LE REV. JOHN BOWLE
fruits : il suscita l'admirable Don Quichotte du Rév. John Bovvle, que cet ancien élève d'Oriel Collège publia en 1781, le dédiant à Francis comte de Huntington. Pour la première fois, le célèbre roman trouvait un vrai commentateur, pour la première fois ce livre était expliqué historiquement et grammaticalement et traité avec le même respect qu'une œuvre de l'antiquité classique. Ce Don Quichotte si doctement illustré n'obtint pas tout d'abord en Angleterre le succès qu'il méritait, car nul n'est prophète en son pays, mais il fut accueilli avec enthousiasme par les Espagnols, très flattés du splendide hommage rendu à leurs lettres. 11 piqua d'émulation divers érudits castillans, qui, un peu honteux de s'être laissé devancer par un étranger, se mirent à l'œuvre pour parfaire le travail de l'ecclésiastique anglais. On ne saurait assez le dire : la promotion de Cervantes à la dignité de « prince des écrivains » en Espagne et le culte qu'on lui voua dans ce pays datent de Bovvle dont les notes ont largement inspiré les commentateurs castillans, Pellicer, Clemencin, qui n'ont pas toujours reconnu les dettes contractées envers leur prédécesseur. Depuis Bowle, l'interprétation du Don Quichotte a fait des progrès, mais le fond de