SECOND GENRE DE FABRICATION
Fabrication successive des torons et des câbles. — Lorsqu’on veut fabriquer indifféremment dans une corderie, de très-gros câbles ou des ficelles, on emploie alors deux machines différentes, l’une qui sert à tordre les fils de caret en torons, l’autre tord ces torons en câbles.
Machine à loronner. — Le type de machine à toronner représenté par la fig. 4 se compose de deux bobinoirs portant chacun dix bobines et pouvant fabriquer par conséquent des torons de 20 fils. Ces bobines sont fixées en haut et en bas par deux plaques circulaires, afin d’être maintenues bien fixes; la plaque du bas est attachée solidement au bâtis en fonte de la machine, la plaque du haut fait partie d’organes se rattachant directement à une poutre A du bâtiment de l’usine. De cette manière, on évite toute vibration
Les (ils de caret se dévident par le haut. Là, ils rencontrent une seconde plaque dite registre, perforée d’autant de trous qu’il y a de fils. Ceux-ci ne peuvent dès lors s’écarter d’un coté ou de l’autre et, lorsqu’ils sortent bien réguliers au-dessus de la plaque, ils s’engagent dans une filière évasée ,qui les comprime tous ensemble au moment même où ils se tordent.
Le toron une fois formé, passe sur une poulie fixée au sommier A, descend ensuite sur deux autres poulies situées au bas de la machine, dont le but est de régler par leur vitesse plus ou moins grande, la torsion à donner, puis va s’enrouler sur une immense bobine en fer, mobile dans le sens de la longueur.
Ce qu’il y a surtout à régler dans cette machine, ce sont les bobines sur lesquelles est enroulé le fil de caret, et les filières par où s’engagent d’un côté ccs fils, pour former le torou. Des bobines trop grandes donnent trop de lourdeur à la machine: des bobines trop petites doivent être trop souvent renouvelées; des bobines faites en matières trop lourdes sont difficiles à bouger, car il faut toujours un escabeau pour atteindre celles du haut lorsqu’elles sont vides et qu’il faut les remplacer, les bobines faites en matières trop légères, s’usent d'un autre côté très-rapidement. Finalement, on s’est arrêté à des bobines de 0m,30 de longueur, sur 0m,30 de diamètre, bien que pour certains cas spéciaux on prenne 0ra,22o sur 0m,22o. Quant à la matière dont elles sont faites,
LA CORDERIE
c’est plus souvent le fer que le bois. Pour les filières, il faut toujours en avoir une certaine quantité de rechange suivant la grosseur du toron que l’on veut former. Avec un assortiment de filières et quelques roues de rechange pour régler la vitesse des poulies d’appel, et partant la torsion du toron, on peut fabriquer sur cette machine toute espèce de torons. La machine que l’on voit fig. 4 ne se compose que de deux bobinoirs verticaux de 10 bobines, mais il y a des machines de 4, 5, 6 et même 10 bobinoirs. Il y a généralement dans les corderies une série de deux machines à toronner pour une machine à câbler : quelquefois cependant les machines à toronner sont au nombre de trois.
Machine à câbler. — Les machines à câbler ressemblent beaucoup aux machines à toronner, seulement elles varient un peu entre elles suivant quelles doivent faire des câbles commis une fois ou des câbles commis en quatre. Ce sont aussi des machines verticales. La fig. o en représente le type le plus usuel.
Pour les câbles commis une fois, elles se compose de trois châssis en fer, tournant autour d un axe vertical et simultanément sur eux-mêmes, et contenant chacun une bobine en fer où l’on a placé le toron préparé sur la machine à toronner. Un mécanisme régulateur, qui n’est pas représenté, permet aux torons de se dérouler avec la même vitesse, ce qui est des plus importants pour la confection régulière du câble.
Un autre mécanisme ditde réglage, mais qu'on ne trouve généralement que sur les machines destinées à faire de trèsgros câbles, donne aux torons un degré plus ou moins fort de torsion. Pour les câbles commis en quatre, il y a quatre châssis au lieu de trois, plus une grosse bobine d'étoupe, de chanvre qui doit former l 'âme du câble.
Le reste de la machine est, à peu de chose près, identique à la machine à toronner. Le câble une fois formé passe au travers d’un chapeau percé de trous pour s’enrouler sur une poulie située au faîte de la machine et dont le coussinet est maintenu sur un sommier du haut; il descend ensuite, après avoir passé sur deux autres poulies, s'enrouler sur un dévidoir, qui n’est pas représenté ici, dont le diamètre et la largeur varient avec le câble que l’on fabrique. La machine est toujours munie de chapeaux de rechange en bois de dilférentes grandeurs. de roues de rechange pour modifier la vitesse des poulies d’étirage, d’autres roues de rechange pour changer la vitesse du mécanisme de réglage, et du mécanisme régulateur de traction. Le diamètre des bobines sur lesquelles est enroulé chaque toron varie de 0m,58 à lm,33, leur largeur est comprise entre 0'n,4a et 0in,75 : ces bobines sont toujours en fer.
Comme on le voit, le seul inconvénient des machines à toronner et à câbler,
. 4. — Machine à toronnec.
LA CORDERIE
c’est qu’il en faut un assortiment complet, et qu’elles nécessitent par conséquent de grands frais pour la fabrication de toute espèce de câbles ;lcur grand avantage,
Fig. 5. — Alacliine à cibler.
c’est qu'avec cet assortiment on peut fabriquer tous les genres possibles de câbles et de cordages.