Nous les reproduisons plus bas, dans 1' Appendice III
LE COMTE d'aRCOS. 119
« moins pour le vallet de chambre qui Tai- (( dait à se vêtir* ». On a imprimé cela sans sourciller. Ce comte d'Arcos a été admis dans toutes les éditions anciennes ou modernes de Lazarille que nous connaissons, — sauf celle d'Alcalâ, — sans que jamais personne se soit demandé s'il pouvait être question d'un tel titre nobiliaire à l'époque où la nouvelle a été écrite, c'est-à-dire sûrement, et pour ne pas préciser davantage, entre les années 1525 et 1554.
Eh bien, le titre de comte d'Arcos de la Frontera n'existait plus dès 1493 ! Cette annéelà, en effet, les Rois Catholiques, pour indemniser Rodrigo Ponce de Léon de la perte de la ville de Cadix qu'ils réunirent à leur couronne, érigèrent en duché le comté d'Arcos dont ce seigneur venait de recueillir l'héritage\ Une telle allusion, par conséquent, à un
1. « Quien no le conociera, pensara ser muy cercano pariente al coude de Arcos, o, a lo menos, camarero que le dava dp vestir. » (Ed. d'Anvers, G. Simon. 1555, p. 56).
2. Antonio Ramos, Aparalo para la correccion y adicion de la ohra que puhlicà, en 1769, el D*^^ D. Joseph Berniy Catald... con el titulo : Creacion, antiguedad y privilegios de los titulos de Castilla, Malaga, 1777, § 75. No pas confondre le litre de comte d'Arcos avec celui de comte de Los Arcos, créé en 1617, par Philippe III, en faveur de D. Pedro Laso de la Vega (A. Hamos, iùid., § l'i6, et Lopez de Haro, NQÙiliario genealôgico, livre III, p. 118).
\20 II. LE LAZAIULLK DE TOHMES.
comte d'Arcos, dans un livre du xvi® siècle, ne saurait se rapporter qu'au titulaire antérieur, aussi nommé Rodrigo Ponce de Léon, et n'aurait d'à-propos que si ce personnage avait joui d'une extraordinaire réputation de faste et d'opulence, dont le souvenir lui aurait longtemps survécu en Espagne, ce qui n'est pas le cas. A notre connaissance du moins, ce dernier Ponce de Léon, troisième comte d'Arcos, mort en 1492, n'est célèbre que par ses prouesses au cours de la guerre de Grenade.
Il semble bien plus simple et plus vraisemblable de croire à une altération du texte, et voici précisément que la plaquette d'Alcala, négligée jusqu'ici, va nous permettre de la réparer. Cette édition nous offre, dans le passage dont nous nous occupons, une leçon fautive aussi, qui,, toutefois, nous met sur la voie de la bonne : coude Alarcos au lieu de conde de Aixos.
Qui ne connaît, pour l'avoir lue dans la belle romance Reti^aida esté la infanta^^ la tragique histoire du comte Alarcos, qui tue sa femme sur l'injonction d'une infante délaiss(M' et jalouse ? Mais ce n'est pas encore, bien certainement, de ce comte-là qu'il s'agit ici.