Etat présent de l'Espagne, t. III, p. 282 et
2. A. Heiss, Descripcion gênerai de las monedas hispano-cristianas, Madrid, 1865, t. I, pi. 42.
228 III. l'histoire dans ruy blas.
tant elle semble instructive et de très saine doctrine :
u Pour en finir avec les observations minutieuses, notons encore en passant que Ruy Blas, au théâtre, dit (IIP acte) : Monsieur de Prieo^o, comme sujet du roi, etc., et que dans le livre il dit : comme noble du roi. Le livre donne l'expression juste. En Espagne, il y avait deux espèces de nobles, les nobles du royaume, c'est-à-dire tous les gentilshommes, et les nobles du roi, c'est-à-dire les grands d'Espagne. Or, M. de Priego est grand d'Espagne, et, par conséquent, noble du roi. Mais l'expression aurait pu paraître obscure à quelques spectateurs peu lettrés ; et, comme au théâtre deux ou trois personnes qui ne comprennent pas se croient parfois le droit de troubler deux mille personnes qui comprennent, l'auteur a fait dire à Ruy Blas sujet du roi pour noble du roi, comme il avait déjà fait dire à Angelo Malipieri la croix rouge au lieu de la croix de cfueules. Il en offre ici toutes ses excuses aux spectateurs intelligents. »
Au risque de mériter les épithètes les moins flatteuses, de passer pour inintelligent et peu lettré, nous devons déclarer que « sujet du roi », pour banale que soit l'expression, nous satisfait beaucoup mieux que « noble du roi », qui ne s'entend pas. Jamais rien de semblable ne s'est dit en Espagne, et jamais la distinction établie ici par Hugo entre nobles du royaume et nobles du roi n'a eu cours en ce pays. Cette belle théorie, énoncée en