PROJETS DE VOYAGES
Du voyage en Angleterre de Fernan Nunez, nous n'apprenons rien par sa correspondance qui ne reprend qu'à son retour à Paris, au printemps de 1775 ; c'est à Salm, non plus à sa sœur, qu'il communique ses impressions et fait ses conBdences. A son grand regret, il vient d'apprendre que Salm, en ce inoment en Italie, ne le rejoindra pas à Paris. <( Non, mon ami, ce tour-là, je ne te le pardonne « pas, et si tu veux t'éloigner de moi et passer en (( Espagne, je m'en irai en Russie. Oui, ou très loin, « ou très près : je n'aime pas la médiocrité. Il y a « quelques jours que j'ai achevé la lecture de ton « petit recueil de lettres sur ce dernier pays qui a « tellement chauflFé ma cheminée et exalté ma cu- « riosité que mon cerveau est perpétuellement tra- « versé par toutes sortes de projets* ».
Fernan Nunez se propose, en eflFet, de passer de Rennes, où l'appellent les Rohan, en Hollande, de là à Hambourg et en Russie, et de revenir à Paris à la fin de décembre. Il ne lui resterait plus que la Suisse à visiter, et cela il pourrait le faire au printemps de 1776, car, quand bien même il dépasserait de deux ou trois mois le terme de son congé, comme il compte n'avoir plus alors de régiment à commander, peu lui importe. La fin de sa lettre est triste. De mauvaises nouvelles lui sont parvenues de Madrid : un enfant des ducs de l'Infantado — peut-être Don José qui mourut en bas âge — est gravement malade. Ce fâcheux incident joint à d'autres motifs plus in-