HOMMES D’ÉQUIPAGE
Dalek .
Dahal . ’ •
Desse .
Suakim (Salines). .
Zulla .
Daharat .
Rafile .
Dan gai .
Merse Umbarak . .
Arena . . . .
Marasi .
Hed .
Hebab .
Gadem .
Monnaies.
La piastre d’argent est 1’umté monétaire en Égypte et pèse lgr, 35,339. Elle vaut 0 fr. 259 et se subdivise en 40 paras.
Tarif des monnaies égyptiennes par rapport aux monnaies étrangères :
1 franc . 3 piastres .... 34 paras.
1 guinée turque . . 87 piastres .... 30 paras.
1 livre sterling ... 97 piastres .... 20 paras.
1 livre russe .... 79 piastres .... 18 paras.
Importations et exportations d'Alexandrie.
(Pendant une période de dix années, en piastres égyptiennes de 0 fr. 259.)
IMPORTATIONS
EXPORTATIONS
Pays de destination des denrées exportées d’Alexandrie et provenance des marchandises importées à Alexandrie , pendant dix aimées.
IMPORTATIONS
EXPORTATIONS
Angleterre .
France .
Autriche .
Italie .
Turquie .
Syrie .
Barbarie .
Russie .
Etats-Unis .
Espagne .
Belgique .
Allemagne .
Hollande .
Grèce . . . . .
Suède .
Alexandrie exporte les cotons, froments , maïs , dattes , fèves , lentilles , riz, pois chiches , helbé (fenugrec) , etc. , ainsi que les gommes arabiques , de la cire, de Y encens , du henné, des laines , du lin , de la nacre, mitron , opium, plume d’autruche , sénés, graines de coton et de lin, tamarins, sucres , musc et essences aromatiques diverses, os, tourteaux , dents d’éléphants , nattes , sésames , sel, cornes de buffles, boutargue, chiffons écailles, soude, etc., etc., décrites au chapitre précédent de l’agriculture.
Alexandrie importe en retour de ces denrées des amidons, du café, beurre , bougies , pommes de terre, poires, pommes, cigares, tabacs, comestibles, fruits conservés , drogueries, médicaments, parfumerie, vin, esprit-de-vin, faïence, indigo , manufacturés , meubles , machines à vapeur locomobiles , tuyaux , plomb , pétrole, savons, chaussures , cuivre, charbon de terre , fil de fer, ciments , quincaillerie , châles, soieries, broderies, toiles, vêtements divers, verreries et verroterie, huiles diverses de graines et huiles minérales , etc.
Valeur totale des marchandises exportées par chaque douane d’Égypte pendant dix années, de 1863 à 1872, en piastres égyptiennes deO fr. 2o9 :
Alexandrie . 11 ,273,1 18,848 piastres égyptiennes.
Damiette . 318,252,106
Port-Saïd . 46,712,907
El-Arich . 20,516,212 —
Suez . 123,822,268 —
Kosseir . 237,067,410
Bab-el-Nasr . 4,869,183 —
Total. ... 12,024,358,934 piastres égyptiennes.
Ce qui donne une moyenne de 1,202,435,893 piastres égyptiennes,
Ou . 311,430,896 fr. d’exportation par an,
Et . 133,127,056 fr. d’importation par an,
Soit une différence de ... . i78,303,840 fr. en faveur des exportations.
L’EGYPTE
Foires et marchés.
Au point de vue du mouvement commercial , les foires et marchés donnent lieu à des transactions importantes. Tantah, chef-lieu de la province de Garbyeh, a trois foires annuelles : la fête ou mouled de Sid-Ahmed-el-Bedawi, dont la première qui est la grande foire a lieu dans la première quinzaine d’août; la seconde, dite petite foire, a lieu dans la deuxième quinzaine d’avril ; et la troisième, dite foire du turban ou Regebi, a lieu dans la deuxième quinzaine de janvier. Chacune d’elles dure du vendredi au vendredi suivant. Le nombre de personnes qui visitent ces foires sont ordinairement du un million pour la grande foire, trois cent mille à la petite et cent cinquante mille à celle de Regebi. Le nombre de colis de marchandises de toutes sortes qui sont mis en vente à ces trois foires est de deux cent mille , d’une valeur de 4 millions et demi de francs. Le nombre de bestiaux, bœufs ou vaches , chameaux, buffles , chevaux, ânes et moutons est de soix ante-clix-mille, représentant une valeur de 15 millions de francs.
