‹ Études sur l'Exposition de 1878 (volume 2)Chapitre 34 sur 65 · MÉTALLOÏDES ET MÉTAUX · texte numérisé non relu

MÉTALLOÏDES ET MÉTAUX

Iode. — Ne nous arrêtons pas à admirer les beaux cristaux d’iode métallique exposés par toutes les usines qui exploitent les sels de Varechs, sur les côtes de Normandie et de Bretagne ; ni les Iodures aux couleurs variées qui n’offrent rien de nouveau dans la science.

Bismuth. — On avait pas encore vu d’aussi brillants, d’aussi volumineux échantillons de Bismuth cristallisé, que ceux exposés par plusieurs fabricants de produits chimiques. Pour que le Bismuth offre ce degré d’irisation, ii faut qu’il soit d’une pureté absolue et exempt des métaux étrangers qui l’accompagnent ordinairement (arsenic, antimoine, fer, cuivre, plomb, etc. et qui empêchent la cristallisation si nette, et si éclatante de ce singulier métal.

Les reflets des cristaux participent du rouge du vert et de l'orange.

Le Bismuth très usité dans les arts pour la préparation des alliages fusibles, est consommé en grande quantité par la pharmacie qui le transforme en azotate basique, sous-nitrate de Bismuth , si utile aux médecins pour combattre une foule de maladies. 11 importe au plus haut point que le métal destiné à être transformé en médicaments soit très-pur, qu’il ne contienne ni arsénié, ni plomb, en un mot aucune substance reconnue vénéneuse à faible dose.

La cristallisation régulière et les reflets irisés de ses trémies sont le cachet de sa pureté et de son innocuité.

Les pharmaciens ne doivent acheter que .des produits purs, afin de sauvegarder la santé publique ; si cela est parfois difficile, tel n’est pas le cas du Bismuth que l’on peut purifier et faire cristalliser sans grandes difficultés.

Silicium. — Le Bismuth est un corps simple qu’on trouve souvent isolé, h l’état natif, dans certaines mines ; il n’en est pas de même du Silicium. Quoique cet élément chimique soit un des plus communs il n’existe, jamais dans la nature à l’état de liberté; on le trouve uni toujours à l’oxygène et à d’autres corps.

Ce sont les combinaisons du silicium qui forment la masse des roches primitives et volcaniques constituant une partie importante de la croûte solide du globe terrestre, une foule de pierres vulgaires utilisées dans les constructions et de pierres précieuses dans la joaillerie, sont des silicates simples et multiples.

Ce métal négatif ou métalloïde si répandu dans la nature a été longtemps inconnu, sa grande affinité pour l’oxygène rendait son extraction difficile, et jusqu’à présent ses usages sont à peu près nuis. L’avenir lui réserve peut-être les plus utiles applications.

Pendant longtemps on avait obtenu le silicium qu’à l’état amorphe ou graphitoïde, mais les recherches de Sénarmont et surtout celles de MM. H. Deville et Caron ont permis de préparer assez facilement le silicium bien cristallisé.

Le procédé le plus commode consiste à chauffer au rouge dans un creuset de terre un mélange de fluosilicate de potassium bien sec (15 parties) de sodium coupé en morceaux (4 parties) et de zinc pur grenaillé (20 parties). Il se forme du fluorure de sodium et un alliage de silicium et de zinc. La masse refroidie est traitée par l’acide chlorhydrique qui dissout le zinc et non le silicium, restant sous forme de cristaux aiguillés brillants, d’un gris d’acier d’un vif éclat et qui sont formés par des petits octaèdres réunis en chapelets.

Qn peut encore chauffer fortement le mélange de silicium et zinc de manière à chasser le zinc par la distillation ; le silicium reste fondu et on peut alors le couler comme de la fonte, en barreaux métalliques très-brillants.

Le silicium a la plus grande analogie avec le carbone pur, ou diamants, sa densité (2, 49) et sa dureté l’en rapprochent; il cristallise dans les mêmesformes et comme le diamant il peut couper le verre. Il est presque inattaquable par les principaux réactifs chimiques ; c’est à peine s’il s’oxyde à la surface lorsqu’on le chauffe dans un courant d’oxygène. Pour le dissoudre il faut employer un mélange d’acide fluorhydrique et d’acide azotique.

