‹ Études sur l'Exposition de 1878Chapitre 171 sur 174 · LES PORTS DE COMMERCE DE L’AMÉRIQUE · texte numérisé non relu

LES PORTS DE COMMERCE DE L’AMÉRIQUE

Les Etats-Unis. — L’effectif de la marine marchande des États-Unis compte 0,300 navires à voiles jaugeant 2,145,000 tonneaux et 542 navires à vapeur jaugeant 675,000 tonneaux.

Il est entré en 1876 dans les ports des Etats-Unis 31,000 navires jaugeant 17 millions de tonnes, il en est sorti 31,300 jaugeant 17 millions de tonnes. Le total des entrées et des sorties est ainsi de 62,300 navires jaugeant 34,000,000 de tonneaux. On y a construit en 1876, 1,112 bâtiments jaugeant 203,000 tonneaux.

Les principales stations maritimes sont:

New-York sur YHudson. — Un des meilleurs, des plus sûrs et des plus vastes ports du monde. 11 est parfaitement abrité et accessible aux bâtiments du plus fort tonnage. Des travaux gigantesques y ont été accomplis et ontjfavorisé l'immense mouvement qui s’y fait et qui est presque la moitié du mouvement total du pays.

Les navires venus de l’étranger et entrés dans le port de New-York ont été en 1876 au nombre de 6,700 parmi lesquels 1,150 vapeurs, plus d’un tiers sous pavillon américain ; les sorties ont été de près de 7,000 navires sans compter le cabotage. Le commerce du port dépasse 2 milliards de francs. Nous en tirons principalement des bois, du tabac, des grains, du coton, des viandes salées, nous y portons des soieries, des lainages, des peaux, des vins, des articles de Paris, modes, mercerie, etc.

Ncw-haven. — Sur le détroit de Long-Islnncl port peu profond et ensablé, commerce avec les Antilles. — New-Bedford à l’embouchure de l’Ausnhet, port vaste, sûr et profond, vastes chantiers de construction, plus de 200 baleiniers en partent chaque année. — Boston. Port magnifique, quais et bassins accessibles aux plus grands navires. Le mouvement dépasse 8,000 navires et 2 millions de tonnes. — Philadelphie. Son port admet les bâtiments du plus fort tonnage, grand commerce. Le pays est renommé pour son industrie métallurgique. — Baltimore, un des meilleurs ports des États-Unis, la profondeur y varie de 5 à 6 mètres, les gros bâtiments s’arrêtent à Fells-point, le mouvement dépasse 3,000 navires. — Richmont. Ce port, assez bon, fait un grand commerce maritime, il exporte du tabac, des grains, des viandes salées, il importe du café, du sucre, des objets manufacturés. — Charlestoivn. | Vaste baie obstruée par des bancs de sable, passes de 5 mètres de profondeur, exportation de coton, riz, bois, céréales. — New-Orléans, port profond sur le Mississipi, mais les embouchures du fleuve sont obstruées par des barres, les grands navires s’arrêtent à Balize, le mouvement du port dépasse 4,000 et 2,000,000 de tonneaux. Galveston, le port du Texas, ne peut recevoir les grands navires, on en exporte du bétail, du coton, du sucre.

San-Francisco, sur le Pacifique, port aussi vaste que sûr placé au fond d’une baie admirable, les navires du plus fort tonnage peuvent accoster ses Wharfs ; il fait un très-grand commerce avec la Chine, on en exporte des farines, des

LA MARINE MARCHANDE

grains, des Lois, des cuirs, des métaux précieux, on y importe du café, du sucre, du tabac, des épices, des vins.

Les principaux ports du Canada sont: Québec, port très-étendu sur le Saint- Laurent, mais de novembre eu avril, les glaçons charriés par le fleuve gênent j la navigation; on y importe du sucre, du thé, du tabac, du coton, des lainages.,- ' des métaux ; on en exporte des bois, dont le commerce est immense, des denrées agricoles, des pelleteries, etc. — Montréal sur le Saint-Laurent, port sûr et commode ayant 5 mètres d’eau à quai. C’est l’entrepôt du commerce entre le haut et le bas Canada, les importations et exportations atteignent 200 millions de francs.

Le Mexique et les Antilles. — Le Mexique ne fait pas un commerce en rapport avec les immenses ressources de son sol, ses principales exportations sont : la vanille, le caoutchouc, le copal, l’indigo, le cochenille, le rocou, le jalap, la salsepareille, le coton, l’acajou, le campêche, les fibres d’aloès et de bananier, les métaux précieux, le cacao, le café, etc. Les importations consistent surtout en produits manufacturés de l’Europecl des États-Unis. Les plus fréquentés de ses ports sont, sur le Pacifique: Acapulco, magnifique abri aussi vaste que sûr, son commerce se fait surtout avec les Philippines, l’ouverture du canal de Panama pourrait donner une grande importance à ceport. Tampico, assez bon port, grand commerce de fibres dites « crin de Tampico. » Vera-Cruz, rade foraine, d’une entrée difficile, peu sûre et située dans un climat malsain. Malgré ces circonstances, son voisinage de Mexico fait que presque tout le commerce de. ce pays avec l’Europe et les États-Unis est obligé de passer par cet endroit de la côte.

Les importations et exportationsjvaricnl de 150 à 180 millions de francs.

