‹ Études sur l'Espagne (volume 3)Chapitre 59 sur 206 · ÉDITIONS FLAMANDES · texte numérisé non relu

ÉDITIONS FLAMANDES

année. Le fait est que Nuyts n'a pas tenu compte des additions du texte d'Alcalà et qu'aucun des passages ajoutés dans celui-ci ne se retrouve dans le petit volume anversois. Comme le montre une note insérée au verso du fol. 3, Nuyts avait obtenu pour son livret un privilège interdisant pendant cinq ans « à tous (( autres imprimeurs d'imprimer le même « livre sous graves peines. » Cette menace n'empêcha pas, l'année d'après, 1555, un autre libraire anversois, Guillaume Simon (à l'enseigne de TUnicorne d'or), de réimprimer Lazarille à la barbe de son confrère des deux Cigognes*. A vrai dire, la contrefaçon a pu être furtive, et ce qui l'indiquerait est l'absence de ces mots : C on 'privile g io impérial, qui décorent l'édition de Nuyts. Mais Guillaume Simon ne s'en tint pas là.

En cette année 1555, l'auteur du premier Lazarille, ou un autre espagnol quelconque — nous demeurons toujours dans l'incertitude et le mystère — se mit en devoir de composer une suite aux aventures du fils de Tome Gonzalez et d'Antona Ferez. La segunda parte de

1. L'enseigne de Nu)ls se compose de deux cigognes qui se disputent un ver et de la légende : Pietas homini tutissima virtus.

I'2i II. LE LAZARILLE DE TORMES.

Lazarillo de Tonnes, y de sus fortunas y adversidades [Anvers y 1555) se soude exactement :i la première, si exactement qu'elle débute par une phrase, qui est la reproduction littérale de la dernière du récit primitif. « Pues en este « tiempo estaya en mi prosperidad y en la (( cumbre de toda buena fortuna, w dit Lazarille, en prenant congé du lecteur, auquel il vient de narrer son mariage et son ménage à trois avec M. l'archiprelre de San Salvador, et la seconde partie reprend par les mêmes mots : «. En este tiempo estava en mi prosperidad y « en la cumbre de toda buena fortuna » pour continuer parles aventures de Lazarille à Tolède, l'expédition d'Alger, etc.

Qui a le premier imprimé cette seconde partie, dont on ne trouve nulle trace avant l'année 1555 ni ailleurs qu'à Anvers PNuyts ou Simon, car tous deux s'en sont mêlés*? Certains exemplaires de la se gunda parte deNuyts contiennent un j)rivilège de quatre ans^, d'autres.un privilège de cinq ans'*, et les uns et

1. \^' Essai sur l imprimerie des Nutiiis, par G. J. N. [Charlcs-Joscpli Nuyts], sccorule édition, Bruxelles, 1858, in-8", n'apporte nialheureasement aucune lumière sur le point en lilifre.

2. Celui de la Bibl. Grenvilliana (Musée Britannique) et celui de la Nacional de Madrid.

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