Le carbone pur ou diamant est la pierre précieuse par excellence ; c’est le type de la richesse et de l’éclat ; le silicium, sinon par lui-même, car il ne peut comme éclat, rivaliser qu’avec l’acier ou l’antimoine, du moins dans ses combi-

naisons devient le rival du diamant, qu’il imite sans pouvoir jamais l’égaler.

C’est l’acide silicique et ce sont les silicates qui constituent ces bijoux naturels ou artificiels, dont l’un, le Strass ou faux diamant est si connu, et est devenu l’objet d’un si grand commerce.

Le quartz ou cristal de roche est de l’acide silicique pur ; c’est encore l'acide du silicium qui forme essentiellement les silex, les meulières, les sables.

Le cristal de roche coloré constitue les Améthystes, les Agates, les cor- .nalines.

L’oxyde de silicium hydraté se trouve dans les Opales, l’hydrophane, etc.

C’est parmi les silicates qu’on rencontre le plus grand nombre de pierres de bijouterie : l'hyacinthe , la topaze , l' émeraude , les grenats, l'aigue-marine , Poutre-mer , etc.

Les verres et les porcelaines sont des silicates.

Ces courtes considérations suffisent pour montrer l’intérêt que peut offrir la vue de ces beaux cristaux de silicium, ce métalloïde aussi brillant que le plus vif métal, et auquel est réservé, nous le pensons, un avenir d’applications trèsimportantes, lorsque son prix d’extraction aura baissé.

Passons rapidement devant les métaux usuels en fils, en feuilles, en lames et différemment ouvrés; l'aluminium , le zinc, le plomb, l'antimoine , \ argent , l'or, le platine.

Nous ne pouvons manquer d’admirer les cristallisations aux couleurs éclatantes de quelques combinaisons platiniques.

L'acide Platino-cyanhydrique est remarquable par son polychroïsme ; il cristallise en prismes hydratés d’une couleur bleuâtre foncée, si la cristallisation s’est faite lentement. Si au contraire il a cristallisé brusquement, les cristaux sont d’un jaune verdâtre avec un éclat tantôt cuivré, tantôt doré.

Mais on peut l’obtenir, comme l’attestent les échantillons exposés, en longs cristaux, prismatiques d’une couleur de vermillon, irisés sur les faces.

Le Platino cyanure de Magnésium se présente en cristaux groupés en rosaces et sont rouges par transparence, tandis que par réflexion les faces des prismes à base carrée, ont une couleur verte très-brillante, avec des extrémités de teinte bleue ou pourpre.

Plusieurs Platino cyanures cristallisent ainsi avec des reflets irisés plus ou moins éclatants, tels sont le Platino cyanure de Cérium en prismes jaunes très-pliosphorents, à surface bleue et arêtes vertes.

Le Platino cyanure d'Ittrium en cristaux aussi beaux que ceux du Magnésium.

Le Platino cyanure de Vickel ammonium en belles aiguilles violettes, etc.

Parmi les produits de métaux n’oublions pas les barres de Platine iridié qui “servent à la construction des étalons du mètre international.

Education et enseignement. Matériel et procédés des arts libéraux.

Enseignement primaire. — L’instruction primaire en Norwége est gratuite et obligatoire. Les écoles publiques sont entrenues aux frais des communes et placées sous la direction de commissions locales présidées par les ministres de la paroisse. L’État exerce une surveillance sur les écoles publiques et leur donne des subventions.

La liberté de l’enseignement n’est soumise à aucune restriction. Toute personne peut ouvrir une école sans avoir à demander une permission ou subir un examen.

Le programme de l’enseignement primaire comprend la lecture, la religion, l’histoire de la Bible, des notions de géographie, des éléments de sciences naturelles, d’histoire, l’écriture, le calcul, le chant, la gymnastique et les exercices militaires.

L’instruction primaire est donnée par 3,932 instituteurs ou institutrices. Le nombre des élèves est de 271,000 sur une population de 1,811,237 âmes. Les dépenses totales pour l’enseignement s’élevaient, en 1875, au chiffre de 4 millions de francs.

Enseignement secondaire. — L’enseignement secondaire comprend les écoles du soir ou écoles primaires supérieures au nombre de 728, les écoles secondaires pour les études classiques, les écoles supérieures et les écoles spéciales ou techniques ; écoles de dessin, de peinture, de commerce, etc.