A Dessouk, la foire ou mouled de Sid-Ibrahim commence huit jours après celle de Tantah et le nombre de personnes qui la fréqnentent est de deux cent mille.
' Dans le Behera, trois foires ou mouled de Cheikh Attye Abourrich ont lieu tous les ans, huit jours après celles de Dessouk.
Dans la province de Minieh, quatre foires ont lieu par an.
Outre les foires ci-dessus énumérées, des marchés de commerce local s e tiennent :
A Benlia et à Tantah, tous les dimanches;
A'I’Atfeli, les lundis;
A Abou-Hommus et à Zagazic, les mardis;
A Kafr-Zayat, les mercredis ;
A Ivafr-Dauar, les jeudis ;
A Fouah, les samedis; à Damanour le vendredi; au Caire, à Gysé, marché général, ainsi qu’au Khan-Khalil, le lundi et jeudi; à Bab-œl-Hamid le vendredi, à Boulaq le samedi, marché aux bestiaux; à Em-Babeh, tous les jours, marché général ; à Bab-el-Louq, marché de baudets.
Asscoiation internationale africaine.
De tous les pays africains l’Égypte et l’Algérie sont les seuls pays où l’agriculture et le commerce aient pris jusqu’à ce jour un grand développement. Le sol africain est cependant riche en forêts, en mines et en produits de toute sorte ; mais il s’agit d’ouvrir cette terre inhospitalière à la civilisation et d’étudier les ressources immenses de ce nouveau pays. C’est dans ce but qu’une Association internationale de géographie africaine s’est formée sous le haut patronage de Sa Majesté le roi des Belges afin de favoriser les relations des nations civilisées, d’abord au moyen de stations hospitalières et scientifiques, afin d’arriver le plus promptement possible à la suppression de la traite des esclaves et ensuite de vùir les meilleurs moyens d’avoir des débouchés pour le commerce de ce pays. Toutes les nations d’Europe ont donné leur adhésion à cette œuvre utile. Le Comité national français de cette Association, sous la présidence de M. de Lesseps, a établi dans l’une des salles du pavillon égyptien du Trocadéro une exposition fort intéressante des divers produits de l’Afrique, avec une grande carte où sont tracés les itinéraires des divers voyageurs géographes européens, où l’on peut voir d’un coup d’œil tout ce qui reste encore à faire au point de vue géographique , géologique , zoologique et botanique dans
ce. vaste continent; et c’est l’étude de ces parties de l’Afrique que l’Association internationale africaine s’est chargée d’entreprendre, dans le but surtout d’abolir la traite des nègres dont une centaine de mille sont arrachés annuellement à la région des lacs pour être vendus au loin, et ce nombre n’est que le triste reste d’un demi-million de victimes de cet abominable commerce, qui entretient une guerre civile perpétuelle, des fatigues, marches forcées et des tortures de toute sorte, que doit subir le peuple africain en lui occasionnant une dépopulation qui s’oppose au développement de l’agriculture, du commerce et de l’industrie de ces pays.
Des trophées d’instruments aratoires, d’ustensiles divers, d’armes, d’instruments de musique, de défenses d’éléphants, de cornes de rhinocéros et de mammifères, exposés dans la salle de l’Association internationale africaine, nous montrent les richesses de ce pays et l’état, primitif et d’abaissement dans lequel sont encore les malheureux habitants du centre de l’Afrique.
Une petite carte d’Afrique montre teintées les régions exploitées par le commerce européen et qui ne forment que la dixième partie de la surface de ce vaste continent; les échantillons -des principaux produits qui sont déjà importés ou qui pourraient l’être sont exposés dans une grande vitrine ; ce sont :
Céréales pour .
55 millions de francs, Égypte et
Algérie comprises
Légumineuses .
Sucres .
Denrées coloniales, café, etc.
1 million 1/2 de francs,
Épices, muscades, poivre, vanille , etc .
6 millions 1/2 de francs,
Graines oléifères .
155 millions 1/2 de francs,
Textiles végétaux .
184 millions de francs,
Matières colorantes .
Bois d’èbèiie , santal , lié • ge,etc .
Gomme copal, caoutchouc, etc .
Tins . .
8 millions 1/2 de francs,
Laines et soies .
106 millions de francs,
Cire .
1 million 1/2 de francs,
Cuirs et peaux .
14 millions 1/2 de francs,
Produits divers (ivoire, plumes, écailles, etc .
