rohan, frère de la Masserano et coadjuteur de son oncle, l'archevêque de Strasbourg. Grand, beau garçon et vif en diable. Tout lui sied, sauf Tarchiépiscopat. Si tu le voyais sautiller en habit de campagne et une canne à la main ! Nous n'avons pas idée de ça chez un archevêque. Les femmes se pendent à son bras et sont folles de lui, car il est fort aimable. Mais, je l'avoue, voir un archevêque se comporter ainsi m'a fait rire ».
Trois jours plus tard (24 juillet), Don Carlos commence par rassurer la duchesse de Béjar sur sa santé. Le lait d'ânesse a fait merveille ; il se sent mieux et mange de meilleur appétit. Il compte partir le lendemain pour la Hongrie, et, après les fêtes du prince Esterhazy, ira voir le régiment de carabiniers du comte Michel Antoine Althann, parent du marquis de Rubi. Cet Althann, général de cavalerie et colonel propriétaire du 2° régiment de carabiniers (devenu le régiment de cuirassiers Kaiser Franz- Joseph, n° 1), était le plus jeune fils du comte Michel Jean Althann, l'un des confidents de l'empereur Charles VI, et de la belle et spirituelle Marianne Pignatelli, die spanische Althann, comme on l'appelait à Vienne. Espagnole, en effet, et fille d'un D. Domingo Pignatelli, gouverneur de Navarre* et de Galice, le comte, qui l'épousa, l'avait, pendant