Toutes ces écoles sont à la charge de l’État ou des communes; les élèves sont presque tous externes.

. Enseignement supérieur. — L’université de Christiania est le principal établissement d’enseignement supérieur: elle compte 46 professeurs, 10 adjoints et 831 étudiants. Son budget est de 560,000 francs. L’instruction est gratuite. A l’université sont annexés un observatoire magnétique, un institut météorolo^ gique, un jardin botanique, des laboratoires de chimie, de métallurgie et de physique.

Il faut signaler encore le musée d’histoire naturelle et d’archéologie de Bergen, les académies des sciences de Trondhjem et de Christiania, l’institut topographique et géodésique et l’institut de géologie.

Parmi les missions scientifiques, la plus importante est l’expédition dans les mers du Nord commencée en 1876 et qui n’est pas encore terminée.

Imprimerie et librairie. — Il y a en Norwége 89 imprimeries, 15 établissements lithographiques, 115 librairies. Le nombre des livres édités chaque année est dë 210, celui des revues ou publications périodiques de 180 et celui des journaux quotidiens de 75.

' La valeur des livres et cartes géographiques importés s’élève au chiffre de f, 320, 000 francs.

Papeterie , reliure , etc. — L’industrie du papier en 1878, occupait 450 ou-»

vriers, répartis entre 7 fabriques. La Norwége exporte pour 200,000 francs de papier contre une importation représentant une valeur de 1,700,000 francs.

La préparation de la pulpe de bois pour la fabrication du papier fournit à l’exportation 8,540 tonnes, d’une valeur totale de 950,000 francs.

Photographie. — En 1870 il y axait 84 établissements de photographie.

Mobilier et accessoires.

L’ébénisterie est considérée, en Norwége, comme un art. Elle est enseignée à titre facultatif, dans certaines écoles d’enseignement supérieur.

La fabrication des meubles à bon marché occupait en 1876, 3,000 ouvriers, répartis en 700 ateliers. Dans les grandes villes se font les meubles de luxe.

L’exportation, pour 1876, a été de 30,000 francs, contre une importation de 450,000 francs.

Il n’y a pour les teintures que deux fabriques, dont les produits s’exportent en Suède et en Finlande.

En 1875 il y avait 11 fabriques de verres, qui produisent principalement des bouteilles et des verres à vitres. La plus importante est celle de Hadeland.

L’exportation, pour 1876, a atteint 600,000 francs, et l’importation 2 millions de francs.

Il n’y a en Norwége qu’une seule maison pour la fabrication des faïences fines, celle d’Egersund : aussi l’importation est-elle de 950,000 francs contre une exportation de 26,000 francs.

2,800 ouvriers, en 1875, étaient employés pour faire des briques et des tuiles.

Une seule fabrique de toile cirée existe en Norwége; elle a été fondée en 1855 à Bergen. L’importation, pour ce seul article, représente une somme de

Les paysans norwégiens fabriquent des articles de coutellerie commune. La ooutellerie fine fait l’objet d’un commerce d’importation qui se chiffrait, en 1876, par une valeur de 700,000 francs.

Le travail des objets en argent se fait principalement dans les campagnes. Dans les villes, on compte 125 ateliers occupant un millier d’ouvriers. Les ouvrages en filigrane ont une certaine réputation.

Horticulture.

Le goût des fleurs est très-répandu. Dans les villes, les fenêtres des plus pauvres habitations sont ornées de roses, de fuchsias, de fougères, etc.

La culture potagère est peu importante; elle se pratique dans les environs des villes. On trouve à peu près les mêmes fruits que dans les contrées du centre de l’Europe : poires, cerises, pommes, etc. Les seuls fruits particuliers à la Norwége sont le Ribesy le Rubus Chamœmorus , le Multebaert et le Vaccinium myrtillus viti , qui pousse à l’état sauvage.

La Norwége est en partie couverte de forêts. On estime l’étendue des bois a 64,000 kilomètres carrés. La moitié appartient à l’État, l'autre à des particuliers, qui peuvent les exploiter comme ils l’entendent. Les essences les plus ordinaires sont le pin, le sapin et le bouleau.

Samedi 24 août.

Revue de la semaine. — Variétés, Mélanges Renseignements pour les exposants. — Annonces. — Réclames

et avis divers

Matières contenues dans le 13me fascicule.

