LA A. B. GÉNÉRATRICE DES IMAGES
La perception de la constance des dimensions de l’objet malgré l'accroissement de la distance, et de sa fixité malgré les mouvement de l’œil, est une perception « secondaire », fragile; on retrouve aisément la perception primitive et pure et l’on voit alors combien arbitraire et impossible est l’action réductrice prêtée aux images consécutives et eidétiques. Elles ne sont pas plus absentes de la perception primitive que de la perception secondaire et devraient aussi bien stabiliser celle-là que celle-ci.
Un plus grand rôle encore est réservé à l’image eidétique. Une fois créée, elle ne reste pas inerte sous les yeux du sujet; elle change sans cesse et nous allons voir quel précieux service nous rendent ses transformations.
Présentons à l’enfant la silhouette d’un cheval, tête haute, cavalier en selle, En image eidétique, il peut fort bien arriver que le cheval broute et que le cavalier soit retourné sur sa selle, face à la queue de la bête. Présentons au sujet un F, il revoit un 4, un KE, ou même un ÿ, et le cheval perçu tout à l’heure peut reparaître les quatre pattes en l’air.
On observait jadis des « hallucinations » de ce genre dans le service de Charcot. On n’a pas tardé à soutenir qu’il ne s'agissait pas de visions, de perceptions visuelles, mais de comportement perceptif, d’attitude, de conduite, de délusion, de mensonge même, le sujet acceptant ou prévenant la suggestion, et disant, croyant, « je vois », alors qu’il ne voit rien et n’a que la conduite, extérieure et quelquefois intime, de la perception,
Qu'en est-il en Eidétique ? N’ayant jamais rien observé de semblable je ne peux en décider.
Ces remaniements de l’image, Jaensch les utilise en passant pour contribuer à expliquer le singulier et si fréquent phénomène de l'écriture en miroir chez l’enfant; mais leur fonction est autrement importante.
Un objet nous est présenté une première fois, sous un certain aspect; c’est un cheval noir, de profil, debout, la tête haute. Son image eidétique se dessine et, avec cette image, l'enfant va jouer, lui imposant une foule de changements d’attitude, de forme, d'orientation. — Rappelons-