MORT DU MARQUIS DEL VISO
mille amusements pour la distraire beaucoup, beaucoup, et empêcher qu'elle' ne tourne à la mélancolie. Je regrette infiniment qu'elle dorme peu ; ce qui d'ailleurs n'a rien d'étonnant, car, lorsqu'on pleure beaucoup, la tête s'échauffe et le sommeil fuit. Pense quel tourment c'est pour moi de contempler dans mon imagination, indolente il est vrai, mais fort peu gaie, la tristesse de la petite et la douleur de sa mère qui dissimule et se maîtrise pour ne p£^s l'attrister davantage. J'en ai le cœur très pénétré, me sentant si loin, à trois cents lieues de distance, et d'autant plus qu'en sus de mon procès d'alcabalas, qui doit être jugé le 25 de ce mois, je vais avoir maintenant à régler avec Santa Gruz le testament du défunt et le veuvage de la petite, prendre les mesures nécessaires pour que sa situation soit assurée, recueillir tout ce qu'elle a apporté, sans parler de mille autres affaires ennuyeuses qui ne manquent jamais de divers côtés, grâce aux tracasseries des vassaux, surtout dans les circonstances actuelles ; tout cela dans ma solitude et sans autre société que la pauvre duchesse de Béjar *, qui, malgré le mauvais temps et sa fluxion aux yeux, vient dîner souvent et souper quelquefois avec moi *. »
Nous ne savons pas exactement quand le duc vint rejoindre sa famille en France ; peut-être dès Tannée suivante, en 1780, peut-être seulement plus tard. Sans doute il se trouva à Paris, au printemps de 1783, pour assister au mariage de sa fille, la veuve du marquis del Viso , avec Frédéric-Auguste- Alexandre duc de Beaufort Spontin, mariage qui eut lieu le 5 mai, en l'église de Saint-Sulpice, et où,