Chronique : Visite vinicole. Le pavillon du Ministère des travaux publics, la Norwège, la grande loterie nationale. Visite en Espagne, pages 181 à 197 du 9e volume. — L'hygiène , par le Dr Nicolas (suite et fin ), pages 97 à 128 du yiii° volume.

— Les instruments de musique , par M. Hervé, pages 29 à 44 du vne volume.

— L’art naval , par MM. de Berthieu et Galtigny, pages 97 à 120 du vc volume.

— Aérostation , par M. Miret, pages 121 à 144 du v° volume.

Visite vinicole à l’Exposition.

La galerie des vins est très-intéressante. Toutes sortes de boissons y sont exposées.

En France, la culture de la vigne s’étend sur 2,600,000 hectares environ, dont la production moyenne, depuis dix ans, est de 66,388,000 hectolitres, soit 21 hectolitres et demi par hectare. La plus haute récolte a été celle de 1876 : elle atteignit 83,632,000 hectolitres.

Parmi nos vins les plus estimés, sont les crus du Bordelais, de la Champagne, et de la Bourgogne.

Le Bordelais, c’est-à-dire le département de la Gironde, a une production annuelle moyenne de 3,400,000 hectolitres. 11 fournit des vins blancs et rouges, dont les plus renommés sont le château-laffitte, le château-margaux, le cliateaulatour, le château-haut-brion et le château-yquem.

Dans la galerie, nous remarquons surtout les belles vitrines de M. Azevedo, du Château-des-tours-de-montagne, à Saint-Emilion, de M. Bernet, à Margaux, de M. Cordova, qui a exposé de magnifiques crûs Laffite. Dans la vitrine de la Chambre de commerce de Bordeaux, le baron de Rothschild a installé quelques bouteilles de deuxièmes crûs.

La Bourgogne produit une moyenne annuelle de 3,874,000 hectolitres de vins de toute qualité. Qui ne connaît les côtes de Nuits et de Beaune? Qui n’a pas entendu parler du chambertin, du clos-vougeot, du romanée-conti, du corton, du pomard, du meursault. A côté de la Bourgogne, on récolte dans le Beaujolais et le Maçonnais, les vins de Thorins, de Fleurie, de Morgon, de Mercurey, de Pouilly, et dans la basse Bourgogne, le fameux chablis.

L’exposition de la Chambre de commerce de Dijon mérite une mention spéciale. Elle étale une brillante collection de vins blancs et rouges, où nous avons reconnu avec plaisir les cachets de M. Lairotte, de M. Montoy, de MM. Morot et Michelot, etc.

Parmi les vitrines particulières, signalons celles de M. Gliauvot-Labaume, pour les vins blancs, de M. Darviot pour ses vins de Pomard, de madartie Marey-Monge dont les vins de Nuits et de Beaune voyagent dans toutes les parties du monde, etc...

Dans la Champagne, il n’y a que le département de la Marne qui produise le nectar qui a rendu célèbre le nom d’une de nos provinces. La production moyenne de la Marne est de 443.000 hectolitres. Chose étonnante, ces vins proviennent en général de cépages noirs, et ne doivent leurs qualités qu’à la manipulation. Aussi ne doit-on pas, en achetant du champagne, demander tel ou tel crû, mais bien telle marque.

L’exportation des champagnes augmente tous les jours. Du lor avril 1857 au Ier avril 1867, elle avait été de 86,281,232 bouteilles : du 1er avril 1867 au 1CP avril 1877, elle a atteint 147,022,182 bouteilles.

Les plus fameux champagne sont ceux de M. Rœderer.

On cite encore la maison Moreau -Lefèvre, et la veuve Cliquot de Reims.

Eu résumé, il y a 2,600,000 producteurs de vins en France, et 300,000 marchands ou débitants. L’impôt sur les boissons figure au budget pour 400 millions : la ville de Paris en retire 65 millions.

Les vins étrangers importés en France se sont élevés à 676,401 hectolitres en 1876. En revanche, la France exporte une moyenne de 3,245,000 hectolitres.

Le phylloxéra a jusqu’ici détruit 280,000 hectares de vigne.

Nous sommes heureux d’informer nos lecteurs qu’un de nos collaborateurs M. Rohart, chimiste distingué, a été autorisé à faire une conférence, au Palais du Trocadéro, où il a indiqué et développé les moyens par lesquels il est certain d’arriver à la destruction du meurtrier de la vigne (1).