49 millions 1/2 de francs,
850 millions de francs.
Ainsi l’importation en Europe des produits africains dont la collection d’échantillons est exposée au pavillon égyptien, est de 850 millions de francs, chiffre minimum, et l’on peut affirmer que l’exportation atteint aujourd’hui le chiffre d’un milliard, pour la dixième partie du continent africain, puisque neuf dixièmes sont encore à exploiter.
En résumé, l’industrie égyptienne, à part celle de la fabrication du sucre, qui s’est suffisamment développée dans ces dernières années, n’a aucune importance au point de vue du commerce avec l’extérieur. L’industrie de la céramique, du cuir, des textiles, etc., est une simple fabrication à bras d'homme, d’intérêt local, suffisant à peine aux besoins du pays qui importe tous ses tissus de luxe dont il fait grand usage.
Les moyens de transport par eau, par chemins de fer et les télégraphes sont très-développés dans la moyenne et basse Égypte et suffisent amplement aux transports des denrées agricoles vers les ports d’embarquement de la Méditerranée. Reste la grande ligne de la haute Égypte qui doit traverser la Nubie
L’EGYPTE
et qui est en voie d’exécution , pour mettre Khartoum en relations directes avec le Caire et la Méditerranée, et à laquelle le gouvernement égyptien apporte le plus vif intérêt.
L’administration générale du Soudan étant maintenant placée sous la direction d’un fonctionnaire européen d’une grande valeur, on s’attend à des progrès réels de ce côté. Déjà des agences des Messageries Marquet d’Alexandrie sont en voie de formation sous le haut patronage du gouverneur général du Soudan et elles auront pour résultat de procurer au commerce des moyens sûrs et pratiques pour les transports des denrées provenant des provinces équatoriales de l’Égypte , en attendant que la grande ligne du chemin de fer desserve ces intéressantes provinces du centre de l’Afrique.
Au Caire, le gouvernement fait les plus louables efforts pour organiser son administration, à l’instar de celles qui existent en Europe, pour le fonctionnement des services publics. Un bureau de statistique permanent vient d’y être organisé sous la direction de M. Amici, au ministère de l’intérieur, afin de renseigner exactement le commerce sur les transactions commerciales de l’Égypte avec les pays étrangers, etc.
Le nouveau ministère que le Khédive vient de former avec la participation de deux ministres européens , pris parmi les deux puissances d’Europe les plus directement intéressées au progrès de l’Égypte , ne pourra qu’exercer une salutaire influence sur la bonne administration du pays , auquel tout le monde doit souhaiter paix et prospérité. Pour atteindre ce but, l’Égypte n’a qu’à se livrer paisiblement au progrès et au développement de son agriculture, sa seule ressource sérieuse, en améliorant la qualité de ses produits afin de mieux soutenir la concurrence étrangère sur les marchés d’Europe , car tout le monde sait qu’il y a beaucoup à faire de ce côté , non-seulement pour le coton dont la qualité dégénère rapidement , si on n’applique pas à sa culture les saines pratiques que la science indique en apportant le plus grand soin dans le choix des graines destinées aux semailles, qui doivent toujours être récoltées à part sur les sujets les plus parfaits, les plus productifs et produisant une soie régulière , belle , fine et abondante ; etc.
Il en est de même des blés égyptiens qui sont pauvres en principes nutritifs et qui ne pèsent en général que 72 à 74 kilogr. à l’hectolitre, tandis que les bons blés d’Amérique pèsent 82 et 84 kilogr. par hectolitre. Aussi, se vendentils à des prix bien inférieurs sur les marchés d’Europe, outre ce goût particulier qu’ont encore les blés égyptiens et qui fait qu’on doit leur faire subir un lavage avant de les employer dans l’industrie minotièr*. En renouvelant de temps en temps la semence que l’on prendrait aux meiller^es sources et en apportant plus de soins au battage , en adoptant un autre système que celui du noreg , qui a l’inconvénient de salir le grain , par le piétinement des animaux et de la poussière qu’il renferme toujours, on obvierait à ces inconvénients et. on augmenterait la valeur du grain.
L’indigo, dont l’Égypte importe annuellement une dizaine de mille quintaux, pourrait être produit dans le pays.
