TOME II. — NOCV. TECH
NOTES SOMMAIRES
La France ne consomme qu’une faible partie du sucre qu’elle produit. La consommation annuelle par habitant n’y est que de 7 kilogrammes, alors qu’en Angleterre elle est de 28 kilogrammes el qu'elle atteint 47 kilogrammes à Cuba. Le prix du sucre, en etfet, n'est, au sortir des usines, que de 70 francs les 100 kilogrammes; mais il s’élève de lia à 150 francs par suite de l’impôt.
Les industriels français sont donc obligés de rechercher ;ï l’étranger le placement de leurs excédants ; les principaux pays acheteurs sont l’Angleterre, la Suisse, l'Italie, la Turquie, la Suède et la Norwége, la Russie, l’Egypte et les divers Etats de l’Amérique du Sud. Malgré la production abondante des sucres français, le commerce en reçoit de l'étranger des quantités considérables (07,101,000 kilogrammes); ces sucres, introduits en France sous le régime des admissions temporaires, viennent alimenter les raffineries.
En résumé, si aux 406,240,000 francs, valeur de la production de la France et des colonies, on ajoute 77 millions de francs, montant de l'introduction des sucres étrangers raffinés et réexportés en 1876, on trouve que l’industrie sucrière représente dans le commerce général de la France un chill're d'affaires de 483,240,000 francs.
2° Thés, cafés et leurs succédanés.
Thés. — Les thés se consomment tels qu'ils nous arrivent de Chine, et ne donnent lieu à aucun travail industriel en France. L'importation s’est élevée, en 1867, à 444.626 kilogrammes représentant une valeur de 1,333 878 francs. Elle a atteint en 1876 : 2,498,077 kilogrammes et la valeur de 7, 404,231 francs.
Cafés. — I. 'importation totale des cafés en France en 1876 s’est élevée à 87 millions de kilogrammes, la réexportation à 29 millions. La consommation a été de 53,471,000 kilogrammes représentant une valeur d'environ 117 millions de francs. En 1867, le commerce des cafés avait importé 78,470,000 kilogrammes, réexporté 40,730,000 kilogrammes el la consommation s’était élevée à 47,288,000 kilogrammes valant 82,852,000 francs. La valeur moyenne des cafés à leur arrivée dans nos ports est de 2 fr. 20 cent, le kilogramme. Elle s’élève à 3 fr.75 cent, après acquittement des droits de douane.
La nécessité de livrer des cafés à bon marché adonné naissance aune industrie créée par les torréfacteurs, qui consiste à ajouter au calé en grains une certaine quantité de caramel à la sortie du brûloir. Cette addition a pour résultat de rendre au café tout ou partie des 20 p. 0/0 dcjson poids qu'il perd par la torréfaction.
Chicorée. — Cette plante se cultive dans les départements du Nord de la France, et ses racines, lavées séchées, torréfiées et pulvérisées, sont mélangées avec le café. 11 existe en France 248 fabriques de chicorée Le département du Nord seul en possède 131, qui ont produit, en 1876, une quantité de 15,873,620 kilogrammes sur une production totale de 18,546,595 kilogrammes. On peut évaluer à 25,000 kilogrammes le rendement en chicorée verte de chaque hectare cultivé et à 73 p. 04) le déchet que le séchage fait subir à ce produit.
La valeur moyenne des chicorées non moulues est de 3 fr. 5o cent, pour les racines vertes, et de 17 il 18 francs pour les racines sèches, par 100 kilogrammes. On fait venir d'Allemagne et de Belgique des racines sèches dites cossellcs. F.n 1876 l'importation s'csl élevée à 12,809,000 kilogrammes. L’exportation est peu considérable.
CONDIMENTS ET STIMULANTS
3e Condiments et stimulants.
Vinaigres. — Les vinaigres résultent de l’acétification des vins blancs. Les vins les plus favorables à l’acétiücation sont les vins blancs de l'Orléanais, du Biaisais, de la Loire-Inférieure et des Charentes. Les vinaigres de l’Orléanais se vendent dans les pays non vinicoles, le Nord de la France, la Normandie, et surtout à Paris, où l’on en consomme 34 à 3o,000 hectolitres par an. Les prix des vinaigres nouveaux varient de 13 à 20 francs l'hectolitre (futaille non comprise) ; les vinaigres vieux, dont l’âge augmente la qualité, atteignent le prix de 33 francs. La production annuelle des vinaigres de vin est d’environ 390,000 hectolitres valant 9,764,000 francs.
L’exportation, qui ne date que de quelques années, atteint aujourd’hui 32,433 hecto i très représentant une somme de 1,163,000 francs. Parmi les améliorations apportées à la fabrication des vinaigres il faut signaler un nouveau procédé, dit méthode Pasteur, qui a été mis en usage avec grand succès par plusieurs grandes maisons d’Orléans.
Moutardes. — La graine de moutarde broyée, mélangée au vinaigre, au verjus, quelquefois aromatisée, forme un condiment fort employé. Les graines proviennent en général d’Alsace, de Hollande, de Flandre, d’Italie, de l’Inde et de nos départements de l’Ouest. Le prix moyen de cette graine est de 13 à 20 francs les 100 kilogrammes.
Les centres principaux de fabrication sont les départements de la Côte-d’Or et de la Seine. Le travail se fait au moyen de meules eu pierre mues par l’eau ou la vapeur. Le personnel est peu nombreux. La production annuelle peut-être évaluée à 3 millions de kilogrammes et à 4 millions de francs.
4U Epices.