Visite des instituteurs (2).

Les instituteurs appelés à Paris pour visiter l’Exposition universelle sont divisés en deux séries de six cents chacune. Les instituteurs de la première série sont arrivés à Paris jeudi soir.

Vendredi matin, à huit heures et demie, a eu lieu la première des conférences qui doivent leur être faites à la Sorbonne; cette conférence a été faite par M. Levasseur, membre de l’Institut, sur la géographie.

Les conférences seront au nombre de quatre pour chaque série, elles auront toutes lieu à la Sorbonne et auront pour objet les questions pédagogiques, l’histoire, etc.

En l’absence de M. Bardoux, ministre de l’instruction publique, M. Casimir-Périer, sous-secrétaire d'État, a assisté à l’inauguration de ces conférences ; il a adressé quelques paroles aux instituteurs.

La première série des instituteurs arrivée le 15 partira le 22 août. La seconde série arrivera le 25 pour partir le 1er septembre au soir.

Les instituteurs feront chaque jour des visites à l’Exposition ; les chefs de groupe la leur feront visiter utilement.

Pendant le séjour des instituteurs il y aura des représentations du répertoire classique au Théâtre-Français.

Lorsque les instituteurs seront de retour chez eux, ils devront adresser un rapport sur leur séjour à Paris à l’inspecteur d’ Académie, qui le transmettra au ministre.

(1) Annales du Génie civil , mois d’août 1878.

(2) Voir page 91.

Pavillon du Ministère des travaux publics

Un bâtiment spécial a été affecté à l’exposition du Ministère des travaux publics. Cette installation est bien préférable à celle des grandes nefs où les modèles passent souvent inaperçus et sont presque toujours écrasés par les proportions de l’édifice.

Le projet et la cïécoration artistique de cette construction, le groupement des modèles, l’arrangement des cartes et des dessins sont l’œuvre propre de M. de Dartein, ingénieur des ponts et chaussées, qui lui-même a été utilement secondé dans cette tâche difficile et laborieuse, par M. Boulard, chef du bureau des dessinateurs à l’École des Ponts et chaussées et par M. le conducteur de Vesly.

Ne pouvant citer les travaux de toute nature exposés et consignés dans la série des modèles, cartes, dessins, plans et coupes, nous nous contenterons d’indiquer sommairement les principaux d’entre eux.

Nous remarquons une très-belle collection de types des matériaux de constructions que la France fournit avec tant de variété, tels que pierres à bâtir, marbres, chaux, ciments, plâtres, briques, tuiles, ardoises, pavés, etc.

Une partie de la collection, placée au dehors, le long du pavillon du Ministère des travaux publics, comprend :

Un obélisque monolithe en granit de la Manche;

27 gros blocs de pierres de taille extraits des principales carrières qui exportent à l’étranger.

Le reste de la collection, réuni dans deux salles, à droite et à gauche du vestibule, se compose de :

800 échantillons de pierres de taille et de marbres, sous forme de petits blocs, ayant, les uns, 0ra,24 de long et 0m, 1 6 de haut, les autres des dimensions moitié moindres ;

98 plaques de marbres français, tous différents, ayant 0m,o0 de largeur, sur 0m,36, 0m,90 et lm,10 de hauteur;

141 bocaux renfermant des échantillons de chaux, de ciments et de plâtres;

Des échantillons de pavés, d’ardoises et de briques, représentant 47 exploitations.

Les échantillons qui composent cette collection ont été réunis, pour la majeure partie, par les soins de MM. Michelot et Léon Durand-Glaye, ingénieurs en chef et par M. le conducteur Brun.

Cette collection offre à la fois une utilité technique et un intérêt commercial. Elle pourra concourir, en effet, à développer les débouchés que ces matériaux trouvent déjà dans nos ports de mer et sur quelques-unes de nos frontières.

Citons une série d’albums photographiques contenant les vues d’un grand nombre d’ouvrages exécutés sur les diverses voies de communication de la France; on a classé ces vues par région et par département, au lieu de les grouper exclusivement par nature d’ouvrages.

Le Ministère des travaux publics est redevable de cettte collection à M. Magny de Coutances et à M. Duclos.

