‹ Études sur l'Espagne (volume 3)Chapitre 35 sur 206 · Géographie moderne, t. I (Paris, 1782), p. 554 à · texte numérisé non relu

Géographie moderne, t. I (Paris, 1782), p. 554 à

72 I. l'espagne en frange

de Masson n'est qu'une très indigeste compilation, où se détache cette phrase qui a retenti comme un souiïlet sur la joue de milliers d'Espagnols jaloux de leurs gloires : « Mais (( que doit-on à l'Espagne ? Et depuis deux c( siècles, depuis quatre, depuis dix, qu'art t-elle fait pour l'Europe ? » On a répondu longuement et doctement sur l'autre versant des Pyrénées à l'incartade du nommé Masson ; mais la phrase malheureuse n'a pas été oubliée. Il arrive encore à des Espagnols chauvins de nous la resservir, de la placer en vedette dans leurs écrits ou leurs discours, quand ils ont à nous reprocher, — et cela est fréquent — un gros péché d'ignorance ou de légèreté à leur endroit.

Aux libelles de ces détracteurs, on aime à pouvoir opposer quelques travaux solides, quelques publications méritoires d'écrivains zélés qui ont à cœur de nous renseigner exactement sur l'Espagne. UEtat présent deJ^Espagne de l'abbé de Vayrac (1718) est un livre consciencieux, un bon manuel toujours utile

1 . L'article de Masson fit un tel tapage en Espagne que le gouvernement espagnol crut devoir réclamer du nôtre une réparation. Voir les détails de l'affaire dans Bourgoing, Tableau de l'Espagne moderne, seconde édition, t. I (Paris, 1797). p. 284.

Page 1