Le meilleur port des Antilles est la Havane, baie magnifique où les navires du plus fort tonnage peuvent mouiller en toute sûreté par des fonds de 7 à 10 mètres. Le mouvement commercial y a atteint 400 millions de francs; exportation de café, 15 millions de kilog., acajou, écaille, tapioca, cacao, sucre tabac, rhum, minerai de cuivre, etc. Importations : farine, houille, vins, tissus, meubles, métaux. Les autres ports sont: Port-au-Prince dans Haïti, assez bon abri, grand commerce de café. Kingston (Jamaïque), belle rade avec des profondeurs de 6 brasses, mouillage insuffisant pour les grands navires. Le commerce de la Jamaïque a pour principaux objets le sucre, le rhum et le café ; le total des importations et des exportations atteint 80 millions de francs. Saint- Thomas, port de relâche pour les transatlantiques. La Pointc-à-Pitre capitale de la Guadeloupe, bon port mais difficile d’accès et Fort-Royal (Martinique) excellent port placé au fond d’une baie assez spacieuse, sont les meilleurs abris de nos Antilles françaises.

Les ports de l’Amérique du Sud. — Sur le Pacifique on rencontre d’abord Guayaquil, dans Y Équateur, au fond du golfe du même nom; bien qu’il y ait un banc de sable à l’entrée, le mouillage y est excellent et la profondeur atteint presque partout 10 à 12 mètres. Toutle commerce du pays passe par ce port. Il exporte du cacao, des chapeaux de paille, du caoutchouc; il reçoit du coton, de Ja soie, de la mercerie, de la quincaillerie, des vins, des meubles, etc.

Le Callao (Pérou). — C’est le port de Lima à laquelle il est relié par un chemin de fer. Une des rades les plus sûres du monde, port bien abrité, mais les petits navires seuls peuvent avoir accès dans la darse. Les importations et exportations peuvent se monter à environ 250 millions de francs. 11 exporte du guano, du nitrate de soude et les productions ordinaires des tropiques. Iquique sur la partie méridionale du Pérou, assez bon port, commerce de nifralcdc soude.

ET LES PORTS DE COMMERCE

Valyaraiso (Chili). — C’est le port de Santiago, la rade est assez bonne, mais elle est exposée à certains vents. Los importations sont de 35 à 40millions de francs ; les exportations sont très-faibles. On y porte des tissus, des meubles, des modes, de la mercerie, etc.

Sur l’Atlantique on trouve au Nord Caracas (Venezuela), port de la Guayra , commerce important de café et surtout de cacao, le meilleur du monde. Georgetown port de la Guyane anglaise, bon abri; les importations et exportations de la Guyane anglaise dépassent 100 millions de francs. Paramaribo (Guyane hollandaise), excellent port où peuvent aborder des navires d'un assez fort tonnage; grand commerce avec les Pays-Bas. Cayenne, port peu profond, situation malsaine, commerce de bois, rocou, girofles, muscades, etc.

Empire du Brésil. — Le Brésil a une marine d’une certaine importance et son commerce en est considérable comme le prouvent les chiffres suivants , pris sur la période quinquennale 1869-1874. Les importations se sont élevées à la somme de 220,279,000 francs et les exportations à 272,858,000 francs. Sur ce total, le commerce avec l’Angleterre compte pour 51% et celui avec la France pour 20%. Le café compte pour près de la moitié des exportations, on évalue dans la période ci-dessus indiquée, la quantité sort e à près de 200 millions de kilog., d’une valeur de 350 millions de francs. Les principaux ports sont : Para près de l'embouchure de V Amazone, entrée facile, abordable seulement pour les navires au-dessous de 350 tonneaux. On en exporte le meilleur caoutchouc du monde, du cacao, des cuirs, du coton, du rocou, du café, etc. Pcrnambuco le deuxième port du Brésil, bâti comme Venise sur des lagunes, bon port pouvant recevoir des bâtiments de 700 tonneaux ; on y importe de la morue, des vins, des soieries, des cotonnades, des lainages ; on en tire du rhum, du coton, du sucre, du cuir. Bahia vaste ancrage pouvant abriter des flottes nombreuses, c’est le troisième port de l’Empire ; des travaux y sont en cours d’exécution pour en faire un havre commode et sûr, le mouvement y est de plus de 1,100 navires. Rio Janeiro, sur une baie magnifique, rade aussi vaste que sûre. Le mouvement des importations et des exportations réunies y dépasse 600 millions de francs. Exportation de cafés, sucres, bois, rhum, tapioca, etc. Une Compagnie, fondée au capital de 29 millions de francs, s’est chargée des travaux nécessaires pour garnir le port des bassins, docks, grues etc., qui lui manquaient.

L’estuaire de la Plata comprend deux ports importants : Montevideo port mal abrité des vents d’ouest fait néanmoins un très-grand commerce de cuirs, bétail, viandes, conserves, etc. Un peu plus avant dans les terres et sur l’autre rive se trouve Buenos-Ayres, la navigation du fleuve y est difficile à cause des bancs de sable et des coups de vents ; la Plata a devant Buenos-Ayres une largeur de 36 kilom., mais les rives ont peu de profondeur, de sorte que les gros navires sont obligés de mouiller à une grande distance de la ville. Le commerce entre Buenos-Ayres et les ports de France est très-considérable et évalué à 135 millions de francs. Nous y portons des soieries, des draps, des vins, des tapis; nous en tirons des laines, des cornes, des cuirs, des viandes. L’exportation des laines pour l’Europe a beaucoup augmenté depuis un certain nombre d’années. Plus de 2,500 navires fréquentent annuellement l’estuaire du Rio de la Plata. Les importations se montent à une moyenne de 368 millions et les exportations à celle de 287 millions de francs.

IL Dufréné.

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