‹ Études sur l'Exposition de 1878Chapitre 57 sur 174 · TOME I. — NOUV. TECH · texte numérisé non relu

TOME I. — NOUV. TECH

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Ce dernier correspondait à un bas service, les aqueducs du inont d’Or et de Feurs à un moyen service et enliu l'aqueduc du mont Pila constituait un haut service.

L’aqueduc du mont Pila amenait à lui seul 2a, 000 mè.L. cubes d’eau par jour (chiffre de la distribution actuelle).

Il est difficile d'évaluer le débit des autres services.

A Paris, l'aqueduc d'Arcueil, construit par Constance Chlore, amenait aux thermes les eaux de Rungis, d’Arcueil et de quelques sources éloignées de Paris. 11 avait un parcours de 10 kil. Le canal creusé dans le tuf était recouvert intérieurement d'une couche de mortier ou de ciment.

Il ne sera pas sans intérêt de mettre en regard quelques-uns des travaux modernes faits pour l'adduction des eaux de source.

EXAME* DES TRAVAUX MODERNES EXÉCUTÉS POUR L’ADDUCTION DES EAUX DE SOURCES.

Dérivation des eaux de sources à Bordeaux. — Bordeaux est alimentée par les sources d'Eyzines , du Taillan et de Saint-Médard qui sortent du rocher à environ 12 kil. à l’ouest de la ville. Les eaux sont amenées par un aqueduc voûté de fm,50 de largeur et fra,60 de hauteur qu’elles remplissent à moitié; elles coulent avec une vitesse de 20 cent, par seconde et mettent 15 l(i heures pour arriver à Bordeaux. (îrâce cette disposition, les eaux peuvent se clarifier dans leur parcours. Les sources se divisent en 4 groupes. De petites chambres contiguës au canal d'ainenée, reçoivent les eaux des sources et les déversent dans l'aqueduc par des fenêtres pratiquées dans leurs parois.

Le 4* groupe comprend des sources dont le niveau est inférieur à celui de l'aqueduc, de sorte que pour élever leurs eaux, on se sert d’un tympan à spirale monté sur le même arbre qu'une roue hydraulique de Poncelet, mue par une chute empruntée à un cours d’eau voisin.

Les 4 groupes de sources fournissent pendant l’été un volume de 208 litres, soit 18000 mètres cubes d’eau par 24 heures.

Si on évalue le chiffre de la population à 194000 habitants, le volume ci-dessus représente environ 92 litres par tête et par jour.

Pendant 1 hiver, le débit des sources augmente d’un quart ou d’un tiers; pendant les sécheresses extrêmes il peut diminuer d'un quart. A leur arrivée à Bordeaux, les eaux se rendent dans un réservoir souterrain d'une capacité de 1 5000 mètres cubes, dans lequel le niveau ne descend jamais à plus de 4 mètres au-dessus des quais; 1 eau se distribue donc par sa pente naturelle dans une portion de la ville.

Pour alimenter les quartiers hauts, on élève l'eau du réservoir à l'aide de pompes à vapeur, qui refoulent un volume en rapport avec les besoins journaliers dans des réservoirs secondaires de distribution.

Les memes conduites servent à remplir les réservoirs et <\ distribuer les eaux. Quand la dépense devient supérieure au volume fourni par les pompes, ou quand ces dernières s arrêtent, les réservoirs se vident. Nous reviendrons plus loin sur la construction des réservoirs en général.

L eau distribuée à Bordeaux est un peu incrustante, elle marque 22 degrés à I hydrotimètre, sa température moyenne est de 11°, a; en été elle s’élève à la degrés.

DISTRIBUTIONS D’EAUX

Dérivation des eaux de source à Montpellier. — Depuis 1750, la ville de Montpellier est alimentée par les eaux des sources de Saint-Clément, situées à 10 kil. de la ville. I.e volume fourni par ces sources étanL insuffisant, on a dû rompléter la distribution en élevant les eaux du Lez qui passe à 2 kil. de Montpellier. Nous nous occuperons seulement ici de l’adduction des eaux de source. Elle se fait par un aqueduc souterrain qui aux abords de la ville se termine par un pont aqueduc très-remarquable de 880 mètres de longueur. La longueur totale de l'aqueduc depuis Saint-Clément jusqu'à son débouché au Peyrou est de 1 390 1 mètres.

Les eaux arrivent dans un réservoir; tombent de là en cascade sur des roches où elles s’aérent et aboutissent dans un bassin. Elles pénètrent ensuite dans les tuyaux de distribution.

L’eau des sources Saint-Clément est très-calcaire, de sorte qu'au bout d’un certain temps, les tuyaux de fonte qui la distribuent dans la ville sont tapissés intérieurement d’une couche de carbonate de chaux. Pour l’enlever, on fait passer pendant 2i heures de l'acide chlorhydrique étendu d’eau dans la canalisation, le carbonate de chaux se trouve dissous; il ne reste plus qu’à faire couler ensuite de l’eau pure pendant quelques jours, afin de bien laver les conduites, après quoi on rend l’eau à la consommation. Cette idée de faire dissoudre les dépôts de carbonate de chaux par de l’acide chlorhydrique, fut suggérée par le professeur E. Bérard.

Distribution des eaux de source à Lille. — Les travaux ayant pour but de doter la ville de Lille d’un nouveau système de distribution d’eau, ont duré de 1867 à 1871 ; leur résultat est de fournir à la ville toute l’eau nécessaire aux usages domestiques et industriels. Pour cela, on a dérivé les eaux de 4 sources et une certaine quantité d’eau souterraine, savoir :

mètres cubes.