Le bois de construction et le bois de combustion même , dont le prays importe pour des sommes considérables, pourrait être produit sur les fjords des canaux d’été et dans les parties arrosables du désert, plus basses qu^ ie niveau du Nil. Un essai fait dans ce but par M. Marchetti, directeur du domaine de Bir-abou-Ballah, sur une dizaine de mille filaos (Casuarina stficta) et autres essences forestières , que nous lui avons expédiées il y a déjà rhusieurs années, des pépinières du Jardin d’acclimatation de Ghézireh, a donné d’excellents résultats. Plantés dans des sables mouvants , préalablement nivelés et irrigués pendant l’été , ces arbres ont prospéré avec presque autant de vigueur que s’ils
eussent été plantés dans le limon du Nil. Cet essai, dont le résultat est concluant, pourrait se répéter sur d’autres essences, telles que pin d’Alep, Dalbergia sissoo et Tectona grandis, deux sortes de bois précieux de PInde , dont l’acclimatation en Égypte est un fait accompli puisque ces arbres existent dans les anciens jardins d’Ibrahim-Pacha depuis un demi-siècle, où ils fructifient abondamment et dont les graines, récoltées dans ces anciens jardins, nous ont permis de multiplier en grand ces essences précieuses à Ghézireh en vue des plantations qu’on pourrait établir dans le pays.
Si nous passons à l’arboriculture fruitière, nous trouvons que l’Égypte importe annuellement de grandes quantités d’oranges, citrons, raisins, etc., dont le pays ne produit pas assez, et qu’il serait si facile de propager la culture de ces arbres fruitiers dans le pays. Parmi un grand nombre d’autres genres d’arbres fruitiers exotiques, qui ont été essayés à la culture à Ghézireh, où ils se sont acclimatés et ont donné d’excellents résultats, nous citerons plusieurs espèces de bananiers du Brésil , le bananier nain de la Chine , le papayer de l'Amérique tropicale, le chérimolier du Brésil, l’oegle marmelos, les manguiers, jambolanums, mimusops et jam-rose des Indes; ce dernier, dont les fruits ont l’odeur de la rose. Tous ces arbres ont déjà fructifié à Ghézireh et pourraient être avantageusement propagés dans le pays.
Parmi les plantes alimentaires exotiques, qui ont produit des résultats satisfaisants à Ghézireh, nous citerons : le teff et le coracan d’Abyssinie dont les graines servent à faire une farine dont on peut faire du pain. L’embrevade (Cajanus indicus), sorte de pois en arbre produisant de grandes quantités de graines alimentaires; le haricot asperge de l’Inde, produisant de grandes quantités de longues gousses de trois quarts de mètre de longueur, excellentes à manger en vert. Les tubercules alimentaires de l’igname de Chine ont également produit de bons résultats à Ghézireh , ainsi que la chayote (Sechium edule), cucurbitacée exotique à rames, produisant de gros fruits alimentaires, meilleurs que les courges.
Parmi les plantes industrielles, nous recommandons le ramie, urticée de Chine dont les fibres sont très-estimées ; le madia du Chili, plante oléifère; le rocou à teinture de l’Inde, etc.
Et parmi les fourrages, ce sont le symphytum asperrimum, borraginée employée comme fourrage vert dans l’Amérique du Nord, et le stenotaphrum americanum , graminée avec laquelle on pourrait former des pâturages sous le climat d’Égypte; etc., etc.
L’ÉGYPTE
Fig. 9. — Plan de l’Exposition agricole|au|pavillon égyptien; du Trocadéro. — 1. Collection de cotons.— 2. Collection de céréales. — 3. Collection de plantes sèches du Darfour. — i. Collection de plantes officinales. 5. Collection de plantes textiles. — 6. Collection de graines oléifères. — 7. Collectiou de gommes arabiques. — 8 Collection des huiles essentielles. — 9. Collection de graines d’arbres forestiers. — 10. Machines à cuber les céréales. — 11. Kalîas en Ghérid. — 12. Sakie. — 13. Collection de graines d’arbre d’ornement. — 14. Sucres, boissons fermentatées, etc. — 15. Collection de egum.neuses ahmentaires. - 16. Collection de fruits secs. - 17. Collection de graines potagères. - 18. Irophee de plantes alimentaires. — 19. Trophée de plantes industrielle. — 20. Salle du canal de Suez. — 21. Salle des produits africains. — 22. Salle des photographies, etc. —23. Salle des produits de 1 industrie, etc. — 24. Yérandah, style de l’époque d’Abraham. — 25. Entrée principale.
ÉTUDES SUR L'EXPOSTTTf)N DE m«.