Pour faciliter l’intelligence des ouvrages exposés, le Ministère des travaux

publics a ajouté aux modèles, cartes et dessins, une réunion de notices donnant des détails précis sur l'e caractère et l’importance de chaque objet.

Les ouvrages exposés sont divisés en 7 sections, savoir :

lrc section.

— Routes et ponts,

Service hydraulique.

Navigation intérieure.

Travaux maritimes,

Phares et balises,

Chemins de fer,

Documents généraux.

Routes et ponts.

Pont de Mantes , sur la Seine (Seine-et-Oise). Route nationale n° 13, de Paris

à Cherbourg. — Un modèle en pierre à l’échelle de 0,02 par mètre

Le pont de Mantes, commencé en 1757, détruit le 18 et 19 septembre 1870, sur l’ordre des autorités françaises, pour les besoins de la défense, a été reconstruit en 1872. La dépense totale est de 1,508,000 francs.

Pont des Andelys, sur la Seine (Eure). Route départementale n° 15. — Un mo¬

dèle d’une partie du pont à l’échelle de 0,04 pour mètre

Le pont a été construit pour le service de la route départementale n° 15, en remplacement d’un pont suspendu détruit en 1870, pendant la guerre. La dépense a atteint la somme totale de 300,334 fr. 22 cent.

La construction commencée en mai 1872, était terminée en novembre 1873 et le pont était livré à la circulation le 1er décembre suivant.

Pont de Claix, sur le Drac (Isère). Route nationale n° 75. — Un modèle à l’échelle de 0,04 pour mètre )

Les dépenses de construction ont atteint 139,563 fr. 69 cent.

Pont de Port-Boulet , sur la Loire , (Indre-et-Loire). Route départementale n° H. — Dessin d’ensemble et de détail. Les dépenses de construction ont atteint 1 ,437,514 fr. 95 cent.

Pont de Lanne , sur l'Adour (les Landes). Route nationale n° 117. — Un

dessin d’ensemble du pont à l’échelle de 0,01 pour mètre

Le pont est établi sur l’Adour pour le passage de la route nationale n° 117, de Perpignan à Bayoline. 11 remplace un ouvrage de charpente exécuté en 1812, et qui offrait 170 mètres de débouché linéaire.

Les dépenses de toute nature s’élèvent à 470,882 fr. 64 cent.

Fondation du Pont de Collongcs, sur le Rhône. Caisson à air comprimé avec écluses et cheminée à air libre.

un cadre de dessin. — La route nationale n° 206 franchit le Rhône à l’origine du défilé compris entre le mont Vuache et le mont Credo, à 800 mètres en amont du fort l’Écluse.

Le lit du fleuve, à cet endroit, est resserré et prés.ente une largeur qui varie de 30 mètres àl’étiage, à 70 mètres dans les fortes crues.

La hauteur de ces crues atteint alors 7m,90 et les eaux prenant une pente superficielle de 2 mètres par kilomètre, s’écoulent avec une vitesse de 5 mètres à la seconde.

Ces conditions particulières exigeaient qu’on évitât d’apporter un obstacle quelconque au courant et qu’on franchit le fleuve sans chercher aucun point d’appui dans son lit.

La disposition des berges permettait d’ailleurs d’établir la chaussée à plus de 25 mètres au-dessus de l’étiage, et les’carrières voisines, ouvertes dans l’oolithe corallienne, offraient des matériaux de choix.

(Catalogue du Ministère des travaux publics).

LA NORWÉGE fi)

Produits alimentaires.

La Norwége produit en froment 100,000 hectolitres pour une quantité de semences de 13,000 hectolitres; en orge, 300,000 hectolitres pour une quantité de semences de 30,000 hectolitres; en seigle, 1,500,000 hectolitres pour une quantité de semences de 200,000 hectolitres; en avoine, 3,500,000 hectolitres pour un quantité de semences de 590,000 hectolitres.

La Norwége exporte de l’avoine, mais importe les autres céréales, la production intérieure ne suffisant pas à la consommation.

Les quantités importées sont les suivantes : froment (grain et farine), 257,000 hectolitres; seigle (grain et farine), 2,140,000 hectolitres; orge (malt, grain et farine), 672,000 hectolitres.

