RICHESSE ILLIMITÉE
Leur seule durée ne les différencie pas très profondément, dans les cas moyens, de bonnes images consécutives.
3° Richesse. — Tandis que l’image consécutive classique reproduit nébuleusement les seules masses d’un dessin, une bonne image eidétique a des couleurs vives, des contours nets, des détails minutieux; on peut la saisir entre les pointes d’un compas, et une foule de particularités du dessin, le nombre des poils de la moustache d’un chat, une inscription en une langue inconnue du sujet, reparaissent dans l’image eidétique, où l'enfant les aperçoit soudain, les compte, les lit, les dessine, alors qu’il les cherchait en vain dans l’image consécutive et dans la représentation,
Ces derniers mots ne signifient d’ailleurs pas que le sujet, devant une image, distingue aisément ce qui est représentation mentale, invisible et « intérieure » quoique projetée, ce qui est image consécutive, nébuleux, négatif et pauvre, et ce qui est image eidétique, net, riche et positif. Ces distinctions sont faisables, mais dans un exposé schématique des faits plutôt que dans leur vivante mobihté.
L’eidologue a naturellement tout avantage à présenter des observations de sujets très doués, des photos eidétiques intégrales d’objets compliqués, des instantanés ou des poses infiniment plus riches que la plus exceptionnelle image consécutive, qu'une opulente représentation mentale. — Mais les acrobaties eidétiques ne sont pas tout l’eidétisme ; conime l’exesthésie ou la mémoire, il peut être pauvre sans cesser d’être. Le sujet peut ne revoir de l’objet qu’un cliché extrêmement réduit : un détail isolé dans le vide, un ensemble voilé et indéchiffrable, une silhouette homogène et schématique, un croquis très résumé et absolument incolore, etc. Si cette image, cette perception, n’est pas une image consécutive (nécessairement négative) renforcée par des représentations, ce sera, qu’elle qu’en soit la pauvreté, une image eidétique.
Voici deux ou trois exemples d'images eidétiques de quelque richesse prises sur des inscriptions verbales ou sur des tableaux de signes incohérents, également dépourvus,