JOURNÉE DES CAPES
Roi^\ — comment, en 1763, il le gratifia d'une des meilleures commanderies de Tordre d'AIcântara, celle de los Diezmos del Septeno ; comment enfin. Tannée d'après, il daigna lui accorder la clef de gentilhomme de sa chambre, avec exercice, accompagnant cette insigne marque de faveur d'un présent bibliographique, les Antiquités d'Herculanurriy publiées sous les auspices de l'ancien roi de Naples : cadeau précieux, mais austère, et qui sans doute ne répondait pas parfaitement aux goûts un peu frivoles alors du jeune colonel. Deux ans plus tard, au printemps de 1766, Fernan Nunez eut, pour la première fois, l'occasion de témoigner la reconnaissance qu'il élevait à son bienfaiteur en se tenant à ses côtés et en protégeant sa personne insultée par la populace de Madrid dans la fameuse journée dite des capes ou aussi d'Esquilache(Squillace), du nom du ministre italien, victime expiatoire de cette émeute. Charles III, qui fit assez piètre figure en cette occurrence et mit beaucoup de temps à se réconcilier avec son peuple dont les brutales familiarités avaient froissé au plus haut point sa majesté royale, n'oublia jamais ceux qui, alors, par leur énergie et leur ferme contenance, réussirent à lui épargner quelques affronts. Comme
1. Parce que, lors du classement des régiments par ordre d'ancienneté, on admit qu'il avait été créé à une époque immémoriale ^ ce qui lui donnait le pas sur les autres. Ce changement de nom eut lieu en 1766 {Gazeta du 28 janvier de cette année) et non pas en janvier 1776, comme l'indique le comte de Clouard, Historia orgdnica de las armas de infanteria y caballeria espaholas, t. Y, p. 287.
GRANDS D ESPAGNE
«8, Fernan Nuâez bénéficia de sa conduite ilaire pendant le molin; le Roi lui en tint te vraisemblablement lorsqu'il le promut bientôt ade de brigadier. Cette promotion eut lieu au de juillet 1767, et voici dans quelles circons-
1 1767, mon régiment étant en garnison a Madrid, jesté assista à une des manœuvres qu'il fit sur les irs contsguës à l'ermitage del Angel. La manœuvre lée, je me rendis au Palais pour faire ma cour au . entrai dans ses appartements au moment même où t sa casaque et se disposait à se retirer pour dormir le. II n'y avait là que trois ou quatre gentilhommes !s du Palais dont aucun n'était militaire. Le Roi se ) de mon côté et se mit à louer les manœuvres, en ulier mon régiment. Je lui en témoignai ma progralitude. Un instant après, il dit: « Messieurs, s présente un nouveau brigadier. » J'étais si fatigué ,rait que je ne prêtai aucune attention k ces paroles. le Roi, me prenant à partie, me dît; « Où donc es-tu? ais-je faire brigadier, sinon toi î » Non seulement nais le duc de Santistéban et toutes les personnes ites lui baisèrent la main pour la faveur elle-même tour gracieux et flatteur qu'il avait su donner à ession de sa volonté ' ».
us touchons k l'année 1768, année où come entre Fernan Nunez et le prince de Salm cette apondance suivie qui deviendra désormais notre iûr guide. Quittons donc un moment le colonel lorw/ pour dire qui était ce prince étranger,
lompendio hislôrico, t