LE COMTE DON CARLOS
de jeunesse et ses débuts dans la carrière militaire. Laissons-lui la parole :
« Je demeurai orphelin de père et de mère à Tâge de huit ans, en 1750i. Ma mère avait disposé dans son testament qu'on me conduirait à Paris, au collège Louis le Grand, où elle désirait que je fusse élevé sous la tutelle de mon oncle et de son frère, le duc de Rohan Chabot. Mais le roi Ferdinand VI s'opposa à l'exécution de cette volonté, et, nous prenant ma sœur et moi sous sa protection, confia le soin de nos personnes au duc de Béjar, mari de la princesse Léopoldine de Lorraine, notre tante maternelle, et donna là tutelle de mes biens à D. Francisco Cepeda du Conseil Royal. Pour permettre à ce conseiller de procéder à leur dégrèvement, il fit entrer ma sœur au couvent royal de la Visitation, à Madrid, et moi au séminaire royal des nobles, moyennant une pension de huit cents ducats pour moi, de quatre cents pour ma sœur, sommes que les supérieurs de ces établissements jugèrent suffisantes et que le roi paya sur sa cassette. Ainsi élevé aux frais de Sa Majesté Ferdinand VI, le 18 avril 1758 je fus nommé enseigne aux Gardes Royales Espagnoles, où j'étais entré comme cadet le 18 mars 1752. Mon premier service d'enseigne fut de monter la garde à Aranjuez, avec ma compagnie, qui était celle du marquis de Rosalmonte, et là j'eus la douleur de voir mourir, le 28 août * , la reine Barbe, épouse du Roi, qui, accablé de douleur, se retira au château de Villaviciosa, où il finit ses jours, après onze mois d'une cruelle maladie, le 10 août 1759.
Privé des deux souverains qui m'avaient tenu lieu de parents, il ne me resta que le regret de n'avoir pu, par mes services, leur prouver ma reconnaissance. Mais leur