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LES TYPES

l’autre, où les images eidétiques sont voisines des représentations, comme le jaune est voisin du vert.

Dans le premier cas, l’image est favorisée par la longue durée de l’examen, la simplicité du dessin, la grande étendue des taches uniformément colorées; elle est indépendante de l'intérêt de l’objet, elle est souvent complémentaire ou négative, elle n’a d'ordinaire que deux dimensions, même quand l’objet en a trois: le sujet ne peut guère la modifier en faisant intervenir ses représentations, elle lui apparaît comme quelque chose d’étranger à sa personnalité et même de gênant (Fremdkôürper, Belästigung); quand elle est très vive, il se sent dans un état de contrainte plus ou moins anormal; il ne peut enfin s’en débarrasser en pensant à autre chose, elle se maintient et disparaît malgré lui.

Dans le deuxième cas, tout est bien différent; l’image eidétique exige des objets intéressants et de l'intérêt pour ces objets, elle est volontiers positive, elle a trois dimensions s’il le faut, elle est variable comme une représentaton, elle suit assez docilement les variations de l’attention ; le sujet peut, à son gré, la négliger, la maintenir, ne plus la voir, la retrouver.

L'intérêt de cette distinction s’accroît de ce que les deux types d'images eidétiques correspondent à deux types physiologiques. Jaensch estime en effet que les images eidétiques voisines des images consécutives appartiennent aux enfants que les pédiatres appellent des spasmophiles, des tétanoïdes ; les images eidétiques voisines des représentations caractérisant plutôt, selon lui, les « Basedowoïdes ». A ces derniers, Jaensch oppose également, pour en faire des tétanoïdes, les sujets qui, sous leur aspect le plus grossier, rappellent les myxœdémateux, tandis que leurs formes les plus discrètes pourraient être identifiées grâce aux anomalies de leurs capillaires sous-cutanés, là où le microscope les atteint. Mais nous ne pouvons suivre plus loin cet important rameau de la théorie eidétique. Retenons que les AB voisines des NB et affectant les tétanoïdes constituent Le type T, les AB voisines des NB et affectant les Basedowoïdes constituant le type B. Les types que nous venons de décrire sont d’ailleurs modifiables,

208 L'EIDÉTISME ACQUIS

soit qu’on atténue le composant spasmophilique, soit que, chez un sujet aux images eidétiques latentes, on favorise leur épanouissement. Dans le premier cas, il suffira de donner du calcium, et un sujet en quelque sorte persécuté par ses images eidétiques et même incapable d’avoir des images consécutives complémentaires, verra apparaître celles-ci et régresser celles-là, grâce au Ca CE. Inversement, l’ingestion de phosphate de potasse à la dose de 6, 8 grammes, peut, en quelques minutes et pour plusieurs jours, valoir des images eidétiques à un prédisposé. Sur ce terrain encore, des eidéticiens pratiquants ont contredit Jaensch. Pour lLiefmann*, l’image eidétique est une représentation, une VB, effectivement vue, une hallucination, une perception; elle comporte probablement une excitation d’origine centrale de la rétine, elle est faite d’un facteur central représentatif, et d’un facteur sensoriel, « steht sich aus einer Zentral-vorstelligen und einer sinnenhaft-realen Komponente zusammen ». Or Liefmann rejette toute relation entre les variétés de l’image eidétique et « le type » du sujet, ses caractéristiques Basedowoïdes ou Tétanoïdes. Contrairement à Jaensch, 1l trouve que le Peyotl ne modifie pas les images consécutives, ne provoque aucun eidétisme chez les non-eidétiques et n’augmente pas celui des eidétiques. Il provoque, comme Jaensch, une alcalose transitoire par ingestion de bicarbonate de potasse, polypnée, compression des carotides, ete., et obtient ainsi un état tétanoïde assez net, Alcalinisés et tétanoïdisés, ses sujets n’ont été nullement poussés vers l’eidétisme; non eidétiques, ils n’ont pas même constaté une modification de leurs NB; eidétiques ils n’ont obtenu aucun embellissement de leurs AB.

Mais les variations individuelles où pharmacologiques pâlissent devant les variations locales; c’est ainsi que les images eidétiques, innombrables à Marburg, sont rares à Heidelberg ; et Jaensch, s’efforçant de découvrir les causes de telles différences entre les localités (et entre les observateurs), insiste tout spécialement sur la teneur de l’eau en calcium et sur les variations géographiques de la glande

20. Zeitschr. f. d. g. Neurol. u. Psych., 114, 1928, 536-558.

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