Huit jours après la fermeture.
L’Exposition est close depuis huit jours. Nous avons voulu savoir quel travail avaient accompli en si peu de temps les déménageurs, et nous avons hier parcouru en tous sens les vastes galeries. Encore huit jours et tout sera fini; l’Exposition ne sera plus qu’un souvenir. Notons à la hâte nos impressions.
11 est dix heures/ l’heure à laquelle naguère la place du Troeadéro était noire de visiteurs. Trois ou quatre personnes se présentent aux guichets, gardés par des sergents de ville, qui inspectent les cartes d’un œil minutieux. Les niches oft sé tenaient les contrôleurs sont vides et le timbre ne retentit plus au passage. Dès le vestibule du palais apparaît le premier signe du déménagement. On marche sur des brins de paille, et le vent, qui souffle avec violence, soulève des tourbillons de papier d’emballage. On entend des coups de marteau sourds dans les galeries de l’art rétrospectif et le pas régulier des gardiens de la paix, qui, les mains dans les manches, se promènent autour de la salle des concerts. La solitude est lugubre.
L’animation renaît dans les salles de l’art rétrospectif. Mais où sont les beaux vases* les vieilles statues, les meubles antiques, les respectables reliques de toutes les nations et de tous les temps? Les murailles ont repris leur monotone couleur rouge, les', vitrines sont vides et poudreuses, les piédestaux sont repoussés dans les coins. Les parquets sont encombrés décaissés; des ouvriers achèvent de les emplir. On sort plus vite qu’on n’est entré, comme pris de tristesse.
Il faut parcourir les allées du parc pour retrouver la vie. Non que les promeneurs y abondent, non que les expositions particulières ou spéciales piquent encore la curiosité ; toutes les portes sont fermées, au contraire; les tables de cafés sont retournées sens dessus dessous; partout se lit cette inscription : Matériaux à vendre ; on ne rencontre pas une figure humaine. Mais les fleurs embaument plus que jamais, mais les arbustes, les massifs sont verts comme en avril, mais la nature y est vivace comme au printemps. Si la cascade n’était pas silencieuse, l'illusion des beaux jours passés serait complète.
La réalité vous ressaisit en traversant le pont d’Léna. Plus de bateaux sur la Seine, oùils se succédaient de minute en minute, amenant des cargaisons de voyageurs. Dès le parc du Champ-de-Mars, les rails coupent les pelouses, le sol est bouleversé, les bancs de jardins sont entassés les uns sur les autres, des chariots attendent, d’autres roulent péniblement sur le sable.
Dans le grand vestibule du Champ-de-Mars, c’est l’abomination de la désolation. A peine trois ou quatre statues attardées, qui ont l’air étonné de se trouver encore là. Les diamants du prince de Galles sont encore autour du joli palais indien ; mais les vitrinès qui les enferment sont tellement poudreuses, qu’on 11e distingue plus rien à l’intérieur.
L’abomination de la désolation augmente à mesure qu’011 approche de l’École militaire. Du côté français, tout a disparu; du côté étranger c’est un effroyable pêle-mêle de caisses. Le pavillon de la Ville de Paris est barricadé. Dans les î galeries des beaux-arts, les tableaux restants sont retournés contre le mur, les
• sculptures sont couchées sur le sol. Dans la galerie du travail manuel, les cases
• des ouvriers parisiens ne sont plus que d(1s planches à vendre.
Oui, avant huit jours, il 11e restera de l’Exposition universelle que des murailles : de fer ou de briques.
Sic transit gloria rnundi.
L’ALGÉRIE 1,1
£PâF\ cpVC. $lBEL ^PIFRE, INGÉNIEUR CIVIL
SOMMAIRE
Préliminaires. — I. Histoire de l’Algérie : Trois grandes périodes : domination romaine, domination arabe, domination française. — II. Description de l’Algérie : Administration. — Population. — Races. — Sahara. — Villes principales. — Eaux minérales. — Instruction publique. — Hydrographie. — Beaux-Arts. — Parfumerie. — Agriculture. — Forêts. — Zoologie. — Produits maritimes. — Mines. — III. L’Algérie contemporaine : Vie arabe. — L’Algérie à l’Exposition de 1878. — Le générateur solaire. — L'Algérie agricole. — Le textile algérien. — La vigne et le vin. — L’avenir de l’Algérie. — Colonisation. — • L’Afrique romaine et l’Afrique française.