‹ Etudes sur l'Espagne (volume 5)Chapitre 96 sur 212 · Memorias, t. I, p · texte numérisé non relu

Memorias, t. I, p

îFAUTS d'aranda 165

hésiter amis et ennemis, ces derniers atténuant, il est vrai, l'éloge en faisant observer que son instruction vaste, mais mal ordonnée, restait le plus souvent stérile'; que son activité fébrile se dépensait généralement, faute d'objets sérieux, en puérilités, et enfin que sa ténacité le rendait intraitable, souvent odieux. En France, 0(1 l'aptitude au travail et la diligence ne sont pas des qualités bien rares, on Ait moins sensible a cette activité soutenue qui émerveillait si fort les compatriotes d'Aranda ; on en nota seulement l'exagération inutile, comme, par exemple, cette habitude d'avoir toujours un carrosse attelé dans sa cour pour ne pas perdre une minute. D'autre part, son entêtement et sa fierté d'Aragonais toujours monté sur ses ergots et qui jamais ne lâchait prise, quelque bonnes raisons qu'on eût à lui donner, ses protestations et ses lourdes réclamations pour des griefs le plus souvent imaginaires, tout cela fut jugé de fort mauvais ton à Paris, ne tarda pas beaucoup à indisposer les esprits contre ce ministre et fit rire à ses dépens. Un esemple, entre mille, de sa gauche insistance dans les plus petites choses, de sa susceptibilité maladive et un peu sotte est fourni par sa correspondance presque journalière avec le comte de Vergenncs. Il s'agissait d'une première loge au théâtre de la Cour que le prince de Poix, pour assurer le service de Madame, de la comtesse d'Artois et des princesses

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