1° Source du flot de Wingles, débitant par 24 heures 10000

2° — de Séclin — 10700

30 Sources j de Billaut

3 sources j et de GuCrmanez

4° Source de la Cresssonnière — 1650

5° Eau souterraine représentant un volume de . 12650

Soit au total . 40000

pour une population de 155000 âmes, ce qui porte à 176 litres par jour et par tête le volume de l’eau distribuée.

En hiver, le débit des sources et de l’eau souterraine atteint 45000 mètres cubes.

Une conduite principale recueille le produit de chaque source au moyen de rigoles alimentaires. Cette conduite aboutit dans un réservoir. De là, des machines puissantes refoulent les eaux dans un autre réservoir situé à 50 mètres d’altitude, de sorte que la pression qui s’exerce sur tout le réseau de la distribution est de 3 atmosphères environ. L'aqueduc principal n’offre pas de particularités, le terrain étant peu accidenté ; on remarque seulement quelques tubes siphons pour la traversée d’une rivière, la Deule et de quelques vallons.

Distribution des eaux de source à Dijon. — La distribution des eaux de Dijon a été exécutée par M. Darry. Elle a consisté à amener dans cette ville les eaux de la source du Rosoir située à 20 kil., au moyen d’un aqueduc en

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maçonnerie de 13 kil. Cet ouvrage constitue un modèle de bonne exécution et d’économie. (iNous en avons donné une coupe pl. Il, fig. 4.)

Dans la ville, on a disposé une conduite principale de distribution, aux deux bouts de laquelle se trouve un réservoir; sur cette conduite principale s’embranchent des conduites secondaires qui amènent l’eau dans tous les quartiers.

La construction et la disposition de ces réservoirs sont bien connues, nous n’y reviendrons donc pas. Le volume de l’eau distribuée atteint 300 à 400 litres par habitant et par jour. Sa température est à peu près constante et égale à 10 degrés, enfin sa composition au sortir d’une des bornes-fontaines de la ville résulte de l’analyse suivante de M. Sainte-Claire-Deville.

Silice . 0*r,0152

Alumine . 0 ,0010

Carbonate de magnésie . 0 ,0021

Carbonate de chaux . 0 ,2300

Chlorure de magnésium . 0 ,0019

— de sodium . 0 ,0007

Sulfate de soude . 0 ,0027

Carbonate de soude . 0 ,0044

Azotate de potasse . 0 ,0027

Distribution des eaux de source à Paris. — Enfin, bien que nous ayons sans doute à revenir sur les travaux exécutés à Paris pour l’adduction des eaux de source, il est bon d'indiquer sommairement en quoi ils consistent.

En 1860, la quantité d’eau distribuée à Paris par habitant, déduction faite des services publics était seulement de 3a litres par 24 heures, encore les eaux étaient-elles très impures, elles provenaient de la Seine et du canal de l'Ourcq qui sert à la navigation.

Pour remédier à cet état fâcheux, on résolut d’amener les eaux des sources de la Dhuis et de la Vanne.

Les premières arrivent dans un réservoir placé sur les hauteurs de Ménilmontant, et servent à l'alimentation des quartiers hauts de la rive droite do la Seine. L’étage supérieur de ce même réservoir sert à emmagasiner les eaux de la Marne.

L’aqueduc qui amène les eaux de la Dhuis, a une longueur totale de 130880 mètres, il se compose de parties en maçonnerie et de tuyaux de fonte. Les galeries en maçonnerie ont une largeur intérieure variant de lm,40à I“‘,76; leur pente est de 0'“, 1 0 par kil. Les conduites de fonte pour la traversée des vallées ont 1 mètre à 1 m , 1 0 de diamètre intérieur’ct une pente de 0m,55 par kil.

L'aqueduc qui amène les eaux de la Vanne sur les hauteurs de la rive gauche de la Seine à Paris a été terminé en 1873, il aboutit au réservoir de Montsouris achevé en 1875. Les eaux de la Vanne alimentent les quartiers bas et moyens de Paris. Le débit moyen de l’aqueduc est de 100000 mètres cubes par 24 heures. Sa longueur est de 173 kil. comprenant 93 kil. de parties voûtées, en tranchées, ou portées par des substructions, 16k,600 de parties sur arcades, 41 ‘,900 mètres de parties voûtées en souterrains et enfin 21k,500 mètres de siphons.

Celte longueur totale de 173 kil. comprend ; les aqueducs de captation des sources, en fonte ou en maçonnerie ; un aqueduc collecteur de 20k,386 mètres de longueur, d’un diamètre intérieur variant de lm,70 à lm,80, enfin un aqueduc principal faisant suite à ce collecteur, d une forme circulaire comme ce dernier et d'un diamètre de 2 mètres à 2“, 10.

La pente de l'aqueduc collecteur est de 0",20 par kil., celle de l’aqueduc

principal varie de 0*, 10 à 0", 12.

Le réservoir de Montsouris a une capacité do 305000 mètre» cubes.

Total, 0«r,2607 pour

1 litre d’eau.

DISTRIBUTIONS D’EAUX

Si on évalue le volume d’eau disponible à Paris, on arrive au chiffre de 420000 mètres cubes par jour, et comme la population est de 1, 8b 1,792 habitants, la consommation par jour et par tète peut atteindre le chiffre de 227 litres.

Nous nous contenterons pour le moment de ces généralités, nous réservant de parler avec détail des travaux d'adduction des eaux de la Vanne, à l’occasion de l’exposition très-complète qui en a été faite par la ville do Paris.

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