Le froment est cultivé jusque sous la latitude de 64°30, le seigle et l’avoine sous la latitude de 69 degrés, forge sous la latitude de 70 degrés. Des échantillons de blé produit sous la latitude de 70 degrés figurent à l’Exposition de 1878. Le pain est le principal aliment. Dans quelques contrées les habitants mangent du fladbrod , sorte de galette mince comme une feuille de papier et composée de farine sans levain, cuite sur une pierre chaude. Ces galettes ont 1 mètre environ de diamètre et peuvent se conserver pendant près de six mois.

La fabrication du biscuit de mer est aussi fort importante ; ces biscuits sont achetés par les navires qui partent de Norwége,

La consommation du lait et du beurre est très-importante. Magré les ressources très-grandes du pays en bétail et en pâturages, l’importation du beurre salé est de 2,500,000 kilogrammes,. et celle du fromage de 400,000 kilogrammes.

Les fromages du pays sont des fromages maigres. On a essayé d'apprendre aux cultivateurs les procédés usités en Suisse, en Hollande, en Angleterre.

Le rendement annuel par vache varie entre 900 litres de lait comme minimum et 1 ,500 comme maximum.

Une fabrique s’est établie récemment pour condenser le lait qui est destiné aux approvisionnements des navires.

(1) Voir p. 179.

La Norwége élève beaucoup de bestiaux; néanmoins tous les ans il y a une importation de 500,000 kilogrammes de viande, principalement de lard salé venant d’Amérique et de mouton venant d’Islande.

La Norwége produit très-peu de volaille. Les paysans ont l’habitude de recueillir les œufs des oiseaux de mer, qui se trouvent en grand nombre sur toutes les côtes du pays.

Le gibier est peu abondant. On rencontre quelques gelinottes blanches du Nord; il y a dans les forêts de l’est des élans et des rennes.

Les pêcheries occupent une grande partie de la population maritime et

Fig. 8. — Rue internationale. — Pavillon de la Suède et Norvège.

donnent des produits qui sont exportés pour une valeur de 50 millions de francs.

Les espèces de poissons les plus communes sont le hareng et la morue. La pêche du hareng a lieu pendant toute l’année, celle de la morue ne se fait qu’au printemps. La plus grande partie de ces poissons est fumée, salée ou séchée pour être expédiée à l’étranger.

Parmi les produits figurant dans la classe 73, la pomme de terre seule est cultivée dans de grandes proportions la moité de la terre labourable dans le nord, le quart dans l’ouest et le huitième ailleurs sont consacrés à sa culture. La récolte est évaluée à 8 millions d'hectolitres et se consomme dans le pays.

Tous les produits appartenant i\ la classe 74 sont importés en Norwége dans les proportions suivantes :

Épiceries . 140,000 kilogrammes, d’une valeur de 250f,000

Café . 5,000,000 — — 12,200 ,000

Thé . 00,000 — — 100 ,000

Cacao . 60,000 — — 100 ,000

Sucre et sirop . . 3,000,Oüo — — 8,700 ,000

Sirop de fruits . . 70,000 — — 60 ,000

L’importation des vins en bouteilles est annuellement de 202,000 litres et représente une valeur de 600,000 francs. Pour les vins en fût, l'importation est de 1,700,000 litres, d’une valeur de 3 millions de francs.

L’eau-de-vie et la bière sont fabriquées dans le pays.

La consommation de l’eau-de-vie était :

En 1814

de. . .

6,000,000 de litres.

de. . .

soit 16 litr

de. . .

de. . .

de. . .

de. . T

de. . .

de. . .

de. . .

La fabrication et la consommation de l’eau-de-vie sont frappées de droits assez élevés, donnant à l’État un revenu d’environ 5 millions de francs, dont 730,000 francs sont payés par les villes.

En dehors de la production nationale, 1,185,000 litres sont importés, dont la valeur est de 1,185,000 francs.

La bière est la boisson ordinaire ; elle est presque entièrement fabriquée dans le pays. La consommation suit une progression ascendante, car de 1857 à 1870 elle était de 12 litres par individu, de 1871 à 1873 de 13 litres, de 1874 à 1875 de 14 litres.

Agriculture et pisciculture.

La propriété de la terre est très-divisée en Norwége; sur une étendue de 70 milles carrés norwégiens, on compte, d’après les cotes fournies par le cadastre, 150,000 propriétaires.

Voici, d’après le bureau central de la statistique, la production annuelle du pays :

Page 1