Ces produits, en général, nous viennnent de l’extrême Orient. En 1867 il a été importé 2,6 42,337 kilogrammes de poivre pour une valeur de 2,774,666 francs. En 1876, l'importation du poivre s’est élevée à 3,173,388 kilogrammes, représentant une valeur de 3,473,7 15 francs. Le piment vient des Antilles anglaises; la cannelle, de Chine et de Ceylan; le girolle, de nos colonies de la Guyane et de la Réunion.
3» Sels de table.
Le sel de table nous est fourni soit par les gisements des départements de Meurthe-et-Moselle, du Doubs, soit par les marais salants qui sont exploités dans les Bouches-du-Rhône et sur les bords de l’Océan, principalement à l’ile de Ré, dans les Landes, la Charente-Inférieure et la Loire-Inférieure. La production des marais salants est fort variable ; de là une variation dans le prix du sel. On peut donc prendre comme moyenne des 100 kilogrammes la somme de 2 fr. 30 cent., à laquelle il convient d’ajouter 12 fr. 30 cent, pour l’impôt, soit 13 francs pour les sels de table.
NOTES SOMMAIRES
D'après la statistique des contributions indirectes, la consommation du sel, en France, s'est élevée, en 1876, 301,328,000 kilo¬
grammes, représentant une valeur de . . 45,199,200f
En 1867, l'exportation s’élevait à 1,240,437 quintaux métriques, d une valeur de 1,612,368 francs; en 1876 elle a atteint 1,862,000 quintaux valant . 3,019,000
Le commerce général des sels se chiffre donc par . 48,21 8, 000f
L'agriculture et l’industrie des produits chimiques emploient en outre annuellement 130 millions de kilogrammes de sels dégrevés d’impôt.
6° Chocolats.
Le chocolat se compose de cacao, de sucre et d’aromes (vanille et cannelle). Le cacao provient des Etats de l’Amérique centrale et méridionale. Les sucres les plus employés sont les sucres de canne. Quant aux sucres indigènes, ils n’entrent dans la fabrication que pour un chiffre très- inférieur. La vanille est aussi un produit d’importation. Le chocolat se fabrique à Paris et dans les départements, notamment à Bordeaux, Lyon, Lille, Blois.
Le prix moyen est de 3 fr. 40 cent, le kilogramme. Les hommes gagnent en moyenne 3 francs par jour et les femmes 2 fr. 30 cent.
En 1867, il a été fabriqué en France environ 13 millions de kilogrammes de chocolat; en 1876, 30 millions de kilogrammes, qui, au prix moyen de3fr. 40 ccnt., donnent une somme de 64 millions de francs. L’exportation du chocolat pendant la dernière période décennale a augmenté; elle était de 332,318 kilogrammes et de 1,410,072 francs en 1867; en 1876, elle s'est élevée à 698,218 kilogrammes et à 2,792,872 francs. En 1867, il est entré en France environ 7 millions de kilogrammes de cacao; en 1876, il en est entré près de 10 millions de kilogrammes.
7° Miels, confiserie et ses produits divers, sirops, etc.
Miels. — 11 est fort diflicile d’indiquer le chiffre de la production du miel en France; elle est très-inégale, et, de plus, la moitié environ esL consommée sur place et ne passe pas dans le commerce.
Confiserie, sirops. — Les produits de la confiserie se divisent en deux groupes : Le premier comprend ceux dans lesquels le sucre n’entre que comme condiment nécessaire à la préparation et à la conservation, tels que les fruits confits et les confitures; le deuxième comprend ceux dans lesquels le sucre entre comme élément principal, tels que les dragées et les bonbons de toutes sortes.
Les matières premières employées pour leur fabrication sont:
1° Le sucre indigène; — 2° Les fruits; — 3° Les gommes; — 4° Les parfums.
Aujourd'hui les dragées sont fabriquées à peu près exclusivement à la mécanique, au moyen de bassines chauffées et mues par la vapeur. Tous les autres produits sont fabriqués à la main.
En 1867, l'exportation était de 941,301 kilogrammes, représentant
CONDIMENTS ET STIMULANTS
2,823,903 francs. En 1876, elle a été de 2,378,000 kilogrammes, estimés 3,170,000 francs.
Cette augmentation est principalement due à l’industrie toute moderne des confitures, qui se développe chaque année.
8° Liqueurs sucrées et fruits à l’eau-de-vie.
Les matières employées sont: l’alcool, le sucre, le glucose et différentes plantes dont on extrait le parfum par la distillation. Le prix moyen de l’alcool est de 63 francs l’hectolitre; celui des sucres raffinés est de 80 francs; celui des glucoses est de 32 francs. Le parfum coûte 10 à 20 francs par hectolitre.
La distillation par la vapeur s’est généralisée et les appareils à feu nu employés autrefois, ne se retrouvent plus que dans les maisons de faible importance. Le travail est généralement fait par des hommes qui gagnent en moyenne de 4 à 3 francs par jour. Depuis 1867 la distillerie a toujours amélioré ses moyens de fabrication, sans que cependant il y ait lieu de signaler aucun procédé entièrement nouveau.
Les lieux de production pour la distillation sont: Paris et ses environs, Bordeaux, Lyon, Marseille, le département de l'Isère, etc. La production de la distillerie française, en 1876, peut être évaluée à plus de 130 millions de francs; 2,264,680 litres do liqueurs diverses, représentant 3,661,700 francs , ont été exportés.
En 1867, notre exportation s'élevait à 1,702,139 litres représentant une valeur de 4,253,398 francs. L’importation des liqueurs étrangères est limitée aux curaçaos de Hollande et aux kümmels de Russie.